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Gabon : Vers une suspension du journal « Echos du Nord » ?

Depuis la publication d’un article intitulé «D’où vient Ali Bongo ?» relatif à un acte de naissance faisant l’objet d’une plainte contre X au tribunal de grande instance de Libreville, l’hebdomadaire « Echos du Nord » est l’objet d’inimitiés diverses, caractérisées par deux convocations administratives de son directeur et son interpellation par la Police judiciaire, le 2 juin dernier. Une rumeur récurrente fait maintenant état de l’interdiction imminente de ce titre. Gaboneco s’est rapproché, à cet effet, de Désiré Ename, directeur de la publication.

Aviez-vous, lors de votre dernière interpellation par la Police judiciaire, été physiquement maltraité, ainsi que le prétend une rumeur récurrente ?

Il n’a nullement été question de maltraitance physique. Il semblait que des instructions avaient été données pour que l’on ne me brutalise pas et qu’on ne me déshabille pas, ainsi que cela se fait souvent. Seules mes pièces d’identité et mon téléphone portable avaient été confisqués durant l’audition.

Il semble qu’un peu avant votre interpellation par la police vous aviez été convoqué par le Conseil national de la communication (CNC). De quoi avait-il donc été question ?

J’ai effectivement été appelé au CNC qui m’a signifié son indignation par rapport à l’article qui avait été publié après la plainte de M. Bengone Nsi au sujet de l’acte de naissance problématique du président. De mon point de vue et au regard de nos échanges, les membres du CNC n’avaient pas bien lu l’article. Ils se sont attardés sur l’acte de naissance en soulignant que sa publication était assez grave. Il m’a été signifié que je n’étais pas à l’abri de menaces de mort et on m’a évoqué les cas de Sam Mvé Ondo, un confrère décédé en 1995, et d’un autre journaliste qui était mort pratiquement le même jour que le premier. Il m’a été demandé de faire très très attention. En gros, voilà ce qui m’avait été dit par le conseiller François Duchâteau Effemba.

Se basant sur des indiscrétions en provenance du CNC, une autre rumeur se répand dans le ghetto journalistique local qui fait état de ce que votre journal, « Echos du Nord », serait en passe d’être interdit. En avez-vous eu vent et de quoi retourne-t-il ?

Exactement. Nous avons également eu des approches allant dans ce sens et nous les trouvons assez sérieuses. Il nous a été rapporté qu’il y a eu un ballet de conseillers entre le CNC et la présidence de la République. Selon ces informations, trois conseillers auraient reçu instruction de la présidence de la République pour procéder à la suspension de mon journal lors de la prochaine plénière du CNC. Nous osons croire qu’il ne s’agit que de rumeurs qui ne se matérialiseront pas. Mais, comme on dit, il n’y a pas de fumée sans feu. Donc, nous restons quand même sur nos gardes. Il me revient maintenant que nous avons clairement été indexés par le secrétaire général du ministère de la Communication. Alors qu’il nous recevait le 31 mai dernier, il a clairement brandi la menace de suspension du journal « Echos du Nord ». Ce qui ne tient nullement du hasard et qui conforte les rumeurs au sujet de notre hypothétique suspension.

Le président du Morena, Luc Bengone Nsi, à l’origine de l’affaire que vous avez traitée dans votre journal et qui vous vaut ces inimitiés, a-t-il également été inquiété, à votre connaissance ?

Non, à ma connaissance. Je n’ai rien appris allant dans ce sens.

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