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Gabon : Les quatre mensonges du gouvernement selon Conasysed

Deux jours après l’entame de la grève de la faim des leaders de la Convention nationale des syndicats du secteur éducation (Conasysed), le gouvernement gabonais a effectué une sortie publique à travers laquelle il a annoncé, du fait de la mise à terme de la grève générale des enseignants, le rétablissement des salaires suspendus depuis janvier dernier. Cinq jours plus tard, la mesure n’étant pas effective, la Conasysed publie un communiqué à travers lequel il énumère quatre «mensonges» du gouvernement.

Clémence Akele Ovono, Jules Bibang Obounou, Désiré Alfred En¬gone, Simon Ndong Edzo, Louis Patrick Mombo, Alain Mouagouadi, Fridolin Mve Messa, Léa Isabelle Ozoumey et Calvin Tomo Tomo, leaders de la Convention nationale des syndicats du secteur éducation (Conasysed) se sont lancés, le 2 septembre, dans une grève de la faim illimitée du côté de la cathédrale sainte Marie (Libreville). Ils réclament le rétablissement, avec rappel, des mois de salaires impayés depuis le 25 janvier ainsi que le paiement de leur Prime d’incitation à la fonction enseignante (PIFE).

Deux jours après l’entame de l’abstinence alimentaire, le gouvernement gabonais a annoncé à travers une déclaration à la télévision dans la nuit (22 h) du 3 septembre, la levée de suspension des salaires de ces leaders syndicaux. En réplique de quoi, les grévistes de la faim ont déclaré avoir pris «acte de cette déclaration d’intention, et ayant mainte fois été abusés par les déclarations de même nature, réaffirmons ici notre ferme détermination à poursuivre notre grève jusqu’à ce que nos salaires ainsi que nos primes incitatives à la fonction enseignante (PIFE) nous soient effectivement et intégralement payés.»

Pour rappel, en octobre 2010, le principal syndicat des enseignants avait lancé une grève d’avertissement de deux semaines. Séraphin Moundounga, ministre de l’Éducation nationale, fâché, a traduit les leaders en conseil de discipline. A ce jour, les victimes, qui jugent la procédure illégale, n’ont jamais été notifiées des décisions de ce conseil de discipline.

Au 7ème jour de grève de la faim à la Cathédrale Ste Marie, constatant que le gouvernement n’avait donné aucune suite à sa déclaration de levée de la mesure de suspension des salaires des Leaders syndicaux, ceux ont publié le communiqué ci-après :

VOILA VOTRE GOUVERNEMENT EMERGENT !

Tissu de mensonges qu’a été la fameuse déclaration 03 septembre dernier du Gouvernement qui prétextait avoir levé la mesure de suspension des salaires des neuf Leaders syndicaux de la CONASYSED en grève de la faim, toutes vérifications faites au niveau de la solde : les bulletins blancs pris deux jours après la fameuse déclaration sont plus que blancs ; au Ministère du budget, aucune correspondance dans ce sens n’a été enregistrée. Précisons que c’est la quatrième fois que le même type d’annonce se révèle creuse :

• le 10 avril 2011, un jour avant le début de la grève qui exigeait justement la levée de cette mesure arbitraire, simple tentative de diversion : 1er mensonge ;

• le 26 avril 2011, les conclusions déposées par Maitre NKEA au Conseil d’Etat, avocat du gouvernement, faisait état du même rétablissement : mensonge 2 ;

• le 12 mai 2011, par note circulaires aux différents responsables de l’Education Nationale (DAP, Chefs de circonscriptions scolaires, Chefs d’établissements…), le Ministre annonce la levée de la mesure, rien : mensonge 3 ;

• enfin ce 03 septembre par l’entremise d’un de ses sous-fifres impuissants, le SG : 4ème mensonge.
• Suite et pas fin ? Seul Dieu le sait !

Que les incrédules nous disent sur quelle base ces nouvelles autorités peuvent être prises aux sérieux. Quant à nous, malgré les forces qui nous bondonnent progressivement au 7ème jour de notre grève de la faim, nos convictions, notre détermination et notre foi restent intacts, et sommes consciemment déterminés à aller jusqu’au bout.

Stupidité pour certains ? Témérité pour d’autres ? Nous sommes sur d’une chose, c’est que notre combat est noble. et si nous devons périr, que nos vie servent de semence à la nouvelle espérance, de détonateur au réveil pour beaucoup de nos compatriotes qui malheureusement sont encore profondément ensommeillés, et qui n’ont pas encore compris qu’aucune vie actuellement au Gabon n’est ni en sécurité ni en paix car la paix, ce n’est pas seulement l’absence de la guerre…

Que l’Éternel Dieu tout Puissant préserve notre peuple des affres du Malin…

Jules BIBANG,
En grève de la faim illimitée

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