Je me présente à vous aujourd’hui comme un homme harcelé par le pouvoir en place. Un homme traqué qu’on chercherait même à éliminer physiquement. Pourtant, je ne crois pas avoir posé des actes qui méritent que je sois traité de la sorte par les forces de police diligentées par le pouvoir en place. Mais les faits sont là.

Je suis Mike Steeve Jocktane, citoyen gabonais, évêque consacré le 22 mars 2003 sous les auspices des archevêques Nicholas Duncan Williams et John Hackman de Trans Atlantic and Pacific Alliance of Churches basé à Londres (Grande-Bretagne).

Par ailleurs, j’ai occupé des fonctions politiques auprès de feu le Président Omar Bongo Ondimba jusqu’à son décès. En 2005, j’ai été nommé Conseiller Personnel, puis en Janvier 2009, Directeur adjoint du cabinet civil du Président.

Lors des élections présidentielles d’août 2009, j’ai librement choisi de soutenir la candidature de Monsieur MBA OBAME André pour plusieurs raisons dont les principales sont les suivantes :
•Le Président Omar BONGO ONDIMBA m’a laissé entendre, à l’instar de plusieurs autres personnes très proches, qu’il ne souhaitait pas voir son fils lui succéder au pouvoir ;
•Je savais qu’Ali Bongo Ondimba, que je connais bien, ne pouvait pas gagner les élections de manière régulière. Or, j’ai fait le choix de l’instauration d’une vraie démocratie au Gabon, c’est-à-dire, autodétermination du peuple, élections crédibles, institutions fortes ;
•A mes yeux, André Mba Obame, avec qui j’ai développé une amitié sincère au cours des dernières années, était la personne capable de présider aux destinés du Gabon de façon à créer les conditions d’un Gabon où il fasse bon vivre pour tous et ou la bonne gouvernance politique serait de mise. J’ai choisi la personne qui de mon point de vue peut mieux mettre en œuvre la démocratie au Gabon.

Ainsi, mon soutien à André MBA OBAME, mon appartenance à l’Union Nationale et mes déclarations dans un livre sur les relations françafricaines me valent depuis un an le courroux du régime en place. Cela va du harcèlement judiciaire aux menaces sur mon intégrité physique, à des violences morales dont mon épouse et mes enfants ont été eux aussi l’objet à la fin du mois de janvier 2011, lorsque après l’acte politique posé par André MBA OBAME, le 25 janvier, j’ai, comme de nombreux Gabonais, dénoncé la batterie de mesures iniques voire illégales à l’encontre de l’Union Nationale et de ses responsables réfugiés au PNUD, du 25 janvier au 27 février de cette même année.

Chronologiquement, je peux énumérer les faits suivants :
•Le 30 Janvier 2011: Une vingtaine d’hommes en armes assiègent mon église aux environs de 10h pour m’interpeller. A la fin du culte, n’ayant pas pu mettre la main sur moi, ils brutalisent des fidèles et arrêtent trois personnes : mon épouse, la révérende Nadia Jocktane, Monsieur Christian Gondjout et Eric Mouloungui. Ces personnes seront relâchées le lendemain aux environ de 11h00.
•Le 2 février 2011: Une équipe de 8 hommes armés se disant de la police escaladent la barrière de mon domicile aux environs de 20H30. Ils intimident mon épouse et mes enfants avec leurs armes et procèdent à une fouille de mon domicile. Ils kidnappent ensuite mon épouse avant de la relâcher quelques heures plus tard.
•Le 6 Février 2011: Mon épouse et mes enfants sont empêchés de voyager sur Paris par un vol de la RAM. Les agents en service à la Police de l’air et des frontières ont affirmé agir sur instructions du Ministre de l’intérieur.
•1 au 4 mars 2011. Je me suis présenté de moi-même à la Police Judiciaire où j’ai été mis en garde à vue pendant 4 jours.
•Le 13 septembre 2011 je suis empêché de voyager vers le Nigéria par la Police de l’Air et des Frontières
•Le 2 décembre 2011. Maitre Nkéa, membre du bureau politique du PDG, avocat de l’état gabonais disant agir sur instructions annonce le dépôt d’une plainte pour atteinte à la dignité de l’État et la délivrance d’un mandat d’arrêt international.

Le harcèlement judiciaire auquel je fais référence plus haut concerne les accusations infondées contre ma personne pour une pseudo participation à une manifestation à laquelle j’aurais pris part et lors de laquelle une voiture de police aurait été incendiée, un policier aurait été frappé par des participants. L’ensemble de tous ces actes aurait causé un trouble à l’ordre public dont je serais l’instigateur. Je précise que je n’ai pas participé à cette manifestation et par conséquent aucun de ces faits ne peut m’être imputable.

Le procès qui tient lieu de jugement des faits relatés plus haut à débuté le 19 janvier 2012 dans une ambiance de haine, et de règlement de comptes par un tribunal et un procureur manifestement aux ordres pour me placer en détention, quelle que soit l’issue du procès. Et c’est dans cet esprit que malgré le renvoi de l’audience au 2 février 2012, le procureur de la république a voulu que je sois arrêté séance tenante n’eut été la vigilance de mes avocats qui m’ont enjoint à partir au vu des menaces.

Dernier fait en date : dimanche 5 février dernier, au sortir du culte, aux environs de 14h, pour rentrer chez moi, j’ai pris place dans le véhicule de Monsieur et Madame Paul-Marie Gondjout. C’est alors qu’au niveau du Palais présidentiel, nous sommes abordés par des éléments qui se présentent comme étant des agents de la police judiciaire. Ne comprenant pas le motif de cette interpellation, soutenu par Monsieur et Madame Paul-Marie Gondjout, j’ai refusé de les suivre en leur proposant de me convoquer aux heures ouvrables de la semaine sur la base d’une convocation en bonne et due forme.

Suite à cela, ces agents de la police judiciaire se sont opposés, ont braqué leurs armes sur moi et sur Monsieur et Madame Paul-Marie Gondjout.

Ayant constaté que les policiers ne pouvaient présenter de mandat et n’ayant pas décliné leurs identités ainsi que le commande l’usage en pareil circonstance, Monsieur Gondjout a redémarré le véhicule. Nous avons alors constaté que les policiers avaient fait appel à du renfort et que notre véhicule était pris en chasse par trois autres véhicules d’agents armés (une Nissan, une Dacia et un taxi). La course-poursuite engagée par les policiers va se faire sur le bord de mer et des accidents ont été évités de justesse. D’abord au niveau du lycée LEON MBA puis au Lycée Paul Gondjout où notre véhicule a percuté celui d’un diplomate français.

Par la suite, mon avocat, a téléphoné au procureur de la République et au patron de la police judiciaire pour exiger des explications sur les méthodes cavalières des policiers. Ceux-ci ont répondu ne pas être au courant de ces agissements.

J’ai demandé à mes Avocats de porter plainte contre la Police Judiciaire pour tentative d’enlèvement et de séquestration. Nous nous devons de savoir qui sont les donneurs d’ordre d’actes aussi scandaleux.
Puisqu’il s’agit bien d’agent de la police judiciaire, je déplore que notre pays soit devenu un État-policier avec pour unique règle la loi de ceux qui possèdent des armes. A l’heure où dans le monde entier les polices s’orientent vers des actions de proximité, plus proche et à l’écoute des citoyens, une certaine police gabonaise se singularise par le non respect de la loi, des droits de l’homme et de la déontologie qui lie le policier à son service pour la nation.

C’est le lieu ici pour moi, d’interpeler Madame Réténo, ministre de la justice et Monsieur Ndongou, ministre de l’intérieur afin que toute la lumière soit faite sur cette affaire.

En réalité, l’attitude du pouvoir PDG vise à inviter insidieusement le Gabon dans la campagne présidentielle française. Dans quel but ? Qui a des comptes à régler avec qui et pourquoi ?

Ce que j’ai dit, je le maintiens car tous le peuple Gabonais le sait. Il s’agit d’un secret de polichinelle. Pourquoi tant d’agitation au Gabon autour de cette affaire alors qu’en France on observe une totale indifférence de la part des autorités en place ?

Dans quel pays nous trouvons-nous pour devoir craindre d’être kidnappé à chaque coin de rue ou même de chez soi tout simplement parce qu’on n’est pas d’accord avec le pouvoir en place ?

Ce questionnement n’est pas valable pour moi seul. Il l’est pour tous les citoyens gabonais qui souhaitent le meilleur pour eux et le pays et qui sont désireux d’une réelle alternance politique.

Arrêtons de nous voiler la face et affrontons les démons. En tant qu’homme d’Église, je sais de quoi je parle. « La justice de Dieu élève une nation mais le péché fait la honte des peuples.

Mike Jocktane
Libreville, Gabon

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