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L’imbroglio au CES

Dans un document parvenu à notre rédaction, 15 centrales syndicales des travailleurs du Gabon dénoncent les conditions d’organisation des élections pour le renouvellement du Conseil économique et social (CES), pointant notamment du doigt la Confédération syndicale gabonaise (Cosyga).

Quinze centrales syndicales des travailleurs du Gabon dénoncent, dans une déclaration dont copie est parvenue à la rédaction de ‘’Gabon Matin’’, le jeu de la confédération syndicale gabonaise (COSYGA), du moins en ce qui concerne les quotas des différentes structures syndicales. En effet, la COSYGA, au nom de son existence lointaine dans le monde syndicale au Gabon, a, pour la mandature 2012-2017, souhaité obtenir 5 sièges. De même, faisant suite au processus de renouvellement du Conseil économique et social, la COSYGA a accusé la primature d’ingérence dans le fonctionnement des organisations syndicales des travailleurs du Gabon. Une position que ne partagent pas certaines confédérations, dont l’Entente syndicale des travailleurs du Gabon (EN.SY.TG), la confédération démocratique syndicale, l’Union des syndicats de l’administration publique (USAP), la Confédération gabonaise du travail-force libre (CGT-FL) ainsi que bien d’autres. Pour ces centrales syndicales, “aucune institution gabonaise, aucun travailleur au Gabon, aucune organisation syndicale soit-elle du patronat ou du patronat ne peut nier, arracher ou refuser à la COSYGA son caractère ancien dans le monde syndical’’.

Une existence dont ils qualifient ‘’d’échec du mouvement syndical des travailleurs pendant la période du monopartisme’’. Suite à la non-concrétisation des actes de la doyenne des confédérations syndicales au Gabon avant 1990, selon les propos relevés dans le dit document, l’EN.SY.TG, la CGT-FL, la CGSL-OL, l’USAP, le CAPPE, l’UTG, l’ODESRAG, la COSYNAP, la CODETRAG, la COSYNEQ, l’UTG, la CODETRAG, le CDST, l’UGSR et la CGSL pensent pour leur part que ‘’le seul critère d’ancienneté ne peut justifier l’attitude de la COSYGA’’. Un tel agissement, poursuivent les organisations syndicales, relève ‘’d’un manque de réalisme et un frein à l’émergence du Gabon’’.

En revanche, les confédérations syndicales des travailleurs attribuent l’essor du mouvement syndical au Gabon avec l’avènement du multipartisme au Gabon et ce, grâce à la création de la confédération gabonaise des syndicats libres (CGSL). Cette éclosion des syndicats en 1990 a amené, selon ces centrales syndicales, le gouvernement à construire des écoles sous l’action du SENA et de la FESEENA. Bien plus, la révision à la hausse du salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG) et les baisses du prix du gaz et du ciment consenties par les pouvoirs publics sont des actions concertées des confédérations syndicales créées après 1990. Autre chose : les centrales syndicales démentent ‘’une ingérence de la primature dans le fonctionnement des organisations syndicales’’. La Constitution gabonaise, la loi organique n°002/2010 fixant l’organisation, le fonctionnement et les règles des membres du CES, et le décret n°224/PR portant déroulement des élections du CES confèrent à la primature le droit d’organiser lesdites élections et exhortent ‘’le gouvernement à s’élever au-dessus des affabulations et sollicite une fois de plus, l’organisation des élections sociales au Gabon pour déterminer la représentativité des centrales syndicales patronales et de travailleurs’’. De son côté, la confédération syndicale gabonaise (COSYGA) marque son étonnement sur les déclarations des 15 centrales syndicales. Pour Tonda Mikiela, secrétaire national à l’action professionnelle de la COSYGA, ‘’c’est une confusion, car nos camarades des 15 centrales déroulent les cinq fonctions qui fondent le mouvement syndical’’.

Loin de chercher l’éclairage des 15 centrales syndicales, la COSYGA souhaite par contre l’avis du gouvernement ‘’nous voulons avoir l’éclairage posé par le gouvernement à travers la primature’’, a dit le secrétaire national. La confédération syndicale gabonaise dénonce des irrégularités dans l’organisation de ces élections, notamment l’absence de publication des listes électorales, la composition paritaire de la commission chargée d’organisée les élections. Sur la notion de représentativité, la COSYGA peut exiger de ces fédérations et non le contraire. Loin de s’opposer dans les stratégies syndicales, la COSYGA partage le même rôle que les autres centrales syndicales. Sur la prétendue ingérence, la COSYGA se réfère à la convention n° 87 de la conférence internationale du travail dans sa partie liberté syndicale qui dispose dans l’alinéa 2 de l’article 3 que ‘’les autorités publiques doivent s’abstenir de toute intervention de nature à limiter ce droit ou à en entraver l’exercice légal. En définitive, la COSYGA adopte une position conciliante, une attitude qui devrait, selon l’orateur, amener les uns et les autres à respecter la norme. Signalons qu’un recours a été introduit à la Cour constitutionnelle en vue de l’annulation du scrutin des élections du renouvellement des membres du Conseil économique et social. Dossier à suivre.

Aimé Sancère Nzengui

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