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Elections Présidentielles en République manioc, pour quoi faire ?

Tsir?Ella-Nguéma
BDP-Bordeaux

Le droit peut-il devenir illégal’

La réponse est oui !

Depuis Aristote dans ?Politique? jusqu’à J.J. Rousseau dans ?le contrat social’ en passant par Montesquieu et ‘L?Esprit de loi’, la sémiologie
du droit et l’acception de la politique en prennent un coup. Elles qui qualifient le droit comme étant l’essence même ou l’ascendant de la légalité pour asseoir la force du politique dans la cité.

Oui, le droit peut devenir illégal.

Car dans une communauté où règnent l’arbitraire au nom de la loi et un déficit immanent des intellectuels libres, les institutions et les valeurs fondamentales de la république peuvent avoir un autre sens et susciter des déviances dangereuses dans la tête des gens qui sont en leur charge. D?autant pire que ces derniers n’ont eu aucune lecture ni audience de ces choses trop savantes pour leur piètre formation.

C?est pourquoi une enquête de moralité est indispensable pour désigner ou élire un homme d’Etat.

Pour mieux comprendre, nous vous faisons remarquer que : dans des pays où ces processus sont bien huilés, chaque fois qu’un citoyen honnête postule à une quelconque responsabilité dans une quelconque entreprise ou administration honnête ou malhonnête, on lui demande son identifiant vital, son curriculum vitæ (cv). Autrement dit, il est impératif de savoir et d’exposer à la connaissance officielle d’où il vient, comment a-t-il été élevé et par qui ? Qu?a-t-il réalisé dans son adolescence ? à sa majorité ? est-il marié et avec qui ? A-t-il des enfants’ Combien ? Ses loisirs ? Et passons.

Tout ce questionnaire est établi pour avoir le profil psychologique et connaître les capacités morales et intellectuelles de celui à qui on va confier des responsabilités. C?est donc un drame que d’élire aux responsabilités de l’Etat, c’est-à-dire confier l’avenir de plusieurs générations à des individus ou un individu dont ces identifiants sont plus qu’indéfinis, nous dirions même obscurs. Ne nous étonnons donc pas de la situation chaotique de ce pays appelé Gabon.

J?aime la biologie médicale car elle nous enseigne que c’est à l’organique que viennent s’ajouter la psyché et le mental pour accomplir, ou non, un être humain. Ainsi, dans la graine, le biologiste discerne déjà la plante épanouie. C?est donc à partir de la cause finale que le biologiste tire ses lois. Autrement dit, quelles sont les conditions pour que la graine atteigne sa fin, ce pourquoi elle a été faite : la plante ? Telle est la question qu’un père et une mère de famille doivent résoudre pour l’enfant dont ils ont décidé la naissance, ou encore, qu’un homme d’Etat doit s’astreindre à cogiter pour son pays avant et durant son mandat politique.

Si les institutions régissent l’Etat, on peut alors se demander ce qu’est l’Etat par rapport à la société d’hommes libres ? Je pourrais m’inspirer des interrogations ô combien différentiées d’Eikath Ndama de son vivant, ou encore, plus académiques, des questions tant posées par Aristote (dans Politique,III, 6) à son siècle à savoir: Quelle est la raison d’être de la vie sociale ?

Il est, pourtant, fondamentalement défini que l’Etat n’est autre qu’une communauté d’hommes libres. C?est donc le considérer comme sa finalité ou cause finale. On peut l’appeler ?le bien commun’. Ce bien est distinct des biens individuels de chacun des membres du corps social, et ce bien leur est objectivement supérieur : le bien de tout vaut mieux que le bien de chacune des parties. Et la patrie vaut mieux que mon village, qui que je sois et où qu’il soit. D?autant plus que le bien commun s’inscrit dans la logique du bien particulier, chaque citoyen doit pouvoir profiter personnellement de ce bien qui est à tous, sinon il ne serait pas commun. Ce bien est un patrimoine construit par la volonté d’esprits élevés et ne doit pas être l’héritage d’un clan.

On pourrait donc définir le bien commun comme l’ensemble des conditions qui permettent à chaque citoyen d’obtenir, au sein de son Etat, son épanouissement personnel sans entraver celui d’autrui. Les hommes s’unissent entre eux non seulement pour vivre, c’est l’instinct grégaire, mais encore pour mieux vivre, c’est le décalage entre l’animal et l’homme. C?est-à-dire, donc, que les hommes s’assemblent pour obtenir des conditions de vie optimales pour chacun des membres de la communauté citoyenne. Ces conditions sont certes, en partie, réunies lorsque la société parvient, grâce à l’effort de tous, à une situation matérielle ou économique qui apporte, pour chacun, un minimum d’aisance ; Encore faut-il donner aux membres de la société la liberté de leurs intelligences créatrices ! Mais, même pauvre, une société obtient ce pourquoi elle est faite pourvu qu’il y règne, entre autres, trois éléments fondamentaux et radicalement constitutifs du bien commun que sont : la paix, la justice et l’amitié.

1- S?agissant de la Paix, elle peut être considérée comme l’absence de conflits au sens le plus large du terme, ce qui suppose donc l’absence de violences (guerres, arbitraire de la loi, dictature, détournements, mauvaise gestion, censure, criminalité, insécurité, etc.) entre les membres de la communauté (paix à l’intérieur de l’Etat) et l’absence d’agression étrangère (paix dans les relations extérieures). Est-ce le cas du Gabon ? NON !

Mais distinguons entre violence d’état et état de droit. Car les 2 aspects de paix extérieure et paix intérieure sont principalement assumés par deux institutions fondamentales pour toute vie authentiquement sociale que sont la police et l’armée, c’est-à-dire les forces de l’ordre qui garantissent l’état de droit par une combinaison d’actions entre la justice. la loi et les instruments dont la justice se sert pour garantir l’obéïssance à la loi (armée et police). Chacune de ces insritutions armées exerce par définition une certaine violence, mais cette violence, nécessaire, est soit passive (pour dissuader le potentiel hors la loi), soit active pour ramener coercitivement la tranquillité des citoyens quand ils sont pris en otage par des malfrats du bien commun. Cette violence est donc justifiée que par la nécessité de maintenir la paix qui, elle-même, est un bien commun dans un Etat (communauté d’hommes libres). Drame est de voir ces outils fondamentaux des sociétés évoluées à la solde d’un dictat et soumises à la volonté d’un seul homme.

2- S?agissant de la justice, c’est la situation dans laquelle tous et chacun des membres (citoyens) de la communauté possèdent effectivement les biens qui leur sont dus : Ceux pour lesquels ils ont droit et ont travaillé. S?ils les ont déjà, il ne faut pas les leur enlever ; s’ils ne les ont pas encore, il faut les leur donner. C?est la mission du législateur. Ainsi, les forces de l’ordre et la justice constituent, donc, un moyen essentiel de réalisation du bien commun. Viol et crime contre l’Etat sont établis lorsque ces moyens sont détournés et apprivoisés par un culte, le culte de la longévité du pouvoir. Une illusion qui est propre aux citoyens qui n’ont rien compris à la loi naturelle des générations qui doivent se succéder inéluctablement, et à la seule volonté de l’incontournable : la mort

3- L?amitié, quant à elle, correspond à une bienveillance réciproque entre citoyens et gouvernants. Autrement dit, dans une communauté d’hommes libres, dans un Etat digne, le citoyen veut du bien au citoyen, et vice versa. Le citoyen veut du bien au gouvernant, et vice versa. Mais pour que cette volonté soit réelle, elle doit se traduire par des actes, et non par des sempiternels discours fleuves et vides de suites. Cette volonté peut aboutir ainsi à renoncer à son propre bien (individu) afin de promouvoir au bien physique et moral de sa communauté (l’Etat).

De ces 3 valeurs (paix, justice, amitié) constitutives du bien commun, l’amitié sert de ligand aux deux autres. En effet, qu’adviendrait-il d’une société dans laquelle un minimum d’amitié, de concorde, entre les citoyens n’existerait plus ? Ce ne serait tout simplement plus une société. Car ces valeurs auront été transgressées et violées par ceux qui étaient investis à les promouvoir : des piètres dirigeants. Dans ce semblant de société, donc fausse, les hommes et les femmes, citoyens et gouvernants, vivent peut-être ensemble, mais cette apparente convivialité ne serait tout au plus qu’une juxtaposition. C?est-à-dire que chacun y poursuit ses intérêts (assassinat du bien commun et enrichissement personnel) sans se soucier des autres citoyens sauf pour leur réclamer l’exécution de leurs devoirs (incarcération arbitraire pour des prétendus troubles à l’ordre publique) ou pour éviter la lésion de leurs « droits illégaux ». Est-ce la volonté méphistophélique d’une génération d’hommes à bout de souffle, qui plus est, dont l’inventaire de l’actif est plus qu’une exécution physique et morale de plusieurs générations puînées ?

La réponse est : oui !

Oui, car ils n’ont de vie que la leur. Les enfants qu’ils n’arrêtent d’essaimer çà et là ne sont que le déchet d’une satisfaction purement bestiale et charnelle : pauvres enfants ! Vos parents qui dirigent votre pays ne vous aiment pas. Vous n’êtes que la conséquence de leur envie effrénée d’assouvir une pulsion primaire, celle d’une sexualité animale et donc sans projection : triste espèce que celle-là pour prétendre à un Etat.

Sans aucune dose des valeurs sus citées, la société est ce qu’elle reflète aujourd’hui au Gabon, c’est-à-dire une juxtaposition d’individus aux intérêts personnels et méprisant le bien commun. Il n’y a donc pas d’Etat au Gabon.

Dire qu’il n’existe pas d’Etat au Gabon n’est pas une contradiction sémantique ; en revanche, vanter qu’il en existe un au Gabon est une véritable confusion dans l’esprit du législateur gabonais. Une société qui n’est pas ce qu’elle devait être dans le sens de l’Etat à savoir une pluralité ordonnée où chacun concourt au développement harmonieux du corps social ; Où est, aujourd’hui, le prétendu débat contradictoire parlementaire quand tous les indifférenciés ont avoué leur défet mental et leur déférence au maître incompétent ? Or la cité, telle que nous voulons l’emprunter à l’occident, est une pluralité qui, par le moyen de l’éducation, doit être ramenée à une communauté d’individus libres. Autrement dit:

– Pères et mères de famille,
– Professeurs,
– Maires,
– Parlementaires,

Monsieur Bongo, méditez !

Méditez, car il est du ressort du rôle que vous jouez illégitimement aujourd’hui que de veiller au sens de l’Etat, sinon ABANDONNEZ et ne vous représentez plus à la moindre élection dont la finalité serait de VOUS SERVIR au lieu de SERVIR. Il faut répondre au bien commun, c’est-à-dire au bien de l’Etat. Car Paix, Justice et Amitié constituent, entre autres, les conditions sine qua non de la réalisation d’un authentique bien commun : un Etat digne. Et en ce sens ils sont de droit naturel.

Parmi ces trois valeurs fondamentales du bien commun, la justice occupe une place centrale car elle constitue l’essence même de la communauté politique : ce par quoi une société se constitue comme telle. L?injustice, l’arbitraire et l’obstination au pouvoir (38 ans aujourd’hui, demain 45 ans) sont le propre d’un Etat incompétent c’est-à-dire une dictature, un NON-ETAT. Remarquons que ces trois déterminants sont en collusion étroite. En effet, la Paix n’est pas seulement l’absence de troubles sociaux ; elle ne prend tout son sens que par rapport à la justice (transparence et protection de la liberté d’élire ses dirigeants, droit au bien-être, etc.). La véritable paix n’existe que lorsque chacun a ce qui lui est dû en justice (dire basta à un système sénile et surtout incompétent). Sans cela, une certaine tranquillité peut bien apparaître extérieurement, mais en réalité elle n’est que le résultat de la peur d’un chaos inéluctable et imminent : Celui que les brigands politiques ont fomenté au rythme de leur sempiternelle incompétence.

D?où les interrogations suivantes :

– Elections présidentielles pour quoi faire dans une dictature soutenue par une opposition déficiente ? (collusion des partis politiques du ventre avec celui du roi incompétent)

– Elections présidentielles pour quoi faire dans un système qui s’est assigné la mission d’Euthanasier les intelligences ? (traitement de mépris et soumission de l’intellect au viol des valeurs cardinales d’un Etat)

– Elections présidentielles pour quoi faire, quand on sait que la candidature d’un seul individu est perpétuellement assignée à la pérennité dans un contexte où il y a déficit cruel des intelligences ? Notons-le bien: Quand un handicapé mental fait des enfants, ses enfants n’héritent pas forcément du même handicap. Mais si, malgré leur instruction et leur niveau présumé d’études, les enfants soumettent leurs acquis intellectuels aux inepties injustifiées de leur père géniteur ou politique, alors ils sont doublement handicapés mentaux (le PDG et ses petits pdg qui ont foisonné depuis là, la projéniture ventrue du chef, l’entourage vampire, etc.).

Ces élections 2005 serviront, une fois de plus, à rajouter au palmarès déjà tristement très célèbre le crime de l’absolutisme bongoïste sur d’autres générations gabonaises à venir (lire la lettre du continent du 10-03-05 qui parle d’emblée de chiens de garde des perpétuelles (ré)-élections).

Alors, pour nos arrières petits-enfants, il est de notre devoir et de notre droit naturel de ne pas contribuer à cette volonté politique infâme. Dans une communauté d’hommes, les erreurs sont possibles certes, mais y persévérer relève de l’idiotie collective, voire du satanisme.

Vu l’héritage satanique que cette génération de leader, d’Omar Bongo à Mba Abessole, laisse à nos enfants, et par conséquent à leurs petits-enfants et arrières petits-enfants, il y a va du devoir de chacun d’entre-nous de dire, dès maintenant, NON!

Non, les élections prévues décembre prochain en République manioc n’ont aucun contrat, ni aucune correspondance avec les valeurs cardinales qui garantissent la bonne marche de la société, et donc aucun sens de l’Etat.

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