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François Hollande peut-il remporter la bataille contre le chômage?

François Hollande a réaffirmé jeudi 17 décembre son objectif d’inverser la courbe du chômage d’ici un an. Le chef de l’Etat a placé l’année 2013 sous le signe de la « bataille pour l’emploi ». REUTERS/Thibault Camus/Pool
Le chef de l’Etat place l’année 2013 sous le signe de la « bataille pour l’emploi », avec un objectif sans cesse réaffirmé: inverser la courbe du chômage d’ici un an. Un défi qu’il aura du mal à relever, alors que le nombre de demandeurs d’emploi a encore fortement progressé en novembre.

François Hollande, en déplacement jeudi matin sur le marché international de Rungis veut faire de 2013 l’année de la « grande bataille pour l’emploi ». Le chef de l’Etat a réaffirmé sa volonté d’inverser la courbe du chômage dans un an. Un objectif qui semble tout aussi inatteignable que celui d’une croissance du PIB de 0,8%.

Les chiffres des inscrits à Pôle emploi en novembre, dévoilés ce jeudi à 18 heures, ont fait état d’une nouvelle forte hausse. Le nombre de demandeurs d’emploi sans activité (catégorie A) a augmenté de 29.300 (+0,9% sur un mois et +10,8% sur un an), à 3,1 millions. Si on inclut les personnes exerçant une activité réduite, le nombre des nouveaux inscrits grimpe à 30.400, soit un total de 4,61 millions et de 4,9 millions y compris les DOM. Un record absolu depuis la mise en place de statistiques comparables. Il s’agit du 19e mois consécutif de hausse. La hausse est cependant moins forte que les mois précédents: en septembre et en octobre, les chiffres avaient littéralement explosé, avec plus de 45.000 nouveaux chômeurs venus frapper à la porte du service public de l’emploi en un mois.

Depuis l’élection de François Hollande en mai, 243.800 personnes sont venus grossir les rangs des demandeurs d’emploi sans activité. Si le rythme accéléré observé depuis juillet se maintenait, le record absolu de janvier 1997 (3.205.000 chômeurs sans activité) serait dépassé d’ici à quelques mois. Selon l’Insee, compte tenu de la faiblesse de l’activité, la situation sur le marché de l’emploi va continuer se détériorer d’ici mi-2013, avec en moyenne 40.000 destructions de postes par trimestre. Le taux de chômage, qui a atteint 10,3% au troisième trimestre, atteindrait 10,5% fin 2012 et 10,9% mi-2013.

Les emplois d’avenir et le contrat de génération

En attendant le retour de la croissance, le gouvernement a activé deux principaux outils anti-chômage: les emplois d’avenir et le contrat de génération. Les premiers sont destinés aux jeunes peu ou pas qualifiés. Le second vise à recruter des jeunes en CDI dans l’entreprise tout en maintenant un senior en poste. 2000 emplois d’avenir ont déjà été signés. Le gouvernement d’en créer 150.000 d’ici à 2014 dont 100.000 en 2013. Le projet de loi sur le contrat de génération sera débattu au Parlement en janvier. Le gouvernement espère 500.000 embauches de jeunes sur 5 ans, dont 100.000 l’an prochain. Il table aussi sur la réforme du marché du travail, sujet d’âpres – et pour le moment vaines – négociations entre les syndicats et le patronat.

Si elle aboutit, rien ne garantit que cette réforme structurelle crée de l’emploi, tout du moins à court terme. Quant aux autres outils, ils ne seront probablement pas suffisants pour faire reculer le chômage. Car les objectifs visés ne correspondent pas à des créations d’emploi nettes. Il y aura d’importants effets d’aubaine – les entreprises profitent des aides de l’Etat pour des emplois qu’elles auraient de toute façon. Ainsi, il y a environ 65.000 embauches spontanées de jeunes en CDI dans les entreprises de moins de 300 salariés, éligibles au contrat de génération. Soit un solde net annuel de 35.000 emplois. Ce sera encore moins en 2013 puisque le nombre de contrats sera plutôt de l’ordre de 85.000.

Si l’on y ajoute les emplois d’avenir – 71 600 créations nettes selon l’OFCE sur les 100.000 annoncés, en raison des effets d’aubaine-, on arrive à un peu plus de 90.000 créations nettes d’emplois l’an prochain grâce à la politique publique du gouvernement. C’est largement insuffisant pour compenser les destructions d’emplois dans l’économie marchande – 166.000 selon l’OFCE – dues à la dégradation de la conjoncture, et absorber la hausse de la population active – qui représente un ajout de 100.000 personnes. Pour inverser la courbe du chômage en France, le retour à une forte croissance reste indispensable.

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