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Gabon : Le gouvernement sur le pied de guerre face aux médias français

Dans un communiqué rendu public le 4 mars dernier, le gouvernement gabonais a fermement condamné les campagnes médiatiques menées en France à l’encontre du président Bongo Ondimba, considérées comme une tentative de déstabilisation organisée avec la complicité de «certains acteurs». Rappelant les événements de 2008 qui avaient déjà jeté un froid sur les relations diplomatiques entre Paris et Libreville, le gouvernement a mis en garde les autorités françaises sur la dégradation des relations entre les deux pays que pourrait engendré la récurrence de ces attaques.

Se dirige-t-on vers une nouvelle brouille entre Paris et Libreville, comme en mars 2008 où les expulsions arbitraires des étudiants gabonais de France avaient poussé les autorités gabonaises à appliquer la réciprocité à l’encontre des ressortissants français au Gabon ?

La saisie des comptes français du président Bongo Ondimba dans «l’affaire Cardona» pourrait jeter de l’huile sur les braises entretenues ardentes des relations diplomatiques entre le Gabon et la France.

Le gouvernement gabonais a dénoncé dans un communiqué publié le 4 mars dernier, «l’acharnement complice des médias français et de certains acteurs» contre le président Bongo Ondimba. «Cette campagne pernicieuse, indécente et empreinte de préjugés s’illustre dans les médias français tant publics que privés», ajoute le communiqué.

Les autorités gabonaises ont notamment rappelé les nombreux «dérapages» de la presse française en moins d’un an sur «les biens immobiliers du président de la République», «l’arrestation prétendument illégale des responsables d’ONG gabonaises impliqués dans des activités subversives», ainsi que plus récemment «la divulgation fortement médiatisée, en violation flagrante du secret bancaire, d’informations sur les comptes du président de la République».

Le gouvernement a ainsi exprimé sa «forte conviction qu’il existe une collusion entre les médias français et certains acteurs aux motivations insoupçonnées», poursuit le communiqué.

«Le Gabon ne saurait tolérer plus longtemps les atteintes à la dignité et l’honorabilité de son président et de tout son peuple», met en garde le gouvernement, dénonçant «une tentative de déstabilisation du Gabon à travers des attaques infamantes contre la première institution de l’Etat».

Le porte-parole du gouvernement, René Ndemezo’o Obiang, a conclu soulignant avec insistance «le risque que la récurrence d’un tel acharnement complice des médias français et de certains acteurs contre le président de la République gabonaise, ne ternisse gravement les relations historiques qui unissent le France et le Gabon».

Dans une interview accordée au quotidien l’Union, le secrétaire général du Parti démocratique gabonais (PDG, au pouvoir), Faustin Boukoubi, a invité «les commanditaires de cette cabale (…) à faire attention aux intérêts de leur pays au Gabon».

Depuis la fin du mois de février, la presse française a largement relaté la saisie des comptes bancaires en France du président gabonais, après que celui-ci eut été condamné dans ce pays à rembourser les 457 347 euros versés par un Français pour faire libérer son père détenu à Libreville en 1996.

Les relations diplomatiques entre les deux pays avaient déjà été troublées par les expulsions au mois de février dernier de deux étudiants gabonais en France en violation des accords d’immigration entre les deux pays et la diffusion sur les chaînes publiques françaises d’un reportage sur les biens immobiliers du président Bongo à Paris.

Le nouvel embrasement de l’axe Paris-Libreville pourrait cette fois-ci avoir des répercussions sur les intérêts économiques français au Gabon et dans la pratique, sur les ressortissants français au Gabon.

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