VIDÉO. En exclusivité, le magazine “Complément d’enquête” plonge dans les méandres de l’univers de la famille Bongo… sous l’ère Ali. Tout un programme.

Complément d’enquête. Qui est Ali Bongo, l’homme fort du Gabon ?

C’est un document exclusif qui est diffusé ce jeudi 6 juillet. Les équipes du magazine Complément d’enquête de la chaîne publique française se sont rendus au Gabon plus de dix mois après la réélection contestée du président Ali Bongo Ondimba. Elles ont pu tourner des images inédites du chef de l’État, mais ont aussi fait appel à des archives exceptionnelles, pour raconter l’histoire d’un enfant gâté de la Françafrique, aussi mystérieux, que craint. Qui est-il ? Comment gouverne-t-il depuis son arrivée au pouvoir à la mort de son père Omar Bongo en 2009 ? Que nous apprend son parcours sur l’homme, et surtout sur le président qu’il est devenu ? Et que nous révèlent ces images aujourd’hui de l’enfant qu’il a été, élevé à la française, auprès des élites. Autant de questions qui se bousculent lorsque l’on sait que ce petit pays d’Afrique centrale d’à peine 2 millions d’habitants était autrefois un îlot de paix dans la région. Et désormais un territoire où se succèdent pillages, manifestations sévèrement réprimées, interpellations par centaines. Le Gabon avait été pendant plusieurs jours le théâtre de violences après l’annonce, le 31 août 2016, de la victoire du chef de l’État sortant Ali Bongo Ondimba, toujours contestée par l’opposant Jean Ping.

Ali Bongo Ondimba, l’enfant de la Françafrique

« Il est le plus français des présidents africains : Ali Bongo a grandi en France et son père Omar, pilier de la Françafrique, a côtoyé tous les présidents français de la Ve République jusqu’à sa mort, en 2009. Depuis, c’est Ali qui détient le pouvoir au Gabon. Lors de la dernière présidentielle d’août 2016, il a été réélu malgré des soupçons de fraude. Il aurait aussi donné l’ordre de tirer à balles réelles sur ses opposants lors de violentes émeutes. Protégée par la France, la famille Bongo a amassé une fortune colossale : plus de 500 millions d’euros. Ce portrait donne la parole à Ali Bongo, à ses contradicteurs et aux hommes de la Françafrique, notamment Robert Bourgi », n’hésitent pas à résumer les réalisateurs du documentaire.

Car il s’est tissé entre les deux États un lien étroit, fondé sur des intérêts croisés. En effet, le Gabon, qui exploite du pétrole depuis les années 1960, a longtemps été qualifié de « petit émirat d’Afrique centrale ». Officiellement, ses recettes ont assuré à l’État environ 60 % de son budget. S’il est vrai que depuis son arrivée au pouvoir, le président Ali Bongo a multiplié les grands projets comme la construction d’infrastructures (routes et hôpitaux), plusieurs de ces chantiers sont à l’arrêt par manque de financement. Car sur le terrain, les choses vont mal. Le pays est confronté à une période budgétaire difficile en raison de la chute des prix du pétrole, qui a provoqué des licenciements dans les entreprises à Port-Gentil (ouest), la capitale économique qui vit principalement du pétrole.

Docteur Ali et mister « Bongo »

Si les images donnent à voir un Ali Bongo Ondimba, 58 ans, démarche décontractée, taille moyenne, épaules carrées, s’amuser des éternelles questions sur son père. Le paradoxe est bien là pour celui qui ne cesse de marteler : « Le changement, c’est moi. » Et c’est aussi ce qu’il répète inlassablement aux réalisateurs du 52 minutes de Complément d’enquête. Auxquels il « jure être en rupture avec l’image paternelle et affirme vouloir solder l’héritage ». Pris entre l’héritage politique du père et « l’héritage tout court aussi », Ali Bongo affirme avoir légué « au peuple gabonais » des propriétés familiales en France soupçonnées d’avoir été « mal acquises » par des détournements de fonds publics. Du père, il garde tout de même l’imposant palais du bord de mer, siège de la présidence, et quelques signes ostentatoires du pouvoir, comme une rutilante Rolls Royce qu’il aime à conduire lui-même.

« Je suis né le 9 février 1959 à Brazzaville, mon père s’appelle Omar Bongo Ondimba et ma mère Patience Dabany », ainsi Ali Bongo décline-t-il son identité à qui veut l’entendre pour balayer la lancinante polémique sur ses origines. En vain, quand on suit de près l’actualité gabonaise. Car ses opposants ont depuis longtemps repris la thèse du journaliste français Pierre Péan selon laquelle il est un enfant du Nigeria adopté par son père et qu’il ne peut à ce titre diriger le Gabon. Alors dans ces conditions comment gère-t-il le pays ? Complément d’enquête nous plonge dans les coulisses du pouvoir.

* France 2 – “Complément d’enquête” : “Le clan Bongo : une histoire française”, diffusé le 6 juillet 2017 à 22 h 40.

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