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Gabon : «Bienvenue chez les Myènè !»

Oyem, capitale du "Fangland", est la quatrième ville du Gabon. Vieilles routes "yougoslaves", hôpital fermé, gouvernorat à l'abdandon... Les habitants d'Oyem ont le sentiment d'être oubliés. © Baudoin Mouanda pour J.A.
Il y a quelques jours, Jeune Afrique, qu’on avait connu plus sérieux et responsable, nous a offert, disons même imposé, une couverture racoleuse intitulée « Bienvenue chez les Fangs ! ».

Que n’auraient hurlé les grandes consciences morales auto-proclamées de ce pays, notamment les bandes d’agités de la fameuse société civile, si cet hebdomadaire avait titré « bienvenue chez les Myènè, les Punu, les Téké ou les Ndzébi ») ?

N’ayons pas peur des mots ! Cet article de Jeune Afrique est un malheur pour le Gabon, et il semble annoncer d’autres malheurs plus grands. Mais, comme on dit, à toute chose, malheur est bon.

Grâce à Georges Dougueli et à son inspirateur bien connu nous allons profiter de l’occasion pour dire notre part de vérité sur cette gigantesque fantasmagorie que constituent les relations inter-ethniques au Gabon et principalement sur la question Fang au Gabon, puisque, manifestement il y a une question Fang au Gabon. On aura remarqué d’ailleurs que dans un papier qui annonce l’Afrique Centrale, tout le contenu ne concerne que le Gabon et précisément le Woleu-Ntem. Que ceux qui ont des oreilles pour entendre, entendent. Que ceux qui ont des yeux pour voir, voient.

Si l’on en croit Dougueli « c’est le débat interdit. Celui qui ne se tient ni à la télévision, ni à la radio, ni dans les amphithéâtres de l’université de Libreville… ».

Dougueli n’a pas tort. Il n’a pas raison non plus. Il n’a pas tort, parce que, en effet, il n’y a jamais eu de débat. Il a tort car personne, contrairement à ce qu’il affirme ne nie l’existence d’une question fang au Gabon quand bien même il ne s’agit que d’un fantasme d’auto-victimisation à des fins hégémoniques. On y reviendra.

Dougueli a raison de dire qu’il n’y a pas de débat sur la question, c’est-à-dire un échange raisonné entre deux ou plusieurs personnes. Il n’y a pas débat, en effet. Il y a un long monologue victimaire depuis toujours et encore plus depuis trois ans. En effet, il ne se passe pas une semaine sans qu’un journal gabonais ne nous sorte la petite chanson du pauvre peuple fang opprimé au Gabon. Ces trois dernières années, ce que tout le monde chuchotait, ce que certains pensaient tout bas est mis sur papier, et ne parlons pas d’internet.

Il ne se passe pas une semaine sans qu’un journal ne nous fasse état de la stigmatisation du peuple fang (on ne sait par qui) sans que nul ne s’en émeuve, alors que de tels articles sont clairement contraires à toutes les lois en vigueur au Gabon.

Alors puisque l’heure de vérité est arrivé. Allons-y. Le temps est venu de répondre, non pas aux Fang qui n’ont mandaté personne pour parler ou se plaindre à leur place, mais pour apporter la contradiction nécessaire à tous les ethno-fasciste de cette communauté qui pensent être les seuls à avoir le droit de parler et d’écrire. Le terrorisme a assez duré, la peur doit changer de camp. Sans haine et sans passion (comme eux). Le temps est arrivé, en effet, de la démolition méthodique des clichés, des idées reçus, des fausses vérités et pour tout dire des mythes qui servent de vérités quand il s’agit des Fangs du Gabon.

Mythe N°1 : Les Fangs ne sont pas des Bantu

C’est peut être le mythe fondateur de la question fang au Gabon. Un mythe qui, comme tous les gros mensonges, a finit par devenir une vérité chez nombre de Fang qui se sentent heureux fiers d’être « différents » des autres Gabonais puisque venant « d’ailleurs ». Un mythe qui arrange tous ceux qui détestent les Fangs ou qui ont intérêt à les écarter du jeu politique nationale. Ils y réussissent formidablement et d’autant plus facilement qu’un grand nombre de Fang ont choisi de croire au mensonge idiot et ridicule de leur non-bantuité.

Voilà comment on nous a servi les loufoqueries mvéttologiques d’un Grégoire Biyogho. Sans que personne à l’université ne réagisse. Ni les Fangs, ni les non-Fang. Les uns parce que les farces biyoghesques les arrangent, les autres de peur de subir l’infamie suprême : c’est un anti-fang ! Nous sommes là au cœur du terrorisme d’un projet hégémonique. Toute critique d’un individu se transforme aussitôt en une haine contre une communauté. Et pour ne pas être accusé d’être anti-Fang, on a laissé prospérer des écrits faux, pitoyable et honteux.

1OO ans qu’on nous sert, au mépris de la science, une fausse origine égyptienne attestée par rien du tout. 100 ans qu’on a transformé les illuminations d’un catéchiste camerounais lisant la Bible à sa sauce locale (Les enfants d’Afiri kara) en de l’Histoire. Depuis lors, d’autres ont fait mieux : l’Egypte c’était encore trop près, pas assez noble. Les dernières blagues nous parlent désormais d’Israël.

Lançons un défi : qu’un linguiste sérieux de l’UOB, Fang ou non, viennent nous démontrer que le Fang n’est pas une langue bantu. Gabaon ouvrira ses pages.

Lançons un autre défi : qu’un scientifique sérieux viennent nous démontrer, preuves scientifiques à l’appui, que les Fangs viennent d’Egypte ou d’Israël. On attend !

Il n’y aura personne, parce que au 21ème siècle, nul scientifique tenant un tant soit peu à sa réputation ne peut prendre le risque de venir publiquement se ridiculiser en affirmant de telles inepties.

Rappelons donc à ceux qui continuent, par ignorance ou par plaisir, de croire à ce mythe qu’il ne s’agit que d’une simple construction anthropologico-politique inventée par des explorateurs en mal de fantastiques, reprise par les missionnaires catholiques et récupérée par l’administration coloniale pour diviser er régner.

Aucun Fang ne peut réciter une généalogie qui se termine par Touthankamon ou Aménophis. C’est l’homme blanc qui a inventé cette histoire pour opposer les Fangs aux Mpongwè, en particulier, et aux Myènè, en général.

De la même façon que les Allemands et ensuite les Belges ont construit des ethnies là où il n’y avait à l’origine que des classes sociales avec les conséquences que l’on sait, de la même façon, les Français ont accrédité la fausse hypothèse de l’origine égyptienne des Fangs pour leur propre intérêt. Notons au passage, comme par hasard, que le premier qui fait allusion à cette farce, avant que les prêtres catholiques ne l’affinent, est un Allemand : Gunther Tessman, auteur du premier livre spécifiquement consacré à ce groupe (Die Pangwe).

Pourquoi une telle construction, sans le moindre fondement scientifique a pu passer l’épreuve du temps ? Tout simplement parce qu’elle arrangeait tout le monde, l’administration coloniale en premier.

Déçus par les Mpongwè et les Myènè en général avec qui ils avaient contracté en prenant pied sur ce qui allait devenir le Gabon (indociles, eh oui !, « paresseux », « fétichiste »…), les Français décident de rebattre les cartes en fabriquant un groupe dont la vocation première était de s’opposer, par le nombre aux peuples côtiers. Ce peuple « neuf », « pur », « non pollué par l’Occident », « fort », « guerrier », « travailleur » venant d’ailleurs, « d’origine nilotique », c’est le Fang du Français. Et dire qu’on nous fait croire que les Français détestent les Fangs ! Ce sont les Français qui sont allés chercher les Fang dans l’hinterland pour les installer sur les terres des Mpongwè à Libreville. D’où la création au début du siècle dernier par l’aristocratie mpongwè du premier mouvement politique gabonais, le Comité Mpongwè auquel répondra peu après, le Comité Fang d’Edouard Nguéma. Volià l’Histoire, la vraie. Ce sont encore les Français qui laisseront s’organiser (à défaut de l’organiser eux-mêmes) le seul exercice à visée hégémonique en période coloniale, le tristement célèbre Congrès Fang de Mitzic ayant vocation a unir tous les Fangs répartis sur le territoire de la colonie du Gabon avec ceux du Cameroun et de la Guinée Equatoriale afin de définitivement assurer la domination de cette communauté sur la colonie. Il n’existe aucun autre exemple de ce type au profit d’une autre communauté au Gabon et certainement ailleurs en Afrique. Une telle fiesta ne pouvait se tenir qu’avec la bénédiction des Français. Rappelons que nous sommes en 1947. En pleine période coloniale. On imagine mal les autorités coloniales organiser une manifestation aussi ouvertement politique. La réalité est, hélas, plus prosaïque : Les autorités du territoire ont accepté d’exécuter les instructions de Brazzaville, le Gouverneur Général de l’AEF Félix Eboué voulant préparer l’arrivée au pouvoir de son poulain et ancien collaborateur, Jean-Hilaire Aubame (comme chacun sait, le plan ne marchera pas, puisque c’est, paradoxalement, Léon Mba qui tirera les marrons du feu). Mais on va toujours nous dire que les Français n’ont jamais aimé les Fangs.

Mythe N°2 : Les Fangs sont majoritaires au Gabon

Voilà un autre mythe ! Que les Fangs soient majoritaires en Guinée Equatoriale, c’est un fait patent. Qu’ils le soient au Gabon, c’est un abus de langage volontaire puisqu’il a vocation à servir une cause : la revendication du pouvoir d’Etat.

Or la vérité des mots est celle-ci : les Fangs sont l’un des groupes les plus nombreux du Gabon. Et si l’on se fie aux chiffres de l’expert Georges Dougueli, ils seraient 30 à 45% de la population gabonaise, ce qui reste à vérifier. Soit, admettons donc 45%. Cela n’est pas une majorité, au sens politique du terme. Majorité qui justifierait une légitimité divine à exercer le pouvoir au Gabon. Si l’on prend toujours les chiffres de Dougueli, il reste toujours 55% à 65% de Gabonais qui ne sont pas Fangs et qui, à l’évidence, constituent la majorité.

Tout ceci est ridicule. Les Fangs n’ont pas de légitimité ou de raison particulières de diriger le Gabon. Ni eux, ni aucune autre communauté. Celui qui veut diriger démocratiquement le Gabon a une seule chose à faire : éviter d’apparaître comme le candidat de son ethnie et donc jouer la carte nationale. C’est ce qu’à fait Léon Mba et cela lui a réussit. C’est ce que n’avait pas compris Jean-Hilaire Aubame et c’est ce qui en a fait un perdant de l’Histoire. Même si, une fois de plus, on va nous ressortir la théorie du complot français soutenant Léon Mba le valet de la France contre Aubame, le patriote. Un autre mythe : entre ces deux leaders (Fangs) la fabrication des Français c’est Aubame, pas Léon Mba que les mêmes Français feront tout pour éliminer de la scène politique avant de réaliser, à la veille de l’Indépendance que leur poulain ne faisait pas le poids et était trop marqué Fang et de récupérer Léon Mba ensuite.

Au passage, aucun des deux ne votera pour l’indépendance en 1958. Leurs deux partis (BDG et UDSG) appelleront à voter Oui au vrai-faux référendum de de Gaulle en 1958. Le seul qui s’y opposera sera René-Paul Souzatte du PUNGA.

Mythe N°3 : Les Fangs sont les plus intelligents et les plus diplômés au Gabon

On l’entend tous les jours dans les bistrots comme dans les administrations : « les Fangs souffrent alors que ce sont les plus intelligents et les plus diplômés du Gabon ».

Où se trouve l’étude qui le démontre et qui l’a réalisée ?

Outre que personne ne peut démontrer une telle affirmation, comment peut-on, au 21ème siècle, tenir des propos aussi racistes ?

Une fois de plus, il s’agit d’une vieille construction coloniale qui a la peau dure.

Il y a autant de gens brillants que d’idiots finis chez les Fangs, comme dans toute communauté humaine. Sauf a dire qu’il existe un gêne de l’intelligence qui serait plus présent chez les Fangs que chez d’autres. Si c’était vrai, ça se saurait. Ne fut-ce qu’en Guinée Equatoriale où les Fangs ne sont opprimés par personne, on aurait tous les ans des bataillons d’inventeurs, d’artistes, des prix Nobel etc. Or, rien.

Cela n’est pas sérieux et cela relève surtout du nazisme le plus nauséabond.

Quoi d’étonnant qu’il y ait un grand nombre de diplômés d’origine fang ? Le nombre d’idiots, d’intelligents, de voleurs, de tricheurs ou d’assassin est normalement proportionnel à la taille du groupe concerné. Et rien n’indique que les fangs échappent à la règle.

Comment comparer le nombre de diplômés d’origine Ivéa ou Enenga (qui sont quelques centaines) à celui des Fangs ou des Punu qui sont des centaines de milliers ?

De la même, façon qu’il n’y aucune gloire à avoir été les premiers à croiser la route de l’homme blanc et partant à aller à son école, de la même façon il n’y a aucun mérite à être les plus nombreux. Se prévaloir de son nombre est un reflexe plus proche de l’animalité que de l’humanité.

Mythe N°4 : Les Fangs sont victimes du tribalisme mais ils ne sont pas tribalistes

L’air est connu, celui du pompier pyromane, celui des gens biens qui n’ont rien à se reprocher et pour qui, l’enfer c’est toujours les autres.

Quand on écoute ou lit certains, le tribalisme n’a qu’une seule forme d’expression : anti-fang. On en déduit donc que les Fang aiment d’un amour intense les autres Gabonais, que les Fangs ne se s’organisent jamais entre eux, que les Fangs ne privilégient jamais les Fangs au détriment des autres Gabonais, que les Fangs voudraient bien prendre époux ou épouse dans les autres communautés qui s’y opposent…

Qui peut croire à un tel conte de fée ?

La vérité nue est terrible : au minimum, les Fangs sont au moins aussi tribalistes que les autres communautés. En fouillant un peu, on peut même prendre le risque d’affirmer qu’ils constituent la communauté dans la laquelle le réflexe ethnique a été et demeure le plus vivace. Attention : le seul fait d’être Fang ou Punu ne rend pas l’individu beau ou tribaliste ! Que les choses soient claires. Le tribalisme est social, il n’est pas génétique. Autrement dit, tous les Fangs ne sauraient être tribalistes.

Ceci dit, on ne peut s’empêcher de constater que la tendance au tribalisme, au repli sur la communauté, est très prononcé chez les Fangs du Gabon. Et ça ne date pas d’aujourd’hui, ni du règne d’Omar Bongo.

Cela fait plus de cinquante ans que nombre de Fangs, particulièrement ceux du Woleu-Ntem grandissent avec un sentiment d’exclusion et de rêves d’âge d’or n’ayant jamais existé encouragés par un fort désir de ne pas se diluer dans une identité autre que Fang. Or ce n’est pas en cultivant le mythe de la persécution qu’on devient semblable aux autres. Au contraire.

Combien de fois n’a-t-on entendu des Fangs du Gabon se plaindre de ce qu’ils seraient toujours obligés de prouver leur attachement au Gabon ? Un dénommé Firmin Obame Nguéma l’a encore confié à Jeune Afrique.

Réalité vérifiable ? Fantasme ? Sentiment diffus ? Difficile de répondre. Il reste que tant que nombre de Fangs continueront à se considérer plus Fang que Gabonais, ils ne pourront empêcher le soupçon. Tant que des Fangs gabonais chanteront la gloire de leur « parent » Obiang Nguéma Mbazogho, ils ne devraient pas s’étonner d’être suspects d’anti-Gabon.

On l’a vu à la veille et pendant la dernière CAN. Dans la presse écrite et en ligne, on a pu lire des personnalités Fangs gabonaises souhaiter l’échec de la CAN au Gabon et vanter les mérites de la Guinée Equatoriale. Marc Ona Essangui en fait partie avec tant d’autres. Comment ne pas être suspecté de cinquième colonne dans ce cas.

Quelle est la seule communauté qui dispose d’un réseau de journaux mobilisés pour la défense des « intérêts de la communauté » ?

Quel est le seul journal gabonais qui a cassé le tabou national en se proclamant « Echo du Nord » ? Comment être surpris que les autres doutent de la gabonité de gens qui tout en vivant et travaillant à Libreville produisent, à Libreville, un journal qui porte un tel titre, proprement honteux et scandaleux ? En France, on connaît un grand quotidien régional qui s’appelle La Voix du Nord. Il a son siège dans le Nord de la France, à Lille. De même pour Le Parisien, Les Dernières Nouvelles d’Alsace ou Ouest-France. Tous ces titres sont des quotidiens régionaux sans d’ailleurs assurer des intérêts régionaux. Ils donnent une information centrée sur la région de production. Rien n’a voir avec Echo du Nord. Alors ? Avant d’accuser les autres de vous ostraciser, vérifiez vos propres comportements.

Si on dressait le palmarès des cabinets ministériels et des administrations où domine la couleur ethnique du ministre concerné, il y a fort à parier que depuis l’indépendance ce soit les ministères dirigés par des originaires du Nord du pays qui occuperaient la plus haute marche. Que ceux qui doutent vérifient ne fut-ce que dans le gouvernement actuel puisque les nominations ont commencé il y a quelques semaines seulement.

A quelle communauté appartient un « politologue » qui a pu sans gêne pendant des mois inonder Le Mbandja d’articles dégoûtants censés montrer scientifiquement la grandeur des Fangs du Moyen-Ogooué et l’oppression dont ils seraient victimes depuis 50 ans ? Comment se fait-il qu’aucun Fang ne ses soit levé pour dénoncer de tels papiers étalant la haine du Galwa ? Etonnez-vous ensuite de faire peur.

Quel est le seul homme politique « gabonais » qui a voulu vendre Mbanié à Obiang Nguéma Mbaosogho ? C’est Mamboundou ou Agondjo ? C’est bien André Mba Obame !

Quel est le seul homme politique « gabonais » qui ait menacé de sécession ? Est-ce Yembit ou Gondjout ? Evidemment c’est Yves Evouna qui est allé exciter les villageois dans le Nord avant que ces derniers ne le dénoncent à Léon Mba. Et nous ne sommes pas sous Bongo, mais 1958 !

Pour ceux qui ne vivent que dans les fables, un peu d’Histoire et donc de faits authentiques pour bien montrer qu’il n’y a absolument rien de nouveau sous le soleil du Gabon. Que le tribalisme dont tout le monde se gargarise aujourd’hui en accusant les autres est là depuis kala kala. Partageons les débats de l’Assemblée Teritoriale du Gabon, séance du 18 octobre 1957 (journal des débats disposnible aux Archives Nationales) : Raphaël Boubala : « Je voudrais répondre à mon collègue Ndong… De toutes façons vous nous direz toujours que nous ne sommes pas des Pahouins » ; Yves Evouna : « Je mets engarde l’Assemblée contre des probables troubles… » ; Raphaël Boubala : « M. Evouna, il n’y aura pas de troubles au Gabon ; s’il y en a, il n’y a que vous qui puissiez les introduire… » ; François Méyé : « La façon dont le Conseil de Gouvernement va être composé n’est pas de nature à faire régner la paix entre les Gabonais, parce qu’il y a des discriminations de races… » ; Mokoko : « Vous détestez la région de l’Ogooué-Ivindo… » ; Yves Evouna : « Si la situation persiste, nous serons obligés de regagner le Cameroun… »

Sans commentaire !

Quelle autre communauté gabonaise s’organise avec autant d’indécence dans et hors du pays et notamment sur internet ?

Allez voir les sites suivants. Vous en sortirez avec, au choix, honte, dégout, pitié ou peur :

https://www.monefang.com/congres.html

https://be-fangbeti.fr-bb.com/t158-congres-de-mitzic

À titre d’exemple, voici ce qu’écrit un brave Fang gabonais masqué sous le pseudo Ortega en septembre 2009 :

Gabon : Essigan (LBV) : Avis aux Fang 16-09-2009

16/09/2009 à 22h38 – mis à jour le 16/09/2009 à 22h40 | 2446 vues | 21 réactions
Ce message s’adresse essentiellement à tous les Fang du Gabon. Depuis que je crois avoir la capacité de penser les affaires du Gabon, je me rends compte qu’il y a une véritable difficulté à être Fang au Gabon. En effet, le Fang doit toujours prouver qu’il est gabonais comme les autres pour lever tout soupçons sur lui. Pour le reste des gabonais, le Fang représente un véritable danger, un cancer qu’il faut extirper du Gabon. Ici et là, on parle d’Unifang en parlant du congrès de Mitzic. Tout le monde peut fauter sauf un Fang. Au cours de la dernière présidentielle, j’ai vécu le fait d’être Fang comme une véritable difficulté. Oui au Gabon, il y a un problème à être Fang. Pour peu que Eyeghe Ndong et Mba Abessole s’alignent derrière Mba Obame, on a ressorti les choses comme le repli identitaire fang. On a évidement passé sous silence ou presque l’ACR. Mais à l’observation, si les résultats du HO sont exacts, où s’est opéré le repli identitaire? Mon cœur pleure. J’invite tous les Fang à quitter le Gabon, à chercher asile sous d’autres cieux. Ainsi, le Gabon ira de l’avant. Et si on nous refuse partout, pourquoi pas un suicide collectif ? On dispensera les Gabonais du Tout sauf Fang. Qu’en pensez-vous ?

(https://archives-lepost.huffingtonpost.fr/article/2009/09/16/1699814_gabon-essigan-lbv-avis-aux-fang-16-09-2009.html)

Et que dire de celui-ci-dessous (www.unifang.org), dirigé par une certaine Félicité Vincent, Franco-Gabonaise, et dans lequel se donnent à voir les André Mba Obame et autres Mengara. Appréciez la finesse du propos et le nationalisme des positions :

Je pense que, nous devons être plus fort comme les juifs, créer un Etat fang, comme l’Etat Hébreu ! Un Etat fang maintenant, et non à un Messada, c’est un lieu en Israël ou les juifs avaient décidé le suicide collectif. Nous sommes Abel, et non Caïn ! Nous sommes Jésus, et non Judas Iscariote.
Un conseil, mon frère, ayez espoir du changement. Les fondateurs du congrès de Mitzic ont laissés un espoir, et cet espoir est le point nodal de notre lutte, aujourd’hui, maintenant et demain !
Félicité VINCENT

Georges Dougueli et Jeune Afrique nous ont montré la carte du « pays Fang », les illuminés d’UNIFANG en sont déjà à celle de leur futur Etat regroupant la Guinée Equatoriale, le Sud du Cameroun, le woleu-Ntem et une bonne partie de l’Estuaire :

Le futur état d’Ayong Ekang

En passant, les plus perspicaces auraient noté que le logo de ralliement de tous les suprémacistes fangs est inspiré du drapeau équato-guinéen (les étoiles au-dessus de l’arbre Adzap) ! On se souviendra aussi que, le logo du candidat Mba Obame aux élections de 2009 n’était rien d’autre qu’une copie vert-jaune-bleu du logo du PDGE, le Parti Démocratique de Guinée Equatoriale d’Obiang Nguéma. Simple hasard ? Que doivent penser les autres Gabonais de tout ça ? Du bien ?

Mythe N°5 : Les Fangs sont ostracisé au Gabon

Si l’on en croit certains défenseurs du « peuple opprimé », du genre Florence Bernault ou (à une certaine époque) Pierre Péan, le repli entre soi des Fangs serait simplement la réponse aux frustrations dues à l’ostracisme qui frapperait systématiquement les membres de ce groupe.

Encore un mythe que rien ne vient attester.

Depuis une quarantaine d’années, le Premier Ministre de ce pays est Fang, et depuis quelques mois du Woleu-Ntem.

Le Chef d’Etat-Major Général des Armées est Fang

Sur les 28 membres de l’actuel gouvernement, 6 sont Fang, combien en faudrait-il pour que les Fangs ne se sentent pas exclus ?

Le nouveau collège du CNC compte 3 Fangs sur 9. Combien en faudrait-il pour que les Fangs se sentent impliqués dans la marche du Gabon ?

Sur les 15 membres du Bureau de l’Assemblée nationale, 4 sont Fangs dont le 1er Vice-Président. Combien en faudrait-il pour ne pas se sentir méprisé ?

Faut-il continuer le décompte avec les secrétaires généraux, les directeurs généraux, les présidents de cour, les doyens, etc…

La question de fond : Pourquoi les Fangs mériteraient-ils plus ou moins que les autres ?

Pour quelles raisons, en effet, les Fangs devraient-ils avoir un traitement particulier, positif ou négatif ? Pourquoi ceux qui le méritent ne devraient-ils pas être promus ? Faut-il être obligé d’aimer les Fangs ? Faut-il être obligé de haïr les Fangs ? La réponse, dans tous les cas, est NON. Pourquoi aimer les Fangs ou les détester ? Aimer ou détester quelqu’un du fait de ses origines est une faute : ça s’appelle du racisme.

Où est-il écrit que le pouvoir politique au Gabon doit obligatoirement revenir à un Fang ?

Pourquoi devrait-il en être ainsi ? A cause du nombre ? En démocratie, on choisit les gouvernants en fonction de ce qu’ils peuvent faire, de ce qu’ils proposent à l’ensemble de la communauté nationale et non en fonction de la taille démographique du groupe d’origine. Prétendre le contraire, c’est s’enfermer dans le tribalisme le plus archaïque.

Que veulent les Gabonais ? Un chef, une élite qui assure le bien commun du peuple. Ils ne veulent pas d’un Fang, d’un Téké ou d’un Nzébi. Ils veulent d’un homme qui a une vision pour le pays, qui présente un projet qu’on accepte ou qu’on rejette. Point.

Sur ce point, est-il offensant de dire qu’en 2009, un seul candidat avait un projet de société construit ? La réalisation de ce projet est une autre histoire et les gabonais jugeront en 2016. Mais, si quelqu’un se souvient du projet de société d’André Mba Obame, de Zacharie Myboto ou de Jules Bourdès Ogouliguendé, qu’il nous l’apporte.

Dernière question : Au regard de la permanente revendication de certains Fangs on ne peut manquer de se demander que serait le Gabon si les Fangs avait pour foyer principal l’Ogooué-Maritime ? En effet, depuis 50 ans, c’est l’Ogooué-Maritime, par le pétrole, qui fait vivre tout le Gabon. Si le pétrole, l’uranium ou le manganèse se trouvait dans le G9 que dirait-on ?

Il est encore temps pour que tout le monde se reprenne. Que chacun saches raison garder. Que chacun soit, chaque jour, un peu plus Gabonais que la veille. Que chacun soit jugé, puni, promu pour ce qu’il fait et non pour ce qu’il est.

Il est temps pour les autres Gabonais de ne voir que des hommes, bon ou mauvais, en face d’eux et non des Fangs. Il est aussi temps que les Fangs se donnent à voir aux autres comme Gabonais, comme citoyen et tout simplement comme homme et non comme homme fang du Gabon. C’est la discipline à laquelle doivent s’attacher tous et chacun, d’où qu’il vienne ;

Chacun de nous vient de quelque part. Mais nul n’est obligé de porter en permanence son terroir en bandoulière.

Qu’un voleur soit d’abord un voleur et non un voleur fang ! Qu’un auteur soit d’abord un auteur et non un auteur fang. Qu’un footballeur soit d’abord un footballeur et non un footballeur fang. A ce propos, est-on sûr de faire du bien à un jeune comme Pierre Emerick Aubameyang, en le cataloguant « footballeur fang » dans Jeune Afrique ?

Enfin, ce pays a déjà eu un Président Fang : Léon Mba. Le jour où un nouveau Léon Mba apparaitra, il sera Président de tous les Gabonais. Mais tant que cette communauté ne suscitera que des piètres succédanés de Jean-Hilaire Aubame, on continuera à attendre le nouveau Léon Mba.

Par Amélie Edwani

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