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France : Kouchner joue la transparence sur ses travaux pour le Gabon

Le ministre français des Affaires étrangères, ancien ministre de la Santé Bernard Kouchner, a entrepris de porter plainte en diffamation pour le livre du journaliste Pierre Péan remettant en cause ses activités de consultant menée dans le secteur de la santé en Afrique, notamment au Gabon. Le célèbre docteur français a fourni un ensemble de pièces justificatives à son avocat, qui tend à démontrer que les chiffres faramineux avancés par l’auteur du livre sur ses rémunérations au Gabon seraient démesurés.
Face aux accusations contenues dans le livre «Le monde selon K.» de Pierre Péan, parut le 4 février dernier, le chef de la diplomatie française, Bernard Kouchner, a décidé d’exposer publiquement à la justice l’ensemble des pièces justificatives qui témoignent du montant et du caractère réel de ses activités de consultant dans le domaine de la santé menées en Afrique, notamment au Gabon, par l’intermédiaire des sociétés Africa Steps et Imeda.

L’ancien ministre français de la Santé a décidé, par la même occasion, de porter plainte en diffamation contre l’auteur du livre, le journaliste-écrivain Pierre Péan, arguant que les chiffres avancés dans cet ouvrage sont approximatifs et portent à confusion.

«C’est un peu comme si on confondait le chiffre d’affaires de Fayard avec les droits d’auteur de Péan», a expliqué avec ironie l’avocat du ministre des Affaires étrangères, maître Kiejman.

Pierre Péan affirme en effet dans son ouvrage que la société Imeda, créée par deux proches de Bernard Kouchner, aurait facturé au Gabon plus de 2,6 millions d’euros (plus d’1,7 milliards de francs CFA) pour une étude sur le système de santé du pays.

Maître Kiejman assure à ce sujet que sur ce total, la rémunération de son client n’a pas dépassé 400 000 euros (262 millions de francs CFA), pour des travaux s’échelonnant de «février 2004 à août 2006», soit deux ans et demi, équivalant à un salaire mensuel avant impôt de l’ordre de 13 000 euros (8,5 millions de francs CFA).

Pour justifier ces arguments, Bernard Kouchner a fourni à son avocat son premier rapport de 107 pages, daté de 2004, intitulé «Le constat», et qui présente diverses annexes et graphiques issus des études réalisées sur le terrain.

Bernard Kouchner a expliqué qu’il s’était rendu au Gabon pour réaliser son étude et qu’il avait remis au ministère gabonais de la Santé un deuxième rapport de 25 pages, daté d’août 2004, intitulé «Les propositions de réforme».

L’avocat de Bernard Kouchner explique que par la suite, l’ancien ministre de la Santé avait échangé plusieurs courriers avec le vice-ministre de la Santé gabonaise jusqu’en août 2006.

«La loi sur la santé publique qui est née de ces recommandations est du 4 janvier 2007», a précisé maître Kiejman, démontrant que les travaux de son client ne «sont pas restés lettre morte», puisque «La loi assure un système de protection des plus indigents, il y a vraiment un système d’assurance-maladie au Gabon».

En réponse à cette défense, un français en poste à Libreville a rétorqué qu’il habitait au Gabon depuis dix-sept ans et que de son constat «il vaut mieux ne pas être malade ici. La Caisse nationale de sécurité sociale, qui existe depuis belle lurette, est totalement défaillante, et puis il suffit de visiter un hôpital pour se rendre compte qu’il manque de tout».

Le médecin et élu de l’Union pour la majorité présidentielle (UMP), Bernard Debré, ancien ministre français de la Coopération, affirme quand à lui être «souvent allé opérer au Gabon avec mes équipes, bénévolement bien sûr, et nous venons à chaque fois avec des cantines de médicaments et de matériels».

Bernard Debré s’est par ailleurs dit «choqué» par le montant de l’étude effectuée par Bernard Kouchner, affirmant que pour sa part, il n’était pas envisageable de «demander des fonds à un pays pauvre».

«Je savais que Bernard Kouchner était souvent au Gabon, et quand j’y suis allé, je m’en suis toujours tenu éloigné parce que j’avais quelques inquiétudes. Quand on va aider ces pays, on évite, à mon sens, de demander de l’argent», a ajouté monsieur Debré.

«Le monde selon K.», paru aux éditions Fayard, du journaliste-écrivain Pierre Péan, attaque de manière virulente l’ancien ministre français de la Santé, pour ses activités de consultant menées dans le secteur de la santé en Afrique, entre 2002 et 2007, après la défaite électorale de la gauche à laquelle il appartenait et avant sa nomination dans un gouvernement de droite sous Nicolas Sarkozy.

Le journaliste auteur du livre affirme que Bernard Kouchner a mené ces activités pour deux sociétés privées, Africa Steps et Iméda, gérées par deux de ses proches, alors qu’il présidait en même temps un groupement d’intérêt public, Esther, consacré à la coopération internationale hospitalière.

Les deux sociétés auraient vendu pour près de 4,6 millions d’euros de contrats de conseil sur la réforme des systèmes de santé au Gabon et au Congo. Pierre Péan affirme par ailleurs qu’une partie de ces sommes n’auraient pu être recouvrées par les sociétés qu’après l’entrée en fonctions de Bernard Kouchner au Quai d’Orsay le 18 mai 2007.

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