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Gabon : La société civile indexe Paris dans l’affaire «Félix Bongo»

Presque une trentaine d’ONG gabonaises ont adressé le 27 avril une lettre ouverte à l’ambassadeur de France au Gabon, Jean Didier Roisin, pour lui signifier leur indignation suite à la décision prise par la justice française le 23 avril dernier, relative à la libération de Félix Bongo, en dépit des conventions d’entraide judiciaire mutuelle qui lient les deux pays. Dans la lettre publiée in extenso ici, ces acteurs de la société civile gabonaise inscrivent cette décision du Parquet de Paris dans le cadre d’une campagne de «dénigrement» des institutions gabonaises et mettent en garde Paris contre l’attisement des sentiments «antifrançais» au sein de la population gabonaise. «Excellence,

Certains réseaux politiques et économiques français s’allient à des cercles mystico-spirituels pour mener une campagne de dénigrement contre les institutions et la nation gabonaises. Et compte tenue de l’histoire commune entre le Gabon et la France, les organisations de la Société Civile gabonaise membres de la plateforme Transparence et Gouvernance Démocratique, TGD-Gabon, se sont astreints à une obligation de réserve, recommandant à l’occasion sérénité et vigilance à une population gabonaise dépitée par tant d’actes de mépris et de condescendance à l’endroit d’une nation souveraine.

Ces agissements ont cependant persisté et se sont diversifiés depuis quelques mois, notamment :

– Par l’expulsion dans des conditions inhumaines et au mépris des procédures établies de certains compatriotes en séjour en France, obligeant ainsi le Gouvernement gabonais et la Société Civile à réagir en brandissant la menace de réciprocité ;

– Par des dénonciations tous azimuts et des poursuites judiciaires contre la première Institution de la République sur des faits que les autorités françaises ont cautionné des décennies durant, dans le seul dessein de discréditer et déstabiliser le Gabon ;

– Par l’instrumentalisation de certains acteurs et organisations de la Société Civile gabonaise dans le but d’en faire des relais des manœuvres de déstabilisation motivées par une aversion manifeste contre l’ouverture du Gabon à d’autres partenaires…

La presse du 24 avril courant vient de se faire l’écho d’un acte révélateur de la résurgence des réflexes paternalistes et néocolonialistes qui caractérisent une certaine France.

En effet, le Parquet Général de Versailles vient de refuser au Parquet de la République du Gabon l’extradition de Mr. Félix BONGO, citoyen gabonais poursuivi pour « instigation de faux en écriture privée de banque » et pour « corruption active », en violation de la convention bilatérale d’aide mutuelle judiciaire signée en 1963.

La Justice Française vient ainsi d’accorder la mise en liberté à un délinquant présumé poursuivi pour avoir détourné plus de 9 milliards de FCFA au contribuable gabonais.

De sources dignes de foi, Mr. F. BONGO s’est servi d’un prête-nom, Steeve MOMBO, pour conduire plusieurs opérations frauduleuses par le biais d’entreprises dont il était le dirigeant de fait : ING Consulting, Société Equatoriale de Construction (SOECO), FODEMA et Constructor Ecopartener.

Il se trouve au cœur de la fameuse affaire des fourgons blindés du Trésor Public gabonais dont les transactions sont estimées à plus de 3,650 milliards de FCFA. Et c’est pour ce dernier forfait qu’il a été dénoncé par deux de ses « associés », MM. Arthur DOSSI et Davy OMBALANKIA à qui F. BONGO refusait de reverser les commissions dues.

Pour y parvenir, il aurait bénéficié de complicités à l’Union Gabonaise des Banques (UGB), au Ministère des Finances ainsi qu’au Ministère de l’Habitat et de l’Urbanisme du Gabon.
C’est pour la poursuite de l’instruction judiciaire en cours au Parquet de Libreville que F. BONGO doit être ramené à Libreville.

Et c’est pourquoi nous considérons la décision des autorités françaises comme une grave atteinte au libre exercice du pouvoir judiciaire gabonais qui, pour les militants des droits de l’homme au Gabon que nous sommes, représente à ce jour le seul grand espoir dans la mise en œuvre progressive de mécanismes de bonne gouvernance et l’instauration d’un Etat de droit.

Dans sa vision transversale de l’exigence de bonne gouvernance, TGD accorde une grande importance au respect par le Gouvernement gabonais et l’ensemble des partenaires du Gabon des principes de gouvernance démocratique. De ce fait, TGD prend acte de cette énième atteinte à la souveraineté du Gabon.

T.G.D.-Gabon demande aux autorités françaises le strict respect du principe de droit affirmant la prédominance de la convention sur la norme interne, principe d’ailleurs consacré par la constitution française, le traité de Vienne de 1969 et le code de procédure pénale français dans ses dispositions relatives à l’entraide judiciaire internationale et aux extraditions.

Devant l’urgence, TGD-Gabon interpelle une nouvelle fois la Communauté Européenne et les autorités françaises quant aux conséquences de tels agissements sur une conscience nationale déjà marquée au Gabon par la recrudescence du sentiment antifrançais.

C’est pourquoi nous restons disposés à vous entretenir personnellement de toutes ces questions dans le seul intérêt de la France et du Gabon.

Pour la Coordination de TGD-Gabon, le Porte parole, Christian R. ABIAGHE NGOMO.

PLATEFORME TRANSPRENCE ET GOUVERNANCE DEMOCRATIQUE
TGD/Gabon

Front des Organisations de la Société Civile pour la Lutte contre la Pauvreté au Gabon (FOSCPG), Coalition gabonaise Publiez Ce Que Vous Payez (PCQVP-Gabon), SOS Consommateurs, Cri de Femmes, Action Sociale Internationale (A.S.I-ONG), Cercle des Valeurs, Santé Sans Frontières, Syndicat de l’Education Nationale (SENA), Syndicat des Commerçants d’Owendo, Syndicat des Transports Terrestres et Connexes du Gabon (STTCG), ACG Femme et Habitat, Syndicat National des Agents de l’Administration du Travail (SYNAT), Association DJ EBORO, CEGARES, Union des Syndicats de l’Administration Publique (USAP), SYNPA-MAEDR, SYPAS, Association pour la Protection du Droit Successoral (APDS), la Voix du Savoir, Agir pour le Gabon, Actes Humanitaires Chrétiens (AHC), ONG Confluence, Génération Eau Claire, Association School-Net, ONG Terre d’Espoir, Conseil National de la Jeunesse, Front Uni des Syndicats des Transports (FUST), Le CRID…

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