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Le landerneau politique gabonais appelé à mettre fin à la « défiance permanente » (Grand angle)

Risque politique que celui pris, mercredi, par le président de l’Assemblée Nationale, Guy Nzouba Ndama, à l’ouverture de la deuxième session ordinaire de l’une des deux chambres du parlement, lorsqu’il interpellât, et les adversaires du régime à dépasser dorénavant « le simple jeu d’opposition manichéenne » et la Majorité républicaine « à ne pas étouffer la minorité et ne jamais se départir d’une certaine objectivité ».

Les familiers du Palais Léon Mba n’ont pas souvenance d’une telle sortie de la part du premier responsable de l’Institution, du moins depuis 1990, date du retour au multipartisme, où les séquences rapportées par la presse de l’époque montraient des débats vifs à la limite des procès en sorcellerie.

« L’OPPOSITION N’EST PAS UNE FONCTION »

Au dessus de la mêlée, posture qui impose de prendre des risques imposés par l’actualité du pays, toujours fluctuante, et l’intérêt supérieur de la Nation, Guy Nzouba Ndama s’est fait le devoir de souligner : « l’opposition ne doit pas être vécue comme une fonction. Elle n’est pas une fonction (…) dont le but se résume parfois à alimenter un discours malveillant à l’égard du parti au pouvoir ».

Plus explicite, il s’est déclaré persuader que l’ « opposition ne doit pas consister en une sorte de lapidation politique d’autres compatriotes qui ont la charge de l’Etat » même si les députés doivent « privilégier le débat » et que l’Assemblée devrait toujours conserver son « envergure polémique » indispensable à l’ « enrichissement de l’offre politique de nos partis respectifs ».

Pour autant, l’homme politique très averti, dans son propos, n’en a pas moins dispensé la Majorité républicaine.

Au-delà de son rôle de « partenaire fidèle, un pôle de soutien sûr pour le Gouvernement, elle ne doit pas étouffer la majorité (…) au risque d’endormir le Gouvernement et l’installer , en définitive, dans une sorte d’asthénie », conseille G.N.Ndama car , a-t-il ajouté, le manque d’objectivité du Parti Démocratique Gabonais (PDG, au pouvoir) et ses alliés serait aux « antipodes du dynamisme volontariste qu’on attend » du Gouvernement et auquel « il commence , irrésistiblement à nous habituer ».

S’il est rare pour une personnalité de son rang d’aborder publiquement un sujet aussi délicat que les rapports pouvoir/opposition- dans le contexte actuel où les différents états majors s’activent en vue des législatives de l’an prochain- l’orateur a accepté, visiblement, de prendre ce risques, dicté par le souci de voir l’ « imagination créatrice de toutes les composantes de notre pays servir de fort catalyseur et favoriser son ascension vers les sommets, plutôt que de constituer une force de son maintien vers le bas, dans le seul but de mieux stigmatiser, par la suite, ceux qui gouvernent ».

D’où cette exhortation : « tous, soyons alors des acteurs déterminés de la nouvelle espérance vers laquelle nous voulons porter notre pays » afin que « nul ne demeure un simple réceptacle passif de la page ouverte par l’histoire qui commence (…) Nous sommes face à notre destin et personne ne viendra le construire à notre place ».

L’invite du président de l’Assemblée Nationale à faire bouger les lignes s’explique : « les gabonaises et les gabonais, à travers l’espérance qu’ils ont fortement exprimée pendant le cinquantenaire nous donnent un message clair : ils ne veulent plus de la politique improductive, inefficace et moyenâgeuse des oppositions pour elles-mêmes ».

« COMMUNION FRATERNELLE »

Entre la chose politique et les actions politiques , il faut choisir, semble indiquer M.Nzouba Ndama ; comme pour signifier que les gens s’intéressent d’abord aux progrès réalisés en matière d’emplois, de sécurité et de stabilité et non à la politique politicienne, l’un des freins au développement.

Il importe de se demander pourquoi ce discours du premier responsable de la Représentation nationale ?

Il s’imposait , à la suite du message du chef de l’Etat qui dénonçait les tentatives d’un recul de la conscience nationale et d’un repli sur soi , au moment où se profile le « futur » dont les gabonais, selon le président de l’Assemblé Nationale, voudraient être la « cheville ouvrière mais aussi les principaux bénéficiaires des dividendes sous-jacents aux promesses qui composent l’ossature du programme que le président de la République, Ali Bongo Ondimba, a la ferme résolution d’accomplir » alors que , on s’en souvient, une frange importante de l’opposition fustigeait, il y a peu, une «politique spectacle (…) dont le seul programme est l’invective et l’insulte ».

Le message de Nzouba Ndama, sans aucun doute, a été aussi d’un grand intérêt pour les milieux d’affaires qui s’impatientent de voir quelle part reviendrait, dans la loi de Finances 2011, aux investissements (900 milliards FCFA, en 2009) pour garantir la croissance mais au prix d’une cohésion nationale en dépit des « différences paradigmatiques ».

L’adoption de nouvelles règles d’élaboration et d’exécution du budget de l’Etat, l’assainissement de la situation socioéconomique, les grands travaux en cours et à venir ne sauraient s’accommoder du rôle négatif joué par une certaine pratique politique « non inclusive » alors que les Gabonais et Gabonaises viennent, lors des célébrations du cinquantenaire, de manifester, leur « communion fraternelle ».

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