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Vœux à la Nation de l’UPG : Le réquisitoire de Moukagni-Iwangou

Dans un discours poignant, le président de l’Union du peuple gabonais (UPG-Loyaliste) a littéralement dézingué le régime en place, mettant en avant nombre d’échecs patents.

Le président de l’Union du peuple gabonais (UPG-Loyaliste) s’est prêté au rituel des vœux de nouvel an. Dans son discours de circonstance, Jean de Dieu Moukagni-Iwangou s’en prend vertement à la majorité au pouvoir. «Héritiers d’un échec patent, dressé avec lucidité par le père de la Rénovation lui-même, les tenants de l’Emergence ont cru exorciser ce passé et ce passif, en le couvrant par une large propension à la promesse facile, et par un art très consommé de la distraction de masse», a-t-il lancé, avant d’aborder la question du logement social. «Devant l’ouvrage de la nation, qu’il s’est engagé à construire, les 5 000 logements promis à l’année, semblent visiblement à détruire plutôt qu’à construire, toutes choses qui ajoutent le jeu de massacre au registre des choses que le gouvernement fait le mieux», a-t-il ironisé, évoquant notamment la destruction du palais des conférences de la cité de Démocratie.

Evoquant la situation économique, le président de l’UPG s’est voulu moqueur : «Dans un contexte général de grande morosité, qui invite au défi de la rationalisation de la dépense publique, ceux qui ont échoué dans l’abondance ne peuvent pas réussir dans la rareté», a-t-il dit, déplorant le maintien du pays dans l’économie de rente. «Toutes les agences fustigent la grande dépendance du Gabon au pétrole, en même temps qu’elles indiquent que la diversification reste la voie par laquelle nous sortirons de l’ornière de l’économie de rente», a-t-il martelé, ajoutant : «L’économie prospère par les marchés, et, de ce fait, le libre-échange nous invite à aller rechercher par le monde, toutes les opportunités de profitabilité partagée qu’offre la globalisation de l’économie».

Au plan politique, Jean de Dieu Moukagni-Iwangou s’est voulu réaliste et prospectif à la fois : «Il est temps de faire le choix de la raison, en rompant définitivement, aussi bien avec l’autocratie, qu’avec les glissements pernicieux vers cette monarchie de fait, installée à la tête du pays depuis 50 ans. Ayant amorcé la marche de la démocratie à l’occasion de la Conférence nationale, le moment est venu pour notre pays, après 26 ans de manipulations électorales, d’installer définitivement le peuple au centre du jeu politique», a-t-il analysé. Ce faisant, il y est allé de son commentaire sur le vote à un tour. Selon lui, ce mode de scrutin «vise simplement à offrir au régime en place la possibilité d’enlever des victoires à la hussarde, de sortir les armes de la République contre le peuple révolté et de renvoyer l’opposition devant la Cour constitutionnelle, dont l’impartialité dans le traitement du contentieux électoral est toujours favorable au pouvoir en place». En conséquence, le président de l’UPG estime que le gouvernement actuel s’est littéralement disqualifié en ayant pris, pendant deux ans, «la liberté de s’affranchir d’une obligation opposable, notamment celle de procéder à la révision annuelle des listes électorales, et pour avoir repoussé l’interconnexion des fichiers biométriques, dont l’intérêt est de rendre impossible les inscriptions et les votes multiples». «L’application échevelée de la biométrie nous invite, dans l’intérêt supérieur de la nation, à solliciter l’accompagnement de la communauté internationale, avec laquelle nous sommes en bon commerce, pour éviter que par un dépit accumulé depuis 26 ans aujourd’hui, notre pays ne sombre dans le désordre», a-t-il recommandé.

Jean de Dieu Moukagni-Iwangou a également eu une pensée pour les disparus, notamment André Mba Obame, Bruno Mboulou Mbeka et Béranger Ntoutoume Obame. Sa pensée s’est aussi dirigée vers « (ces) enfants en bas âge et leurs parents, victimes du mal développement, (qui) ont été enlevés de ce monde sur la voie expresse, au seul tort d’attendre le taxi au bord de la route». «Le drame de la voie expresse, qui ne tient qu’à la mise en place de passerelles sur les voies à grande circulation, pose tout le problème de la mal gouvernance d’un pays particulièrement riche, qui refuse de s’adapter aux évolutions, et donc, qui refuse de se renouveler», a-t-il tranché. D’où sa décision de «mobiliser toutes les énergies soucieuses de gagner la bataille de la mal gouvernance, érigée en système de gouvernement, afin d’offrir à notre pays une chance de se renouveler».

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