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Obama à l’épreuve du Proche-Orient

Le changement de ton amorcé par Barack Obama sur le Proche-Orient est à l’épreuve dès cette semaine avec la première mission qu’entreprend dans la région George Mitchell, l’envoyé spécial du président américain.

La guerre contre le Hamas lancée par Israël trois semaines avant son investiture a obligé Barack Obama à s’atteler sans tarder à ce dossier. Finies les années où les États-Unis pouvaient laisser Israéliens et Palestiniens s’épuiser dans leur conflit sans réagir. Nous revenons au temps de James Baker ou de Henry Kissinger, qui, chacun à son époque, multipliaient les navettes entre Jérusalem et les capitales arabes pour faire avancer la paix. Et cela, malgré l’existence d’autres questions aujourd’hui brûlantes pour la Maison-Blanche comme la crise économique, le désengagement d’Irak et la guerre en Afghanistan.

Barack Obama s’était engagé à agir « dès le premier jour ». Il tient sa promesse. Son propos, jusqu’à présent, n’a pas remis en cause les « fondamentaux » de la diplomatie américaine : soutien sans équivoque à Israël et refus de parler au Hamas, organisation qualifiée de terroriste par le département d’État. Mais un changement est perceptible. Certes, le nouveau président n’a pas critiqué la conduite de l’opération militaire israélienne à Gaza, mais il s’est ému des souffrances endurées par les Palestiniens. Il a évoqué la nécessité de rouvrir les points de passage aux frontières de Gaza. Il a apporté son soutien à l’initiative de paix arabe de 2002. Ce sont là quelques indices qui confirment que la diplomatie d’Obama ne sera pas celle de George W. Bush.

Surtout, son choix de George Mitchell comme envoyé spécial pour la région est un autre signal de rupture. Négociateur expérimenté, l’ancien sénateur est à l’origine de l’accord conclu en 1998 entre catholiques et protestants en Irlande du Nord. Il est aussi l’auteur d’un rapport remis en 2001 à Bill Clinton sur le déclenchement de la seconde intifada. Son rapport, d’une impartialité rare, appelait les Palestiniens à mettre fin au terrorisme et, dans le même temps, les Israéliens à arrêter la colonisation.

La question va vite se poser de savoir s’il faut parler au Hamas, toujours maître de Gaza. Il est évident que le boycottage des islamistes ne les a en rien affaiblis. Mais comment changer de politique sans pénaliser les modérés de l’Autorité palestinienne ?

Une solution se dessine avec la reprise de la médiation égyptienne en vue de la formation d’un gouvernement d’union nationale. C’est une voie qu’il faut poursuivre, si l’on veut éviter de n’avoir pour interlocuteur qu’une petite moitié des Palestiniens.

Lorsqu’en février 2007, un accord avait été trouvé à La Mecque entre le Fatah et le Hamas, il avait été torpillé par Washington. Cela avait conduit, quelques mois plus tard, à la prise du pouvoir par les islamistes à Gaza. Cette fois, les États-Unis peuvent jouer un rôle plus constructif.

George Mitchell arrive aujourd’hui au Proche-Orient. Des émissaires européens sont sur place. Les grandes manœuvres diplomatiques commencent.

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