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Libye: La justice internationale recherche désespérément Seïf al-Islam

La Cour pénale internationale n’a plus de contact avec Seïf al-Islam, fils cadet et dauphin désigné de l’ancien dictateur libyen Mouammar Kadhafi. Selon l’autorité judiciaire, il chercherait à fuir la Libye pour se réfugier dans un pays africain.

Par Gaëlle LE ROUX avec dépêches (texte)

Depuis plusieurs jours, la Cour pénale internationale (CPI), qui tente de négocier la reddition du fils cadet de l’ancien guide libyen Mouammar Kadhafi, n’a plus de contact avec Seïf al-Islam. Luis Moreno-Ocampo, le procureur de la CPI, craint qu’il cherche à sortir de Libye avec l’aide de mercenaires.

« Nous avons appris qu’un groupe de mercenaires essaie d’infiltrer Seïf al-Islam dans un État africain, nous essayons d’empêcher cela », a déclaré Luis Moreno-Ocampo à la presse, au siège des Nations unies, le 2 novembre. Deux représentants de Seïf al-Islam étaient entrés en contact avec la CPI fin octobre pour s’informer des conditions d’une éventuelle reddition.

Considéré comme l’héritier de l’ancien dictateur libyen, Seïf al-Islam est aujourd’hui poursuivi par la justice internationale pour crime de guerre et crime contre l’humanité. Il est notamment soupçonné d’avoir orchestré une campagne de meurtres et de persécutions contre des opposants libyens. Un mandat d’arrêt international a été émis contre lui le 27 juin. Mercredi, le procureur de la CPI a fait savoir qu’à sa demande, « les juges pourraient ne pas ordonner son retour en Libye après sa condamnation ou son acquittement », garantissant ainsi la vie sauve au fils du « guide ».

« Nous lui avons expliqué sa situation légale et lui avons offert la possibilité d’être transféré en toute sécurité à la Cour pénale où il sera dans une cellule à La Haye, avec un avocat, et la garantie que ses droits seront respectés », a expliqué le magistrat aux quinze pays membres du Conseil de sécurité. Mais ces conditions n’ont pas convaincu le fils de l’ancien numéro un libyen, qui n’a pas été en contact avec la CPI depuis plusieurs jours.

Réfugié au sud de la Libye

Le lieu où se trouve Seïf al-Islam demeure inconnu depuis la chute de Bani Walid le 15 octobre dernier. Il s’était réfugié dans cette ville le 23 août, l’un des derniers bastions des pro-Kadhafi situé à 130 km au sud-ouest de Tripoli, au moment de la prise de la capitale libyenne alors que la veille, la CPI et le Conseil national de transition annonçaient son arrestation à Tripoli. Quelques heures plus tard, il brandissait pourtant devant les caméras de journalistes étrangers, un point triomphant en V de la victoire. Ces images sont les dernières connues de Seïf al-Islam.

Selon Mansour Dhaou, l’un des responsables de la sécurité de Mouammar Kadhafi, détenu à Misrata et interrogé par un journaliste du journal « Le Monde », Seïf al-Islam serait resté en contact téléphonique avec son père, réfugié dans son fief à Syrte, jusqu’à la mort de ce dernier le 20 octobre.

D’après l’Agence France-Presse, le fils de Kadhafi se trouverait désormais dans une zone montagneuse au sud de la Libye, à la frontière avec l’Algérie et le Niger. Cette région est habitée par des nomades touaregs fidèles à l’ancien guide libyen.

Le 25 octobre, un élu touareg du Nord du Niger, cité par le magazine « Jeune Afrique », affirmait qu’il était proche de la frontière nigérienne. « Seïf al-Islam, 39 ans, est aux abords de la frontière nigérienne, il n’est pas encore entré au Niger mais il n’est pas très loin. Il semble qu’il soit escorté par d’ex-combattants touaregs, mais je ne peux pas encore confirmer cette information », avait-il déclaré sous couvert d’anonymat.

Le Niger, membre du traité de Rome (texte fondateur de la CPI), s’est engagé à remettre Seïf al-Islam à la CPI si celui-ci était arrêté sur son territoire. Mais si l’objectif de l’homme est bel et bien d’échapper à la justice internationale, il se tournera probablement vers des pays non-signataires du traité de Rome, comme le Soudan, le Zimbabwe ou l’Algérie, qui a accueilli sa mère, sa sœur et deux de ses frères.

Les autorités de transition libyennes ont pour leur part fait savoir qu’elles souhaitaient que Seïf al-Islam soit jugé en Libye avant d’être transféré au siège de la CPI à La Haye. Ces déclarations sont cependant en contradiction avec le fait que, d’après les statuts de la Cour, une affaire est en général irrecevable si elle a fait l’objet de poursuites de la part d’un état ayant les compétences pour mener à bien l’enquête et le procès.

En Libye, Seïf al-Islam pourrait être poursuivi pour « meurtre, vol, corruption », selon Mohammed al-Alagi, ministre de la Justice par intérim. « Je n’ai pas peur qu’il s’échappe, a-t-il poursuivi. S’il est en Libye, nous l’arrêterons. S’il est dans un pays qui a signé le traité de Rome, il sera arrêté. »

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