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Des pluies pour tout le monde, du stress pour les autres

inondations-libreville_gabonAlors que le retour de pluies s’annonce, les habitants des zones à risques s’inquiètent. Faudra-t-il encore attendre des drames pour déplorer des morts ? Retour sur une situation qui mérite plus d’actes que de paroles.

Jusqu’au mois de mai dernier, le vécu de certains compatriotes était rythmé par des éboulements, avec leur cohorte de victimes et des dégâts matériels importants. Dans tous les cas, ces catastrophes naturelles semaient la désolation. Bien entendu, la puissance publique ne manquait pas dépêcher des émissaires, qui s’en allaient assurer les victimes de leur «compassion» tout en promettant des mesures d’urgence.

Outre le PK6, Kinguélé, l’on a aussi eu des drames à Mouila, Moanda. Des localités où les catastrophes naturelles ont privé les populations de leurs biens matériels ou de leurs proches. Si ces averses ont légitimé le débat sur les changements climatiques, il n’en demeure pas moins que l’urbanisation anarchique, le manque d’assainissement et les conditions d’installation de ces populations sont pour beaucoup dans ces sinistres à répétition. Autrement dit, l’Etat a laissé la population s’installer sur des zones à risques. En clair, à ce niveau, l’Etat a failli à sa mission, notamment en laissant les gens construire sur les flans des montagnes ou dans des zones inondables. Et pourtant, un service public dit de l’habitat et du cadastre, censé statuer avant que quiconque ne construise, existe.

Si au début de ce mois d’août, le ministère de la Promotion des investissements, des Infrastructures, de l’Habitat et de l’Aménagement du territoire a annoncé son intention deprocéder au «recensement des structures érigées dans les zones dites à risques (zones marécageuses, nids de rivière, pentes raides, proximité d’installations électriques à haute tension)», l’on note par ailleurs qu’il ne s’agit que d’«un travail de reconnaissance des sites». En attendant les conclusions de ce recensement prévu entre le 18 et 30 du mois courant, les populations devront continuer à vivre dans le stress, la peur et la panique à chaque averse. Car, comme le souligne un habitant du bas-côté du PK 5, «avec ces pluies, on dort avec le cœur en l’air». Une façon de dire combien ils vivent la peur au ventre.

D’ailleurs, le ministère de la Promotion des investissements, des Infrastructures, de l’Habitat et de l’Aménagement du territoire n’ayant pas indiqué quelle suite il entend réserver aux conclusions de ce recensement, des questions restent en suspens. S’agit-il juste d’attirer l’attention ? Y a-t-il un plan d’action qui intègre le relogement des populations vivant dans les «zones dites à risques» ? Et pourquoi cette opération ne se limite-t-elle qu’à Libreville et ses environs ? Voilà des questions qui rappellent que le bien-être des populations devrait avoir la primeur sur tout ce qui se fait en matière de développement. Si non, à qui profiterait-il

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