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Les agents du ministère du Pétrole s’invitent sur le front social

greve-petroleLes agents du ministère du Pétrole, de l’Energie et des Ressources hydrauliques ont emboité le pas, depuis le mercredi 3 avril 2013, au «peloton de grèves» qui court à travers le pays depuis quelques temps. Ils revendiquent de meilleures conditions de vie et de travail.

Le front social gabonais continue son ébullition. Les employés du secteur pétrole, après la suspension de leur mouvement d’humeur en mars dernier, ont été talonnés par les enseignants qui attendent le traitement de leur cahier de charges pour lâcher du lest. Entre temps, les étudiants qui ont plusieurs fois montré leur ire se battent désormais contre le spectre d’une année blanche, tandis que les enseignants de la Convention nationale des syndicats de l’éducation nationale (Conasysed) sont sur les starting-blocks, attendant de pied ferme le gouvernement.

Le tour est maintenant aux agents du ministère du Pétrole, de l’Energie et des Ressources hydrauliques. Ligués dans le Syndicat des agents du ministère du pétrole, de l’Energie et des ressources hydrauliques (Samperh), ces fonctionnaires revendiquent de meilleurs conditions de travail, mais aussi de vie. Leurs réclamations ont été listées dans un cahier de charges détaillé dont les pages sont placardés dans leur ministère.

Sur le sommaire de ce dossier, on note que ces agents ont listé leurs doléances par domaine. Ainsi, les revendications portent sur les conditions de travail, notamment sur le manque de mobilier et équipement de bureau, la vétusté des latrines, l’entretien du complexe du 2-Décembre. Pour ce qui est du social, les membres du Samperh veulent leur retour au sein des Commissions paritaires, la préservation des acquis et l’infirmerie, entre autres. Ils exigent également le paiement des fonds communs et de leur prime de rendement.

«Le point le plus chaud là-dedans est que depuis que nous sommes élus (comme nouveaux membres du nouveau syndicat -ndlr), nous avons entrepris des démarches auprès de l’autorité qui ne voulaient pas nous recevoir. On a entamé des négociations avec la tutelle mais malheureusement, le ministre nous a envoyé notre Secrétaire général pour pouvoir entamer les négociations. Mais, ce qui fait que nous soyons là aujourd’hui, c’est qu’il y a eu une certaine négligence. On a déposé notre préavis de grève depuis et on a commencé les négociations deux jours après la grève. On a commencé la grève le mercredi 3 avril et c’est le jeudi que le SG nous a été envoyé pour voir comment on allait négocier. Mais malheureusement, au cours de ces négociations, nous avons constaté certaines négligences et le lendemain, puisqu’elles devraient se poursuivre le vendredi, à notre grande surprise, le SG n’est pas venu, le SGA n’est pas venu et on nous a demandé de négocier avec les chargés d’études et le DCP», a expliqué l’un des membres du Samperh, Naolla Fanguinovény.

«Nous avons trouvé que cela n’est pas normal parce qu’en fonction des points chauds qui sont inscrits dans le cahier de charges, on ne pouvait pas discuter avec les DCP et avec les chargés d’études. Ils ne sont pas à mesure de nous donner des réponses adéquates à certains points, à l’instar des commissions paritaires. Concernant ces commissions paritaires, le ministre avait dit que tant qu’il sera ministre du Pétrole, de l’Energie et des Ressources hydrauliques, le syndicat n’y participera jamais. Or, cela est régi par la loi. Comme on était déjà au point des commissions paritaires, on a jugé utile de ne pas discuter avec eux parce qu’ils ne sont pas capables d’apporter des solutions à ce problèmes», a fustigé cet agent du ministère du pétrole avant d’ajouter : «c’est regrettable qu’un ministre se comporte de la sorte. Il passe tout son temps à vouloir influencer les gens et à vouloir intimider les gens. Nous n’acceptons pas ce genre de comportement. Avec nous, cela ne marche pas. Nous sommes un syndicat responsable et les actes que nous posons sont légitimes. Nous avons la loi de notre côté. Nous-nous basons sur la loi pour faire ce que nous faisons. Fermer le portail est un moyen de pression, c’est écrit».

Les agents de ce ministère, assis aux alentours de l’immeuble abritant le ministère, semblent déterminer à poursuivre leur grève jusqu’à l’aboutissement de leur revendications. «Ce qui nous pousse à aller loin dans cette grève c’est le fait qu’ils nous ont méprisé et nous ont laissé avec les chargés d’études et le DCP… On nous demande d’ouvrir parce qu’on dit que cela va de l’honneur de notre ministre. Lui, il cherche à préserver son honneur, mais que fait-il de l’honneur des autres agents ?», s’est interrogé un autre fonctionnaire de ce ministère.

«La grève c’est jusqu’au bout. Tant qu’on n’aura pas résolu toutes les revendications qui sont contenues dans le cahier de charges, on ira jusqu’au bout. La grève est illimitée dans la mesure où on leur a tendu une perche après leur absence du vendredi et, le lundi, ils nous ont plutôt sommé d’ouvrir le portail et avec des mesures d’intimidation. Ce n’est pas normal», ont dénoncé les membres du Samperh.

Les employés de ce ministère dénoncent également le fait que les policiers aient été «appelés en renfort au ministre», or il n’est question que de négociations. «Le message lancé est que le ministre doit prendre en compte nos revendications. Parce que depuis qu’il est là, il ne se comporte pas comme un père de famille. On a l’impression que quand il est venu ici c’était pour régler les comptes aux agents et pourtant c’est un agent du ministère. Nous tous, nous avons vu comment il a évolué ici. C’est dommage qu’on puisse se retrouver dans ce genre de situation avec lui», ont-ils déploré.

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