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Abus sexuels mortels à la prison de Libreville

La rumeur enfle depuis plus de deux semaines concernant le décès d’un jeune homme de 20 ans à la prison centrale de Libreville, des suites d’une infection due à la sodomisation intensive. De nombreux journaux en fait échos et le 12 octobre dernier, lors d’une remise de matériel au commandement en chef de la sécurité pénitentiaire, le ministre de la Justice, Ida Assonouet Reteno, a dénoncé les pratiques déshumanisantes ayant cours dans le milieu carcéral.

Depuis plus deux semaines en effet, des «textos» anonymes, des e-mails annoncent le décès d’une jeune gabonais de 20 ans à la prison centrale de Libreville. A ce qui se raconte, notamment dans le bimensuel, Le Diagnostic du mercredi 17 octobre 2012, ce jeune aurait subi les assauts lubriques d’autres prisonniers détenus à «Sans famille», la prison centrale de Libreville.

D’autres titres et de nombreux commérages rapportaient par contre que le jeune homme a avait été abandonné par ses parents en prison. Ne parvenant plus se prendre en charge, il a été obligé de se prostituer pour subvenir à ses besoins. Il était ainsi devenu la «femme» de tous les prisonniers ayant opté pour ce moyen de compenser l’absence de sexe opposé dans leur geôle. Dans ce contexte, certains bagnards usaient de la force pour abuser de cette victime des manquements du pénitencier. Il serait de ce fait décédé d’une infection accompagnée d’un saignement abondant.

Le journal Le Diagnostic, qui semble avoir mené une enquête sérieuse, raconte que le jeune homme est entré en prison en 2010 suite au vol d’un poste téléviseur à Libreville. «Après le verdict du tribunal qui lui avait infligé six mois d’emprisonnement ferme, le jeune-homme est resté à «Sans famille» durant plus de deux ans sans possibilité de libération, comme si les autorités l’avaient oublié», raconte le journal qui poursuit : «pendant ce temps, il était devenu la «femme» de nombreux malfaiteurs qui écument cette institution».

Selon le titre, le jeune homme est d’abord tombé malade. Le manque de médicaments a contraint le médecin de cette structure à le conduire à l’Hôpital d’instruction des armées, puis au centre hospitalier de Libreville. Dans ces deux hôpitaux, relève-t-on, le diagnostic des médecins aurait montré qu’il souffrait d’une infection interne due à une sodomie répétitive. Ayant suivi un traitement, il a été guéri et a rejoint sa cellule où il a retrouvé les mêmes codétenus. Là, ne voulant plus subir le même sort, il s’est résolu à clamer le calvaire qui était le sien dans cette maison carcérale. Il a donc raconté son histoire à d’autres détenus en citant les coupables. Le bimensuel ajoute dans son récit que le jeune homme, au final, serait mort d’un empoisonnement. Certains homosexuels d’occasion avaient juré d’en finir avec le jeune homme. Il serait donc mort d’un poison mis dans un verre de soda.

A sa mort, les personnes responsables de la prison, ne constatant aucune réclamation des parents, ont décidé de l’inhumer comme un indigent, alors qu’entre-temps, la famille s’était mobilisée pour comprendre ce qui s’était passé. C’est au bout d’un sit-in, selon la même source éditoriale, menée par la famille devant la prison centrale pendant plusieurs jours, qu’elle entrera en possession du rapport médical qui relève que l’adolescent est mort d’une infection. Les autorités de la prison se reprocheraient maintenant « quelques manquements ».

Comment expliquer que ce jeunes homme, condamné à 6 mois de prison, n’en soit pas sorti 2 ans plus tard ? Comment justifier que dans un milieu aussi circonscrit qu’une prison, personne, parmi les gardiens, n’ai tenté ni dit quoi que ce soit ? Comment accepter que de telles humiliations puissent être le quotidien d’un homme, fut-il prisonnier ?

Cette tragédie, selon de nombreuses personnes, n’est que l’aspect émergé d’un iceberg indicible. La prison centrale de Libreville mériterait un grand nettoyage et une surveillance accrue des autorités qui en sont responsables en attendant la construction de celle de Nkoltang, annoncée depuis plusieurs années. Il y va du respect des droits de l’homme qui font partie des indicateurs de développement d’un pays et dont le président assure dans ses discours en être un des défenseurs acharnés.

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