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Gabon : ce qu’il faut retenir d’une journée de violence, au lendemain de résultats contestés

Vingt-quatre heures après les violents heurts entre forces de l’ordre et manifestants opposés à la réélection d’Ali Bongo Ondimba, la tension n’est pas retombée le jeudi 1er septembre. Interpellations, déclaration d’ABO, réactions : voici ce qu’il faut retenir de la journée.

Scènes de saccage à Libreville

Au lendemain de la réélection contestée d’Ali Bongo Ondimba à la tête de l’État gabonais, Libreville porte les stigmates d’une nuit chahutée.

Si quelques émeutes ont été signalées à Port-Gentil ou encore à Mouila, l’embrasement a surtout touché la capitale Libreville. En témoigne la façade de l’Assemblée nationale, partiellement incendiée dans la nuit de mercredi à jeudi. Selon les journalistes de l’AFP, les forces de l’ordre tiraient encore des grenades de gaz lacrymogène jeudi matin pour disperser les manifestants.

Même scène de désolation sur plusieurs grandes artères de la capitale, notamment sur le boulevard Triomphal, l’un des grands axes de la capitale, où les barricades étaient encore fumantes jeudi soir.

Les abords du quartier général de Jean Ping (48,23% des voix selon la Commission électorale) témoignent également de l’échauffement des esprits. Dans la nuit de mercredi à jeudi, les forces de l’ordre y ont donné l’assaut, fouillant le bâtiment où étaient réunis des cadres de l’opposition.

« Ils ont saccagé le QG. Je me trouvais juste à côté, dans le QG consacré à l’équipe de communication. À l’heure où je vous parle, les forces de l’ordre sont en train de procéder à des arrestations », déclarait jeudi matin Jean-Gaspard Ntoutoume Ayi, directeur de campagne de Jean Ping, contacté par Jeune Afrique.

Un millier d’arrestations, 3 morts

« Nous déplorons la mort de trois personnes, dont les identités seront données rapidement quand elles seront établies », a indiqué le ministre de l’Intérieur, Pacôme Moubelet-Boubeya lors d’une courte conférence de presse donnée dans l’après-midi.

Selon le ministère de l’Intérieur, quelque 1 000 personnes ont été interpellées depuis mercredi soir. Toujours d’après les autorités, entre 600 et 800 personnes ont été arrêtées à Libreville. Dans le reste du pays, entre 200 et 300 interpellations ont eu lieu, a précisé le ministre de l’Intérieur.

Plusieurs cadres de l’opposition ont été arrêtés jeudi matin au QG de Jean Ping, affirment des responsables politiques. Zacharie Myboto, président de l’Union nationale (UN, opposition), sa fille Chantal Myboto ainsi que le mari de cette dernière, Paul-Marie Gondjout, ont été arrêtés dans la matinée, rapporte Jean-Pierre Rougou, vice-président de l’UN.

Selon l’équipe de Jean Ping, René Ndemezo’o Obiang, ancien ministre d’Ali Bongo passé dans le camp de l’opposition, a également été interpellé.

Les réactions de la communauté internationale

Au terme d’une journée agitée, les réactions de l’étranger n’ont pas manqué. Notamment en provenance de l’Europe : parmi toutes les missions internationales d’observation électorales dépêchées au Gabon, c’est probablement celle déployée par l’Union européenne qui aura fait le plus entendre sa voix.

Après avoir critiqué un processus manquant de transparence, Bruxelles s’est à nouveau fait le relais jeudi de l’une des revendications de l’opposition, à savoir « une vérification transparente, bureau de vote par bureau de vote ».

Des demandes également formulées par la France et les États-Unis, mettant un peu plus la pression sur Libreville. « Les pressions internationales doivent tenir compte de la loi gabonaise : ce ne sont pas elles qui vont la changer », a rétorqué Alain-Claude Bilie-Bye-Nze, porte-parole du gouvernement gabonais et d’Ali Bongo.

De son côté l’Union africaine a tardé à s’exprimer. Dans un communiqué, Nkosazana Dlamini Zuma a assuré « suivre de près la situation au Gabon et avoir « pris note des résultats préliminaires annoncés par la Cenap [la Commission électorale, NDLR]». Avant de « condamner une escalade des violences pouvant saper la paix dans le pays tout en ayant des répercussions sur la paix et la sécurité en Afrique centrale ».

« Je sais qui a gagné, je sais qui a perdu », déclare ABO

Dans un point tenu face à la presse depuis le palais du bord de mer, Ali Bongo est revenu sur les contestations de sa réélection. « Je sais qui a gagné, je sais qui a perdu », a-t-il déclaré.

« La démocratie s’accorde mal des succès autoproclamés, des groupuscules formés à la destruction. La démocratie s’accommode mal de la prise d’assaut d’un parlement et de la télévision nationale », a ajouté Ali Bongo. Avant de préciser, après une journée d’émeutes : « toutes les décisions censées garantir la sécurité dans le pays seront prises ».

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