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Querelles à l’Union Nationale: Les démons du bongoïsme refont surface, selon Gérard Ella Nguema

Les leaders de l'Union Nationale (UN): Jean Eyegue Ndong, Zacharie Myboto, Gérard Ella Nguema
Les leaders de l’Union Nationale (UN): Jean Eyegue Ndong, Zacharie Myboto, Gérard Ella Nguema

Lettre ouverte de Gérard Ella Nguema Secrétaire Exécutif Adjoint de l’Union Nationale.

En octobre dernier, dans le cadre d’une assemblée générale des militants de l’UN qu’il avait convoquée, M. Zacharie Myboto, Président de ce parti, s’est engagé à appeler les militants ou électeurs de l’UN à une élection primaire pour désigner les candidats devant conduire ou composer les listes aux élections locales 2013. Lesdites listes, a précisé M. Myboto,devaient être déposées au Secrétariat Exécutif de l’UN, pour examen.

Je dois avouer que le débat sur l’opportunité de participer à cette élection n’a jamais eu lieu, à l’exception de la présentation du rapport d’une commission anti statutaire supervisée par le Vice président Jean Eyeghe Ndong dont les conclusions étaient mitigées, situation qui a amené un certain nombre de militants, et non des moindres, à prendre leurs distances avec ce processus.

Alors que des candidatures commençaient à se déclarer intuiti personae en dehors du parti, dont celles de Jean Eyeghe Ndong et Aristide Beye, M. Zacharie Myboto prend l’engagement d’instituer un principe au sein de l’UN : la légitimité d’un candidat à toutes les élections devait se lire à l’aune de sa capacité à se faire désigner par les militants du parti dans le cadre spécifique d’une élection primaire.

En réalité, l’idée que Zacharie Myboto et ses affidés se faisaient des élections primaires ne correspondait aucunement à la définition standard et universelle. Car, pendant que les militants de l’UN attendaient d’être appelés à une élection primaire pour désigner leurs candidats aux locales 2013, M. Myboto et son proche entourage familial et politique mettaient en place des listes les excluant de l’exercice de la désignation démocratique de leurs candidats à ladite élection.

La pratique est un vieux réflexe du parti au pouvoir avec son système d’investiture non démocratique. En effet, en ma qualité de Secrétaire Exécutif Adjoint del’UN, je certifie que le Président de ce parti M. Zacharie Myboto n’a jamais appelé les militants de l’UN aux primaires pour désigner leurs candidats aux locales de 2013, tout comme je n’ai pas non plus pris part à une réunion du Directoire visant à demander à M. Zacharie Myboto de présenter telle ou telle liste de candidats comme étant soutenues par l’UN.

Je prends pour témoins les Vice-présidents Ntoutoume Ngoua et Casimir Oye Mba, et aussi le Secrétaire Exécutif André Mba Obame présent à Libreville à ce moment-là.

Tirant profit de ce manquement, plusieurs hiérarques et militants du parti ont constitué des listes sur des bases aussi aléatoires qu’opaques et les ont présentées aux locales de 2013.

Dans la commune de Libreville, c’est le cas notamment de

– Mme Chantal Gondjout née Myboto (1er Arrondissement),
– Mr Jean Eyeghe Ndong (2ème Arrondissement), etc.

Les cas de MM. Oloui et Eyeghe Ndong sont de loin les plus flagrants, et pour cause…

Le premier cité, non seulement n’est ni militant ni sympathisant de l’UN, d’autant plus qu’il préside aux destinées du « Mouvement Debout la République », parti politique en cours de légalisation, mais aussi il réside hors du 6ème Arrondissement où il se retrouve pourtant tête de liste.

Le second cité a, quant à lui, constitué sa liste de candidats sur des bases antidémocratiques, en y excluant ceux dont la tête ou l’ethnie ne lui revenaient pas.

Constatant cela, dans l’observance des règles de courtoisie et du respect dû aux aînés, j’ai discrètement attiré l’attention de M. Z. Myboto sur la dérive antidémocratique de M. Jean Eyeghe Ndong dans le mode de constitution de la liste des candidats dont il s’est autoproclamé leader.

Pour toute réponse, M. Z. Myboto m’a assuré qu’il examinera objectivement la question, et m’a demandé de rentrer chez moi attendre le coup de fil de M. Jean Eyeghe Ndong, coup de fil qui n’interviendra que plusieurs heures plus tard, et qui consistera à m’inviter tardivement à un conciliabule à la résidence de M. Jean Eyeghe Ndong à Ozangue.

Au cours de ce conciliabule, M. Jean Eyeghe Ndong me propose un poste au sein de son cabinet dès qu’il sera élu à la mairie. Connaissant le caractère éphémère des fonctions nominatives, je refuse cette offre politicienne et, en contrepartie, lui propose de suite un compromis entre gentlemen : la constitution à deux d’une liste de candidats à raison à de 13 candidats désignés par lui et de 12 par moi ; ainsi, en tant qu’aîné et vice-président du parti, il gardera la main sur la liste

Contre toute attente, M. Jean Eyeghe Ndong décline mon offre et privilégie, comme à son habitude, un passage en force, quitte à mettre en danger la cohésion du parti.

Mis devant le fait accompli, je me décide de constituer une liste de candidats aux locales de 2013 dans le 6ème Arrondissement. A ma grande surprise, M. Jean Eyeghe Ndong encourage M. Oloui Memine à me gêner en constituant une liste concurrente.

Comme si cela ne suffisait pas pour me nuire politiquement, à la suite de M. Jean Eyeghe Ndong, M. Zacharie Myboto vient au secours de M. Oloui en animant une causerie au quartier dit « fin goudron » de Nzeng Ayong, au cours de laquelle il présente aux populations la liste de M. Oloui comme étant la seule soutenue par l’UN.

On peut se demander, en voyant MM. Zacharie Myboto et Jean Eyeghe Ndong faire dans la magouille en racolant des voix pour quelqu’un qui n’est même pas de leur parti, et en diabolisant à tout vent le Secrétaire Exécutif du leur, s’ils agissent ainsi sans incitation politique ou financière forte.

Souvenons-nous…

Quelques jours après avoir déclaré sa candidature, comme par enchantement, l’interdit médiatique qui frappe M. Jean Eyeghe Ndong depuis 2009 est levé. Il est l’invité d’une émission publique diffusée à une heure de grande écoute. Plus tard, selon certaines sources, il aura été discrètement reçu en audience par le Président de la République.

La question posée plus haut se pose à nouveau avec acuité : MM. Zacharie Myboto et Jean Eyeghe Ndong peuvent-ils prendre le risque de mettre en danger la cohésion de l’UN qu’ils président, sans avoir scellé une alliance avec le PDG, ou sans avoir reçu de fortes sommes d’argent ?

Au vu des actes qu’ils posent, je laisse chacun apporter une réponse à cette question.

Pour ma part, je n’ai jamais vu les responsables d’un parti saboter les chances de celui-ci de remporter une victoire à une élection, comme le font MM. Myboto et Eyeghe Ndong en refusant d’appeler les militants de leur parti à une élection primaire de désignation des candidats aux locales, et en soutenant ouvertement une liste conduite par le responsable d’un parti adverse au détriment de la liste conduite par le Secrétaire Exécutif Adjoint du parti que je suis.

Je me suis donc fait le devoir, vu l’obligation d’honnêteté intellectuelle qui me lie aux Gabonais, d’écrire cette lettre ouverte pour apporter quelques lumières aux inquiétudes interrogatrices des uns et des autres.

Vous savez que vous pouvez compter sur moi, et moi, je compte sur vous !

Notre parti n’a pas de roi, il n’a que ses militants et ses documents.

Libreville, le 02 décembre 2013

Gérard Ella Nguema
Secrétaire Exécutif Adjoint de l’Union Nationale (UN)

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