À la suite de l’élection présidentielle de novembre 2005, on dénombrait une quarantaine de partis politiques qui avaient fait le choix d’associer leurs forces à celles du Parti Démocratique Gabonais (PDG) pour assurer au Président de la République sortant, Omar Bongo Ondimba, une victoire confortable. Le PDG et ces partis amis ont formé un bloc connu sous le vocable ” majorité présidentielle “.

En vérité, ce bloc existait depuis 1993. Il avait pris corps dans la perspective de l’élection présidentielle du 5 décembre de la même année. On l’avait alors baptisé ” Nouvelle Alliance pour le Développement et le Changement “, en abrégé ” Nouvelle Alliance “. Le Parti de l’Unité du Peuple (PUP) de Maître Louis Gaston Mayila, le Cercle des Libéraux Réformateurs (CLR) de Jean Boniface Assélé, le Parti des Gaulois de Max Anicet Koumba et d’autres formations politiques en faisaient déjà partie. Mais la Nouvelle Alliance n’était pas aussi étoffée que le rassemblement de 2005.

Que constate-t-on aujourd’hui ? On constate que depuis le décès du Président Omar Bongo Ondimba, un grand nombre de partis de la majorité présidentielle a fait défection. Le fait a été remarquable à la veille du démarrage de la campagne électorale pour la présidentielle anticipée du 30 août 20009. Quelques exemples suffiront. En effet, Paul Mba Abessole, leader du Rassemblement pour le Gabon (RPG), a présenté sa propre candidature au nom de sa formation politique, avant de se désister au profit du candidat indépendant André Mba Obame. Pierre Claver Maganga Moussavou s’est également lancé dans la bataille présidentielle pour le compte de son parti, le Parti Social Démocrate (PSD).

Le Vice-président de la République, Didjob Divungi Di Ndinge, par ailleurs président de l’Alliance Démocratique et Républicaine (ADERE), a annoncé, à l’issue d’un congrès extraordinaire, que son parti avait décidé de laisser aux militants le libre choix de leurs candidats. L’ADERE n’a donc pas soutenu le candidat du PDG, Ali Bongo Ondimba. Le Professeur Pierre André Kombila, numéro un du Rassemblement National des Bûcherons (RNB) qui avait intégré la majorité présidentielle en janvier 2008, lui a tourné le dos pour soutenir la candidature de l’opposant Pierre Mamboundou.

D’autres partis qu’on peut qualifier de ” partis gazelles “, selon l’expression de Paul Mba Abessole, qui venaient faire le (faux) nombre dans cette majorité, se sont alignés derrière d’autres candidats que celui du PDG. C’est le cas notamment du Mouvement Africain pour le Développement (MAD) de Pierre Claver Nzeng Ebome qui a battu campagne en faveur du candidat indépendant Casimir Oyé Mba.

A partir de là, on ne peut s’empêcher de dire que la majorité présidentielle a volé en éclats. On a fini par se rendre compte que beaucoup de gens et de partis s’y étaient engouffrés pour les beaux yeux du Président Omar Bongo Ondimba. Au dernier congrès extraordinaire du PDG, tenu du 13 au 14 mars dernier, une dizaine de partis amis seulement étaient allés témoigner leur solidarité aux pédégistes. Mais dans ce lot, il n’y avait que deux formations politiques ayant une certaine étoffe : le CLR et Gabon Avenir. Tous les autres y compris le Morena Unioniste, tendance Samuel Mvé Mba, ne pèsent pas grand-chose.

C’est pourquoi le réalisme politique devrait conduire les tenants du PDG et du pouvoir à réorganiser la majorité présidentielle pour la rendre plus cohérente, plus solidaire, plus dense et plus dynamique. Et cela doit commencer à se faire maintenant, à moins de deux ans des prochaines législatives. Le temps, il ne faut pas l’oublier, passe vite.

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