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Virus d’Ebola, la fin du mystère

Selon une étude publiée le 21 janvier dans les annales de l’Académie nationale des sciences, des chercheurs américains sont parvenus à rendre le virus mortel d’Ebola inoffensif en laboratoire. Cette avancée pourrait accélérer la mise au point d’un traitement ou d’un vaccin. Les scientifiques ont découvert qu’ils pouvaient empêcher le virus de se développer et de se multiplier en enlevant un gène du virus.

Yoshihiro Kawaoka, professeur de sciences pathobiologiques à l’université américaine du Wisconsin, a indiqué que le VP30, l’un des 8 gènes du virus, fabrique une protéine qui lui permet de se dédoubler au sein d’une cellule hôte. En retirant ce gène, le virus ne peut plus grandir.

En effet, le système de réplication du virus Ebola dépend d’un gène unique, connu sous l’appellation VP30. Comme la plupart des autres virus, Ebola est un indigent génétique Composé de seulement 8 gènes, il dépend entièrement des cellules hôtes qui lui fournissent le matériel nécessaire à la reproduction.
Ainsi, le gène VP30 utilise le milieu cellulaire pour produire une protéine spécifique qui joue un rôle capital dans le processus de réplication. Sans ce gène, il ne peut se développer.
Yoshihiro Kawaoka a retiré ce gène du virus, et constaté qu’en effet, Ebola devenait incapable de proliférer. « Le virus modifié ne se développe plus dans des cellules normales, rapporte Kawaoka. Cependant, nous avons aussi expérimenté au moyen de cellules exprimant elles-mêmes la protéine VP30, et là, le virus arrive à s’y développer parce que la protéine manquante est alors fournie par la cellule.»
Le virologue explique que cette découverte, fruit d’un travail acharné de plusieurs années, permettrait de cultiver le virus modifié en toute sécurité dans des cellules fabriquant la protéine VP30. Dans un tel milieu, le virus conserve son caractère pathogène mais ne peut pas aller contaminer des cellules saines.
De nombreuses expérimentations, conduites en laboratoire de niveau BSL 4 et comprenant un grand nombre de cycles de réplication, n’ont produit aucun virus infectieux et ont démontré l’absence de toxicité de la protéine VP30.
Selon les chercheurs, excepté le fait qu’il ne peut se reproduire que dans des cellules manipulées pour produire la protéine VP30, le virus modifié est parfaitement identique au virus pathogène répandu dans la nature, ce qui le rend idéal pour les études biologiques nécessaires au développement d’un vaccin ou d’un antiviral spécifique
« Ce système peut être utilisé aussi bien pour l’expérimentation que pour la future production en masse d’une substance vaccinatrice, affirme Kawaoka, car il est pratiquement impossible de mener de tels travaux sur une grande échelle dans l’espace exigu d’un laboratoire BSL 4 ».
Le virus d’Ebola a émergé pour la première fois en 1976, provoquant des épidémies au Soudan et en RDC. Des épidémies sporadiques ont ensuite éclaté au Gabon, au Congo, en Ouganda ou en Cote d’Ivoire.
Le caractère brutal de son attaque et sa mortalité très importante ont aussitôt focalisé l’attention du monde scientifique, tandis que son degré de contamination particulièrement élevé imposait de nombreuses mises en quarantaine, parfois d’hôpitaux entiers, accompagnées de précautions rappelant celles entourant les grandes épidémies de peste.

Les personnes touchées peuvent développer une fièvre hémorragique, pour laquelle il n’existe à ce jour aucun traitement et qui tue dans 50 à 90% des cas.

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