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L’Inde importe de plus en plus de matières premières d’Afrique

Par Claire Fages

C’est le dernier jour du deuxième sommet Inde-Afrique à Addis-Abeba (24-25 mai 2011). Comme la Chine, l’Inde convoite les matières premières du continent africain, mais elle a ses priorités et ses méthodes.

Les échanges de l’Afrique avec l’Inde (46 milliards de dollars) n’ont pas progressé au même rythme qu’avec la Chine (110 milliards de dollars). Mais l’Inde n’en compte pas moins de façon croissante sur les ressources de l’Afrique pour poursuivre sa croissance économique.

En premier lieu sur son charbon. Contrairement à la Chine, qui produit beaucoup de ce combustible et donc en importe très peu, l’Inde est de plus en plus dépendante du charbon étranger pour faire tourner son industrie sidérurgique et ses centrales électriques, puisque son déficit devrait tripler dans les cinq prochaines années. Elle est en 2010 devenue le client numéro un du charbon sud-africain dont elle absorbe un tiers des exportations.

Le pétrole africain est, cette fois comme pour la Chine, une ressource-clé pour l’Inde, qui importe 70% de son brut. La compagnie indienne ONGC est ainsi très présente au Soudan, où elle a ainsi investi 2 milliards et demi de dollars. Elle s’est empressée le mois dernier d’obtenir des assurances du nouvel Etat sud-soudanais où sont situés la majorité des puits où elle a des parts. Anticipant aussi de gros besoins en gaz naturel, l’Inde cherche aussi à conclure des contrats à long terme avec l’Angola et le Nigeria, où le ministre indien du pétrole vient de faire un déplacement. Energie toujours, New-Delhi a entamé des discussions avec le Niger et la Namibie pour importer de l’uranium.

Gros acheteur de ferrochrome sud-africain, de cuivre zambien, lorgnant sur le manganèse d’Afrique du Sud et du Gabon, l’Inde s’intéresse aussi au potentiel agricole de l’Afrique. L’entreprise indienne Karuturi, premier exportateur de roses au monde réalise aujourd’hui 90% de son activité en Ethiopie, pays hôte du sommet. Ce groupe de Bangalore espère à terme cultiver près d’un million d’hectares de riz, de palmiers à huile et de sucre de canne dans ce pays.

Moins puissante financièrement que la Chine, l’Inde n’a pas d’infrastructures à offrir clé en main, elle propose plutôt de développer la valeur ajoutée sur place, comme c’est le cas pour le diamant d’Afrique australe, un premier centre de polissage devrait bientôt voir le jour au Botswana grâce à l’expertise indienne.

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