Le 48ème anniversaire de l’indépendance du Gabon célébré sous le signe de l’espoir

Le Gabon a célébré dimanche le 48ème anniversaire de son accession à la souveraineté internationale, le 17 août 1960, sur une note d’espoir. «Si l’avenir n’appartient à personne celui du Gabon s’offre à nous sous un jour radieux», a déclaré le président Omar Bongo Ondimba, dans un message à la nation, à la veille des manifestations.

Le chef de l’Etat a demandé la patience à ses compatriotes face à la lenteur des réformes engagées, depuis son discours-bilan prononcé en décembre 2007, à l’occasion de la célébration de ses 40 ans de pouvoir, et dans lequel il a dénoncé les tares et les faiblesses de son régime et montré la voie à suivre désormais.

«Le train de la réforme est en marche. Et, même si le rythme vous semble lent, gardez à l’esprit cette note de notre sagesse traditionnelle: «le piment mûrit en son temps», a notamment déclaré le chef de l’Etat gabonais, dans son adresse à la nation.

Face à la «crise multiforme» dans laquelle «le monde entier se débat», le président Bongo a indiqué avoir donner des instructions fermes au gouvernement «pour que toutes les mesures soient prises afin de rendre le moins lourd possible le fardeau de cette crise aux Gabonais».

La prise en charge par l’Etat des consommations d’eau et d’électricité «des plus faibles d’entre nous» se situe dans ce cadre, a-t-il dit, soulignant que d’autres mesures ont été prises. «D’autres vont suivre», a-t-il ajouté.

Le président Bongo Ondimba a estimé qu’ «en 48 ans, grâce à l’héritage des pères fondateurs et à notre travail collectif, nous avons pu engranger, quoi qu’on dise, de nombreux acquis dont la paix, la stabilité et la cohésion nationale, ne sont pas les moindres».

«En regardant autour de nous et de par le vaste monde, il s’avère qu’il s’agit d’acquis précieux, sans prix, et qu’il faudrait absolument conserver, a-t-il conclu.

Cette année, le Gabon a renoué avec la formule des fêtes nationales tournantes, lancée par le président Bongo Ondimba au lendemain de son accession à la magistrature suprême en 1967, dans un souci d’aménagement du territoire et d’équité dans le développement des neuf provinces du pays. Après une éclipse de plusieurs années, ce programme a repris en 2001.

Le chef de l’Etat a cependant innové en faisant en sorte que les manifestations se déroulent non plus dans une seule province mais dans deux provinces à la fois, dotées chacune d’une enveloppe financière de 25 milliards de FCFA devant servir à la construction d’infrastructures de base et d’autres équipements.

De 2001 à 2007, la nouvelle formule des fêtes tournantes a fait son premier tour du Gabon. Le 2ème a commencé par les deux provinces sud de la Ngounié et de la Nyanga qui étaient cette année l’épicentre des manifestations de la fête nationale. Mais avec une enveloppe financière qui a été revue à la baisse, passant de 25 milliards de FCFA à 17 milliards de FCFA.

Le gouvernement a décidé d’amputer de 10 milliards de FCFA le montant alloué à chaque province au cours des trois prochaines éditions de la fête, afin de financer la construction des infrastructures liées à la Coupe d’Afrique des nations (CAN) que le Gabon va co-organiser avec la Guinée Equatoriale, en 2012.

Toutefois, le bilan des fêtes tournantes est loin d’être positif. Le fonds monétaire international (FMI) et une certaine opposition gabonaise ont dénoncé l’énorme gâchis occasionné par une mauvaise planification des projets et des dépenses.

En mars dernier, le leader de l’Union gabonaise pour la démocratie et le développement (UGDD), Zacharie Myboto, a affirmé que les quelque 300 milliards de FCFA et plus débloqués dans le cadre des fêtes tournantes n’ont pas apporté le développement escompté dans les provinces du pays où la pauvreté continue de gagner du terrain.

En deux éditions des fêtes tournantes, les réalisations sont en effet loin d’être édifiantes. L’intiative profite plus aux chefs-lieux des provinces qu’aux autres localités du Gabon profond.

Dans la province de l’Estuaire où la fête a été célébrée consécutivement en 2006 et 2007, la désillusion a été totale, en dépit de l’enveloppe de 100 milliards de FCFA débloquée par le gouvernement. Libreville, la capitale gabonaise, n’a pratiquement pas profité de cette manne financière.

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