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Gabon: Des étudiants pas comme les autres

Cinq enseignants gabonais ont passé huit mois à Charleville, et ont suivi au lycée François-Bazin une formation professionnelle dans les filières industrielles.

Ou quand des profs gabonais viennent prendre des cours à Charleville-Mézières. Vendredi, cinq enseignants venus du pays africain ont reçu leur attestation de formation, après huit mois passés à étudier au lycée professionnel François-Bazin.

L’initiative est venue du ministère de l’Enseignement technique et de la formation professionnelle du Gabon qui a décidé, avec le soutien de la Banque africaine du développement, de faciliter la reconversion d’enseignants gabonais dans différentes filières industrielles.

Choisi par le gouvernement africain pour mener l’entreprise à bien, le bureau belge de consultants en éducation et formation Cecoforma a ensuite fait appel à l’association ardennaise Greta 08, qui à son tour s’est tournée vers le lycée Bazin pour assurer les formations techniques.

Horel Guibotsi, Jean-Yves Mdadinga, Georges Nzengue Mayaka, Elie Ovono et Alain Nziengui, cinq profs âgés de 33 à 43 ans, sont donc arrivés à Charleville le 13 septembre 2010 et ont été répartis entre les filières « plasturgie et matériaux composites », « ouvrages métalliques » et « équipement hydraulique ».

« Je suis venu travailler, pas faire du tourisme »

« Le ministère a fait appel à des volontaires, et j’étais intéressé », raconte Jean-Yves. Professeur dans les métiers du bois, il voyait la proposition comme une chance « de découvrir ce que sont les matériaux composites, c’est une mutation dans mon domaine de compétences ».

Il n’était jamais venu en Europe, et s’il ne semble pas regretter le voyage, il manifeste, comme son compatriote Elie, une certaine indifférence vis-à-vis de l’expérience culturelle : « La France, c’est bien, sans plus, mais je suis venu travailler, pas faire du tourisme », estime sévèrement ce dernier.

Elie a pourtant voyagé plus que ses collègues, allant voir sa famille dans le reste de la France : Montpellier, Paris…

« Je me suis fait un bon répertoire d’amis en un temps record, ils m’ont emmené ici et là, voir de chouettes coins en Belgique. Ça a permis de joindre l’utile à l’agréable. »

Les deux profs s’accordent sur leur satisfaction face à l’accueil qui leur a été réservé par les organismes et le lycée Bazin : « Nous n’avons pas été traités comme des étudiants mais comme des collègues : ça a été un honneur et a aidé notre intégration », souligne Jean-Yves.

Reste qu’ils seront bien contents de rentrer chez eux : « Huit mois, c’était la longueur acceptable pour moi, explique Jean-Yves. Est-ce que c’était suffisant pour sortir de la formation avec des compétences ? J’ai l’impression que oui. »

« C’était une chance d’étudier dans la 5e puissance économique mondiale, mais honnêtement, ce sont des choses qu’on peut facilement développer et apprendre sur place », estime Elie.

Les cinq professeurs repartent la semaine prochaine. Ils rejoindront le centre de formation professionnel qui vient d’ouvrir à cette occasion au Gabon.

Caroline BOZEC

L’Union – L’Ardennais, Reims, France

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