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L’industrie du raphia chez les Sango et les Tsogho

La transformation du raphia s’est transmise depuis des siècles de générations en générations chez les peuples Sango et Tsogho, maintenant ainsi en vie un art et une richesse qui risque de disparaitre avec le temps.

Au village Moukabou, dans la province de la Ngounié, les ateliers de confection de pagnes en raphia sont nombreux. C’est ici une tradition. L’art s’est transmis depuis presque toujours au point de devenir un patrimoine culturel du grand village perdu au cœur du département de l’Ogoulou. Les Sango et les Tsogho qui cohabitent ici partagent cet art comme un lien, une richesse que l’on se garde de ne pas perdre et qui soutient à sa façon l’unité des deux peuples.

Dans l’atelier qui se situe au bout du village, le travail se fait de façon acharnée. Les demandes sont considérables et les recettes abondantes. Deux vieux tisserands confectionnent, coup de main après coup d’œil, des pagnes d’un naturel éblouissant. Le premier, Nicolas Mombot effectue la première phase du boulot. Il retire de la souche d’origine l’élément essentiel puis lui donne une structure. Le travail est long. Et après lui, François prend le relais et c’est lui qui achève l’œuvre en lui donnant notamment une couleur à l’aide d’une pierre connue depuis des siècles.

Dans leurs pieds traîne un petit garçon. Landry a huit ans et joue les apprentis artistes aux cotés de ses grands pères. Il fait une démonstration de génie. La transmission se fait de façon quasi-initiatique. L’atelier est en fait un temple et le mystique a toute sa place. « J’apprends parce que je trouve ça beau », affirme Landry, incertain de l’avenir. D’autres enfants beaucoup plus grands restent à l’écart. Ils ont pourtant grandi ici, mais n’ont jamais voulu apprendre : « ils pensent que l’école va tout leur donner, et s’ils ne réussissent pas là-bas, ils vont faire quoi ? » ajoute François, septuagénaire inquiet.

Autour de Moukabou, les villages se sont vidés. Moukabou aussi va subir son exode. Et avec le départ des plus jeunes vers la quête d’une connaissance occidentale, l’industrie traditionnelle du raphia qui paye bien tire lentement sa révérence.

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