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Multiplication des bâtisses privées : d’où vient l’argent ?

construction-LibrevilleEn dehors des réalisations inscrites dans le programme officiel de développement du pays par le chef de l’Etat, ces trois dernières années ont été marquées par une multiplication effarante du nombre d’édifices privés dans la capitale et sa périphérie. Sur l’ensemble du territoire national et particulièrement à Libreville, de nombreux immeubles et autres bâtiments sont en construction, les uns plus onéreux que les autres, et le plus souvent réalisés à l’initiative des particuliers. Ce qui amène à la question de l’origine de l’argent nécessaire à ces réalisations.

Depuis quelques temps, Libreville est frappée de ce que les Italiens nomment la boulimie de la pierre, caractérisée par l’édification effrénée de nouvelles bâtisses. Ce qui n’est pas une mauvaise chose en soi, si ne subsistait un ensemble de soupçons autour de l’origine des fonds nécessaires à de tels investissements. En effet, si de nombreux individus s’étonnent devant la multiplication du nombre d’immeubles et autres bâtisses qui poussent ci et là à travers la capitale, sa banlieue et les principales villes du pays, sans véritablement s’expliquer le but de leur construction ni même leurs différents propriétaires, pour le journal La Loupe (n°145 du mardi 3 septembre 2013), l’objectif de ces édifices est purement commercial et le pouvoir en place n’y est pas totalement étranger.

Même que sur un autre plan, il ressort que «les rares marchés de l’Etat sont attribués à des proches du chef de l’Etat, principalement, cette légion étrangère étouffante et encombrante du Palais Rénovation qui constitue la «mafia» organisée qui sévit dans le secteur», estiment les confrères de La Loupe. Ainsi, les nouvelles bâtisses qui sortent de terre de manière si prompte seraient l’œuvre de particuliers ayant une certaine accointance avec Ali Bongo et bénéficiant de ce fait de quelques facilitations de la part des autorités de la place. Pour La Loupe, les auteurs et leurs buts sont parfaitement définis. «Les Liban Soleiman, Maixent Accrombessi, Kane Seydou, Habib Sylla et leurs nombreuses ramifications dans les milieux nationaux, sont donc à l’origine de la poussée surprenante des constructions des buildings dans tout Libreville et particulièrement au cœur de la ville qui leur est entièrement acquise.»

Si l’investissement d’un particulier dans la construction d’édifices, aussi coûteux soit-il, n’est pas le fait mis en cause dans cette histoire, il apparaît tout de même important de s’interroger sur l’origine véritable du financement de ces constructions qui nécessitent plusieurs centaines de millions de francs, si ce n’est des milliards de francs CFA. En effet, à l’heure où les banques occidentales sont de plus en plus frileuses et que la totalité des paradis fiscaux dévoilent désormais leurs clients les plus suspects, le Gabon, comme la plupart des pays africains apparaissent comme le nouveau lieu de prédilection des détenteurs d’«argent sale» qui voudraient le dépenser, quitte à le faire sur place par le biais de constructions diverses à travers le pays et la capitale.

Si l’on en croit de nombreuses indiscrétions recueillies dans certaines administrations du secteur public et privé, Libreville serait donc en passe de devenir une ville en partie construite et développée grâce à un investissement douteux de la part d’un ensemble de particuliers bénéficiant de facilités, conférées aussi bien par des autorités en charge de l’attribution des terrains que par une sorte de lobby inavoué.

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