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Gabon: Médias: 4 ans d’existence, 3 procès contre « La Nouvelle République »

Le directeur de publication de « La Nouvelle République », Ignace Bodou Mimongo, a indiqué, que 3 procès avaient été intentés à Libreville contre ce journal gabonais depuis sa création en 2005 dont l’un a été validé et deux autres abandonnés par la justice.

« Nous n’avons jamais perdu des procès tout juste quelques amendes. Et, nous avons des avocats qui travaillent pour nous », a précisé le patron de La « Nouvelle République », Ignance Bodou Mimongo, qui a rendu visite ce mercredi, à GABONEWS, dans l’optique de la célébration, le 3 mai, de la Journée internationale de la liberté de la presse

Actuellement, une affaire oppose un ex-édile de Libreville à ce journal privé d’informations générales qui tire à trois mille exemplaires et ayant choisi un quartier populaire, le PK8, sur la Nationale 1, pour y installer ses bureaux.

« Notre publication ne se considère pas comme victime de qui que soit », a souligné M. Bodou Mimongo qui conseille que « Dans un paysage politique, il faut éviter de baisser les bras en plein combat ».

« La liberté de la presse s’arrache. Nous ne nous sentons pas victimes mais en plein combat et c’est çà le journalisme ! On parle ici et là de 4ème pouvoir, ce n’est pas pour rien. En Europe, nos confères ont démontré qu’ils avaient leur place dans la société. La vitalité de la démocratie ne peut se passer de liberté de la presse et de la pertinence des journalistes dans leur enquête », a-t-il précisé.

Au moment où d’aucuns perçoivent le Conseil National de la Communication (CNC), organe de régulation, comme « répressif », Ignace B.Mimongo s’inscrit, lui, sur un autre registre.

Selon lui, « le Conseil National de la Communication ne nous a pas identifié comme étant une presse différente des autres. Les 9 membres de cette institution reconnaissent plutôt que nous faisons correctement notre travail et c’est tout à fait naturel que nous ayons des procès. J’avoue que de façon individuelle, nous n’avons jamais été ‘’tancé’’ par le CNC ».

Le Directeur de « La Nouvelle République » dont les effectifs tournent autour d’une dizaine de journalistes permanents et de collaborateurs extérieurs, a défini la ligne éditoriale de ce journal d’opinions.

« Nous pratiquons un journalisme pour éduquer. Il ne suffit pas d’informer, mais il est aussi important d’élever le niveau du débat et c’est cet aspect qui n’a été pas encore bien intégré dans notre corporation. Non seulement, nous dénonçons mais également faisons la promotion de la démocratie. Naturellement, nous dénonçons les écarts de conduite des hommes politiques qui dirigent ce pays, nous nous intéressons également aux faits divers. Je le disais, nous sommes victimes d’un procès après qu’un ancien Maire de Libreville ait décidé d’ester en justice », a déclaré I.B. Mimongo, sans pour autant baisser la garde.

Mais, pourquoi donc « La Nouvelle République » ? A cette question il répond « C’est une dénomination que nous avons trouvée logique. Rassurez-vous, Elle n’a rien avoir avec le futur paysage politique gabonais. Peut être que beaucoup ont pensé que c’est l’après- Bongo, mais rien à avoir avec cela. C’est un nom choisi, bien pensé. Il n’y a pas d’autres explications à cela. Nous avons conscience qu’il s’agit d’un journal qui dérange, qui fâche au moment où la plupart des journalistes, ici, caressent dans le sens du poil », avant de réfuter la thèse selon laquelle « il y a des mains obscures (pouvoir ou opposition) qui se cachent derrière ce journal. Nous ne travaillons pour personne. Nous sommes un journal d’opinions et, par conséquent, libre ! Nous sommes la voix des sans voix, des gens qui n’ont pas de moyens d’expression et qui ne connaissent même pas leurs droits».

Dans ce contexte, le foisonnement des journaux au Gabon participe-t-il de la liberté de la presse ? Pour cela, Igance Boudou Mimongo affirme que « déjà, les procédures pour pouvoir créer un journal ne sont pas très compliqués. Mais, la question est de savoir est-ce qu’ils sont crédibles, ces journaux ? Est-ce qu’ils contribuent à l’édification ou à l’éducation de la population ? Est-ce qu’ils contribuent à l’enracinement de la démocratie ? Beaucoup de journaux paraissent pour se faire de l’argent avec des mains noirs derrière ».

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