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La Syrie serait prête à discuter d’une démission d’Assad

Bachar al-Assad est apparu publiquement le 19 août dernier à Damas. (Photo Sana. Reuters)
C’est le vice-Premier ministre syrien, Qadri Jamil, qui l’affirme.

Un ministre syrien a annoncé mardi pour la première fois que le régime était prêt à discuter d’un départ du président Bachar al-Assad dans le cadre de négociations avec l’opposition en vue de régler le conflit qui ensanglante la Syrie depuis plus de 17 mois.

Cette annonce surprise, faite à Moscou par le vice-Premier ministre et ministre du Commerce syrien Qadri Jamil, est intervenue alors que les combats font rage dans le pays, surtout dans la ville stratégique d’Alep (nord) où soldats et rebelles ont revendiqué avoir gagné du terrain.

«Pendant le processus de négociations, on peut étudier toutes les questions et nous sommes prêts à étudier même cette question», relative au départ du président Assad, a déclaré M. Qadri après un entretien avec le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov.

Mais il a estimé, lors d’une conférence de presse, que poser «la démission (de M. Assad) comme condition pour ouvrir un dialogue, signifie de facto qu’il est impossible d’ouvrir ce dialogue». L’opposition réclame un départ de M. Assad avant tout dialogue.

Selon des sources politiques à Damas, M. Jamil s’est rendu à Moscou pour discuter d’un projet d’organiser une élection présidentielle anticipée avec la participation de tous les candidats qui le souhaitent, y compris Bachar al-Assad, sous une supervision internationale.

Ce projet devra être présenté par la Russie à la communauté internationale avec l’accord de la Syrie. Mais les Etats-Unis, les Européens et les pays arabes arabes, qui réclament un départ de M. Assad, refusent une candidature de M. Assad au scrutin prévu normalement en 2014, selon les mêmes sources.

Moscou reste le plus fort soutien du régime syrien et a mis son veto à trois reprises avec Pékin à des résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU menaçant Damas de sanctions.
Damas et Moscou répondent à Obama

M. Lavrov a, de son côté, rejeté toute ingérence extérieure en Syrie tout en qualifiant d’insuffisants les efforts du régime pour mettre fin aux violences qui ont encore fait mardi 128 morts, dont 81 civils, 34 soldats et 13 rebelles selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

Mettant de nouveau grand jour les divisions internationales, le ministre russe a insisté sur le fait que les puissances étrangères devaient se contenter de créer les conditions d’un dialogue en Syrie après l’avertissement la veille du président américain Barack Obama d’une possible intervention militaire en Syrie en cas de déplacement ou d’utilisation d’armes chimiques.

M. Jamil a lui aussi rejeté la menace américaine, la qualifiant de simple «propagande électorale» à l’approche de la présidentielle de novembre aux Etats-Unis.

Au même moment, le Conseil national syrien (CNS), principale coalition de l’opposition, «étudie» la formation d’un «gouvernement de transition», a annoncé son président Abdel Basset Sayda, après sa rencontre avec le président français François Hollande à Paris.

«C’est un processus qui demande beaucoup de consultations, il ne faut pas aller trop vite mais le CNS tente d’y parvenir le plus rapidement possible», a-t-il poursuivi.
Combats violents

Mais sur le terrain, la bataille n’est pas prête de s’essouffler.

Une source syrienne des services de sécurité a affirmé que «des renforts» de l’armée et des rebelles se dirigeaient vers Alep, estimant que c’est «une guerre qui va prendre beaucoup de temps».

«Nous contrôlons désormais plus de 60% de la ville d’Alep», a affirmé le colonel Abdel Jabbar al-Oqaidi, chef du conseil militaire rebelle de la province d’Alep, en affirmant que «le peuple est avec eux».

«Ceci est totalement faux», a réagi un responsable au sein des services de sécurité. «Ce ne sont pas les terroristes qui avancent, c’est l’armée qui progresse doucement».

Les autorités qualifient de terroristes les rebelles ayant pris les armes pour combattre le régime après que ce dernier a choisi de réprimer dans le sang la contestation populaire lancée en mars 2011. Depuis cette date, plus de 23 000 personnes ont péri en Syrie selon l’OSDH et 17 000 selon l’ONU.

Les journalistes ont aussi payé le prix de leur couverture difficile du conflit: la japonaise Mika Yamamoto a été tuée lundi dans un quartier d’Alep, la quatrième journaliste étrangère à mourir en Syrie. Plusieurs reporters syriens et «journalistes-citoyens» ont également été tués.

La chaîne en langue arabe Al-Hurra, basée à Washington est en outre sans nouvelles de deux de ses reportes, un Arabe et un Turc qui selon les rebelles, ont été capturés par des forces pro-régime.

A Alep, les habitants ont du mal à reconnaître leur ville. «C’est très triste de voir ça, pas seulement la destruction de notre ville, mais également de nos souvenirs», affirme un habitant se présentant comme Abou Hicham.

Près de Damas, l’armée a lancé un assaut sur Maadamiyat al-Cham, où des «dizaines de corps» non identifiés ont été retrouvés dans un sous-sol selon l’OSDH qui évoque une multiplication des découvertes macabres de ce type.

Au Liban voisin, cinq personnes ont été tués et 43 autres, dont dix soldats, blessées dans de nouveaux affrontements armés à Tripoli entre libanais pro et anti-Assad.

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