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Afrique du Sud: Zuma va annoncer la composition de son gouvernement

Le nouveau président sud-africain, Jacob Zuma, à la tête de la première économie du continent noir, va annoncer dimanche la composition de son gouvernement, dont la mission sera de réconcilier un pays aux disparités sociales croissantes.

« Les rêves et les espoirs de tous les citoyens de notre pays doivent devenir réalité », a promis le tribun zoulou, 67 ans, lors de son discours d’investiture samedi. « Ni la complaisance ni le cynisme, ni les excuses n’ont lieu d’être », a-t-il insisté, alors que 43% de la population vit toujours avec moins de deux dollars par jour quinze ans après la chute du régime d’apartheid.

Son parti, le Congrès national africain (ANC) au pouvoir depuis 1994, a recueilli près des deux-tiers des suffrages le 22 avril après une campagne axée sur la lutte contre la pauvreté et l’amélioration de services publics déficients.

Accès au logement, aux soins, à l’éducation, à l’emploi: autant de besoins essentiels que l’ANC a promis de satisfaire, répondant à la frustration de dizaines de millions de Sud-Africains, laissés-pour-compte du décollage économique favorisé par l’ex-président Thabo Mbeki.

Mais les circonstances ne sont guère favorables pour le nouveau chef de l’Etat, qui a bénéficié pour son ascension au pouvoir du soutien de l’aile gauche de l’ANC, du Parti communiste et de la confédération syndicale Cosatu.

Le Fonds monétaire international (FMI) prévoit une contraction de l’économie sud-africaine en 2009, la première en dix-sept ans. Depuis le début de l’année déjà, 208.000 emplois ont été supprimés, alors que le taux de chômage frôle les 40% en raison notamment de graves carences en personnel qualifié.

« L’impact (de la crise mondiale) ne nous épargnera pas, nous commençons à en sentir les effets », a reconnu samedi le président. « Toutefois, les fondations de notre économie sont solides et nous allons pouvoir bâtir dessus », a-t-il noté.

La composition de l’équipe dont Jacob Zuma va s’entourer est d’autant plus fondamentale que le président doit rétablir la confiance auprès d’une partie de la population qui ne lui fait pas crédit. Plus de la moitié des Sud-Africains doutent de sa probité même si des poursuites contre lui pour corruption ont été abandonnées juste avant les élections.

Selon des informations de la presse sud-africaine, il devrait s’appuyer à la vice-présidence sur l’intègre Kgalema Motlanthe, qui a assuré l’interim à la tête de l’Etat pendant sept mois.

L’artisan de la croissance post-apartheid et chouchou des investisseurs, Trevor Manuel, devrait quitter le ministère des Finances qu’il dirige depuis treize ans, mais le chef de l’Etat entend le garder dans son gouvernement, sans doute à un poste de supervision.

Il est également vraisemblable que Jacob Zuma reconduise au ministère de la Santé la solide Barbara Hogan, qui a repris en septembre un secteur délabré, avec la responsabilité d’enrayer la pire pandémie de sida au monde après des années de déni. « Il y aura du neuf et du vieux » au gouvernement, résume l’analyste Adam Habib. Pour réussir, le président va devoir « équilibrer les priorités, à droite comme à gauche. C’est là son grand défi. »

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