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France-Afrique : Les “bons petits nègres” de la droite française

Après la visite de Ségolène Royal au Sénégal où elle a présenté ses excuses pour le discours de Dakar du chef de l’Etat français qui affirmait que l’africain n’est jamais entré dans l’Histoire, un élu de l’Union pour la majorité présidentielle (UMP) a tenu des propos méprisants sur Ségolène Royal habillée à l’africaine, en déclarant qu’elle lui faisait penser à sa femme de ménage. Depuis le maladroit discours de Dakar du président Sarkozy, jusqu’aux expulsions arbitraires des Africains de France et les conditions précaires de rétentions dont ils sont victimes, la droite française au pouvoir se dessine les traits d’un racisme primaire basé sur des à priori coloniaux d’un autre temps.

Les femmes en tenue africaine sont-elles comparables à des femmes de ménage ? Les propos tenus par l’élu de l’Union pour la majorité présidentielle (UMP) sur Ségolène Royal mettent en lumière les préjugés racistes dont la droite française transpire régulièrement.

Dans une émission de Canal+, on voyait le conseiller UMP du 15e arrondissement de Paris, Alain Destrem, se moquant de la photo de Ségolène Royal habillée en tenue traditionnelle africaine. Interrogé par les journalistes de la chaîne pour savoir à quoi lui faisait penser cette photo, il avait répondu qu’«à travers cette image (…) je vois ma femme de ménage»(sans doute travailleuse clandestine et sous payée).

Face à la polémique suscitée par ces propos racistes, l’élu UMP a expliqué que cette remarque «n’a été que la manifestation de l’indignation face aux déclarations irresponsables de Madame Royal, demandant pardon aux Africains pour le discours prononcé par Nicolas Sarkozy à Dakar en 2007».

«Tout ceci m’est apparu bien éloigné de l’image que l’on peut avoir d’une femme politique d’envergure, au demeurant ancienne candidate à la Présidence de la République», a-t-il ajouté.

En séjour dans la capitale sénégalaise, la secrétaire générale du PS avait demandé pardon aux Africains pour le «discours de Dakar» prononcé en 2007 où le président français avait déclaré que «l’Afrique n’était pas encore entrée dans l’Histoire».

«Je vous le dis en confidence, ces paroles n’engagent ni la France, ni les Français», a-t-elle déclaré à Dakar lors de son séjour du 4 au 9 avril dernier.

Et d’ajouter, «honneur aux historiens de l’Afrique qui ont rappelé au monde que non seulement l’Afrique était le berceau de l’humanité mais qu’elle était avec l’Asie mineure le berceau de la civilisation humaine».

Ces déclarations n’étaient évidemment pas du goût de l’UMP qui face à ce coup d’estoc, a bien dû laisser échapper tout ce qu’elle avait sur le cœur.

Cette nouvelle maladresse met en lumière les vieux démons racistes, archaïques mais renaissant sans cesse de leur cendres, que transpire régulièrement la droite française au pouvoir. Est-il besoin à cet effet de rappeler que le président Sarkozy a été élu grâce aux voix qu’il était allé subtiliser au Front national, le parti d’extrême droite français.

Ces positions «primaires» se manifestent par ailleurs encore chaque jour dans l’hexagone, eu égard au traitement des Africains de France dont on ne compte plus les expulsions arbitraires, en violation des accords concertés d’immigration avec le Gabon, par exemple.

Les conditions de détention des Africains frappés, souvent de manière illégitime, d’une Obligation de quitter le territoire français (OQTF), sont également régulièrement dénoncées, de même que le déni du droit à minima, pour ces ressortissants, de récupérer leurs effets personnels, de prévenir leurs familles ou ne serait-ce que de passer un coup de téléphone.

Dès lors des allégations que celles de l’élu de l’UMP laissent penser que de nombreux acteurs de la droite française au pouvoir ne voient encore l’Afrique que comme un regroupement d’assistés humanitaires qui frappent à la porte de la France pour en balayer les rues et ramasser les ordures.

Que penser alors des visites «de courtoisie» du président français en Afrique pour y signer de gros contrats miniers ? Si les ressources des Africains se négocient pays par pays, les Africains en France sont encore tous traités à la même enseigne, en dépit des «accords d’immigration concertés», dont il faudrait, semble-t-il, que les préfectures françaises soient avisées.

Exprimez-vous!

  1. Le but d’un représentant français en Afrique est de garantir le statut séculaire de la francophonie industrielle dans la région, quitte à la stabiliser et d’apporter un semblant d’idéal exotique dans une machinerie continentale contrainte à une efficacité urgentiste qui ne laisse que peu de place à la poésie politique.

    Chaque président français a sa manière de consommer l’Afrique.
Si l’on observe l’histoire récente, on peut constater une rupture, l’actuel élu du peuple préfère manger sur place afin d’éviter les agents dormants alors que son prédécesseur optait pour le doggy-bag et poussait même la coquetterie jusqu’à en faire un musée.

    Le principe de la visite officielle a aussi comme vertu de stimuler le secteur culturel.
Les historiens, les journalistes, les défenseurs des droits de l’homme et les troubadours en tout genre peuvent mettre à disposition des idées apparemment philanthropes, mais bon marché.La suite :
    http://souklaye.wordpress.com/2009/03/26/bloc-note-tintin-en-afrique/

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