Le Directeur Général-Adjoint de la télévision privée TV+, Francis Salah Ngouah-beaud, présentateur-vedette de la chaîne a déclaré que « le manque de spécialisation dans le journalisme au Gabon est dû au fait que plusieurs journalistes sont entrés dans la profession par effraction », dans un entretien accordé ce jeudi. Surpris par l’un de nos reporters en pleine préparation du « 20 H », Francis Sala Ngouah-Beaud, la cinquantaine, dont plus de deux décennies déjà passées dans le ‘’métier’’ pense « qu’il faut revenir sur les fondamentaux, c’est – à- dire, du journalisme qui, à l’instar de toutes autres disciplines qui se mettent suffisamment au service d’un idéal bien précis, est une science ». Et, a-t-il argumenté, « le constat, amère, que l’on peut effectuer aujourd’hui, c’est que bien trop de personnes qui prétendent faire du journalisme y sont entrés par effraction. Par conséquent, il devient difficile de parvenir à trier le bon grain de l’ivraie, pourtant il faudrait bien qu’on y parvienne ».

L’opinion la plus répandue au Gabon assimile le manque de spécialisation dans le journalisme aux dérives observées chaque jour dans le rendu de l’information. M. Ngouah-Beaud n’en dit pas moins: « la question de la spécialisation est très importante. Ce n’est pas parce qu’on tend un micro ou un dictaphone et que l’on exerce dans une Rédaction que l’on doit perdre de vue que l’on s’adresse à des gens qui, parfois, sont mieux outillés que nous dans les domaines traités. Inévitablement, il faut se prémunir et avoir la maîtrise de la question et la certitude que ce que l’on dit ne saurait prêter à équivoque ».

« C’est à ce niveau que je voudrais louer l’action de Madame le ministre de la Communication qui a pris sur elle de veiller à ce que dans ce secteur, il y ait une formation un peu plus accentuée des hommes et des femmes qui prétendent exercer dans le journalisme », a ajouté l’ancien Rédacteur en Chef d’Africa N°1, dans les années 90, bilingue (Français- anglais), et ex de TV Africa en Afrique du Sud.

L’homme qui a débuté sa carrière comme chroniqueur sportif, dans le service public, à la première chaîne de Radio Télévision Gabonaise (RTG1), a averti que « si l’on ne parvient pas à la spécialisation, nous aurons d’énormes difficultés. Et, je crois surtout qu’il ne faudrait pas simplement penser qu’une bonne formation n’est acquise que dans des établissements huppés. J’ai la conviction que dans notre pays nous regorgeons suffisamment de compétences et d’hommes plutôt expérimentés dans le métier et qui pourraient passer le flambeau, tendre la main, canaliser et sécurise un certain nombre de journalistes dans des secteurs bien précis: Économie, Histoire, Santé, Sport…».

Conscient que la quasi-totalité des journalistes au Gabon, où l’on compte plus d’une soixante de publications, des dizaines de radios, de télévisions ainsi que des agences et des agences et journaux électroniques, ont un profil de « généralistes », F.S. Ngouah-Beaud n’a pas manquer d’ouvrir des pistes.

« Il ne faut pas verser dans un pessimisme béant. Je souhaiterais qu’à l’intérieur des Rédactions, des réflexions se prolongent afin qu’on tende à spécialiser par rapport à des aptitudes et aux qualités intrinsèques des uns et des autres et par rapport à leur cursus aussi.

On peut observer que de plus en plus de jeunes qui arrivent dans la profession sortent des universités et il faut en tenir compte au sein de nos Rédactions pour donner d’avantage de crédit et de cachet à l’action et à la profession que nous exerçons », a conclu celui qui, au-delà de ses fonctions à TV+, reste un journaliste de terrain, comme en témoignent ses reportages dont la couverture des campagnes électorales, les phases finales de la Coupe d’Afrique des Nations et du Mondial de football de ces dernières années.

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