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Gabon / Côte d’Ivoire : Les raisons de la nouvelle virginité de Laure Gondjout

L’ancienne médiatrice de la République gabonaise, Laure Olga Gondjout, a été naturalisée Ivoirienne par Alassane Ouattara, le 28 février 2020. Son fils, Talyane Chalobah Gondjout, et son frère cadet, Vincent de Paul Gondjout, bénéficient également de cette nouvelle nationalité. Des proches de l’ancienne secrétaire particulière et Haut représentant personnel d’Omar Bongo en ont livré des explications chez Jeune Afrique.

Installée en Côte d’Ivoire depuis septembre 2018, Laure Olga Gondjout a pris la nationalité de son nouveau pays d’accueil, où elle s’est reconvertie dans le conseil aux entreprises et aux particuliers à travers l’ouverture d’un cabinet de consulting.

Que s’est-il donc passé pour en arriver là ? Selon des proches de la concernée, relayés par Jeune Afrique, une brouille se serait installée entre la dame et le pouvoir au sortir de l’élection municipale de décembre 2013. Elle s’attendait alors, sur des promesses d’Ali Bongo, à succéder à Jean François Ntoutoume Emane à la mairie de Libreville. À sa grande surprise, c’est l’actuel ministre de la Défense, Christiane Ossouka Raponda, alors huitième sur la liste conduite au 3ème arrondissement par Laure Gondjout qui avait été portée à la mairie, convoitée, de la capitale gabonaise.

«Sa liste ne remportera que 10 sièges sur 29. Le jour même de l’élection, le 14 décembre, nous apprenions que certains collaborateurs du président avaient tout fait pour que nous soyons battus, assure la même source. Un officier de l’armée nous a même prévenus du fait que les militaires inscrits dans notre circonscription avaient eu pour consigne de voter contre nous», explique à Jeune Afrique un proche de Laure Gondjout. De cette frustration plantant le décor de la disgrâce actée avec le régime, la dame a tiré les conséquences et quitté la présidence de la République avant d’être portée, en janvier 2014, médiatrice de la République. Un poste où elle s’est distinguée par une liberté de ton ayant fait les affaires de ses calomniateurs.

Sa retraite administrative intervient ainsi après plus de vingt-cinq années passées aux côtés de la famille Bongo Ondimba, durant lesquelles l’ancienne collaboratrice et inconditionnelle du père de l’actuel président, a tour à tour assumé les charges de ministre des Affaires étrangères, de la Communication, des Postes, des Télécommunications et des Nouvelles technologies, de Secrétaire général de la présidence de la République gabonaise et, au final, de médiatrice de la République.

La naturalisation de la fille cadette du premier président de l’Assemblée nationale du Gabon et ancien sénateur français, Paul Gondjout, n’a pas manqué de susciter questionnement et critiques, aussi bien dans les cercles du pouvoir gabonais que dans l’opinion. «Je n’ai commis aucun crime », se défend l’intéressée, toujours dans le journal panafricain, non sans rappeler que la binationalité est légale au Gabon. Il y a aussi et surtout que les liens entre Laure Olga Gondjout et Abidjan ne datent pas d’hier. L’amie de la défunte Sarata Ottro Zirignon-Touré, directrice adjointe du cabinet de Laurent Gbagbo durant la présidence de l’ex-prévenu de la CPI, y possède d’ailleurs une résidence depuis le début des années 2000.

Interrogé sur les rapports de Laure Gondjout avec la vie politique de son pays d’origine, la même source indique : «Tout cela fait partie du passé (…) Elle s’épanouit désormais dans sa nouvelle vie, avec le soutien de son grand frère, Alassane Ouattara.» Selon Georges Dougueli, auteur du texte de Jeune Afrique, il n’y a aucun conflit de personne entre dame Gondjout et Ali Bongo avec qui elle a discuté pour la dernière lors le 21 août 2018, lors d’une réception donnée pour la fête de la Tabaski.

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