Ali Bongo - Hollande

Ali Bongo – Hollande
Le président du Gabon, Ali Bongo, a déclaré jeudi à l’issue d’une visite à l’Elysée que la Françafrique n’existait pas et s’est dit confiant que la “formidable amitié” entre son pays et la France perdurerait sous la présidence de François Hollande.

Accueilli par la Garde républicaine et François Hollande sur le perron de l’Elysée, Ali Bongo a dit aux journalistes ne pas comprendre la polémique déclenchée par sa visite.

“Je trouve que c’est souvent des medias ou des associations qui veulent nous ramener sur une question qui pour moi n’existe pas”, a-t-il dit. “Je crois avoir indiqué déjà que je ne connaissais pas la Françafrique”, a-t-il poursuivi.

“Lorsque nos prédécesseurs, le président de Gaulle et le président Léon Mba, ont signé les accords liant nos deux pays, moi j’avais un an, vous me parlez de quelque chose que je ne connais pas”, a-t-il encore insisté.

La “Françafrique” désigne un système de relations privilégiées et de réseaux d’influence entre la France et les dirigeants de régimes autoritaires des anciennes colonies françaises d’Afrique noire.

Longtemps inspirée par Jacques Foccart, le “M. Afrique” du gaullisme, la “Françafrique” avait pour but de permettre à la France de demeurer influente sur le continent africain.

Dans l’autre sens, ce système aurait permis à des dirigeants africains de gagner les bonnes grâces des hommes politiques français en finançant leurs campagnes électorales.

La visite du président du Gabon intervient alors que l’affaire des “biens mal acquis” continue de faire des vagues judiciaires en France.

Un livre des journalistes Xavier Harel et Thomas Hofnung, “Le scandale des biens mal acquis”, a mis en lumière l’impressionnant patrimoine en France des familles d’Ali Bongo et des présidents Denis Sassou N’Guesso (Congo-Brazzavile) et Teodoro Obiang (Guinée équatoriale), suspectés d’avoir dérobé l’argent public. “Cela ne me concerne pas”, a dit Ali Bongo, qui a succédé à son père Omar, au pouvoir de 1967 à 2009.

Des associations estiment que l’entretien accordé à Ali Bongo signifie que, malgré ses engagements, François Hollande n’a pas définitivement tourné la page de la “Françafrique”.

“Ne pas recevoir Ali Bongo, c’est un acte simple et sans ingérence qui envoie un signal fort pour la démocratie et un premier pas vers la fin de la Françafrique”, lit-on dans une pétition sur internet de l’association Survie et signée par près de 64.000 internautes.

François Hollande, dit un communiqué de la présidence, souhaite avec le Gabon un “dialogue exigeant sur les questions de gouvernance, de lutte contre la corruption et de pluralisme démocratique”. (Julien Ponthus,

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