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Gabon et Niger : des travailleurs sacrifiés par Areva

Un documentaire télévisé vient de montrer ce qu’a été et ce qu’est l’exploitation minière de l’uranium, par Areva, au Gabon et au Niger. Le constat est accablant.

Au Gabon, des mines ont été exploitées durant quarante ans, de 1958 à 1999, par la Comuf, une filiale d’Areva. Lorsque les enquêteurs y reviennent aujourd’hui avec des compteurs pour mesurer la radioactivité, ils sont épouvantés par les doses plusieurs fois supérieures à la normale, qui restent dans les environs. Pas seulement dans les anciennes mines, aujourd’hui condamnées et transformées en lacs, mais dans tout le voisinage. Les femmes vont laver le manioc dans des mares radioactives. Pire que tout peut-être, les maisons de ce qui a fini par devenir une petite ville de 7 000 habitants ont été construites avec des minéraux récupérés sur les terrains miniers, et les maisons sont radioactives. Certains bâtiments publics également, ainsi qu’une digue sur une rivière…

Bref, il s’agit d’une véritable entreprise d’assassinat, les anciens mineurs malades et qui meurent, souvent de cancer, sont légion. D’ex-cadres européens expatriés en Afrique ont, eux aussi, été victimes de cette mine.

Ce qui reste aujourd’hui, on peut le constater, mais les anciens salariés de la Comuf expliquent qu’ils travaillaient sans aucune protection et sans aucune mise en garde sur les dangers de la radioactivité. Ils étaient juste bons pour crever quelques années après leur travail… Et jamais les mineurs ni leurs familles n’ont reçu la moindre aide de la Comuf, aujourd’hui disparue, ni d’Areva qui, elle, existe toujours.

Le documentaire montrait aussi les mines d’uranium d’Areva au Niger. Une mine nouvelle va être ouverte à Imouraren dont les dirigeants nous expliquent que, cette fois, pour celle-ci, toutes les précautions seront prises. C’est évidemment à voir : le documentaire mentionnait un cadre français qui venait déjà de mourir d’un cancer et surtout les mines exploitées depuis 1968 à Arlit, une autre ville du Niger, donnent lieu à la même pollution radioactive que l’on constate aujourd’hui au Gabon.

Ce que l’émission ne disait pas, c’est d’ailleurs qu’Areva projette de reprendre l’exploitation de l’uranium au Gabon. Une délégation d’Areva, conduite par la patronne, Anne Lauvergeon, vient de rencontrer le nouveau chef d’État gabonais, Bongo Odimba (fils d’Omar Bongo) qui s’est montré enthousiasmé par ces projets.

Pour faire bonne mesure, Areva annonce la mise en place d’un « observatoire de santé » pour « regarder effectivement s’il y a des problèmes ou non ».

Des problèmes, il y en a, cela crève les yeux. Cinquante ans après l’ouverture de la mine, dix ans après sa fermeture, il y aura peut-être des plaintes en justice qui risquent de traîner des années, d’autant que l’État gabonais ne voudra faire nulle peine aux intérêts français. Peut-être certaines victimes recevront quelques indemnités. Mais qui reconstruira les maisons et même l’ensemble de la ville ? Et personne ne fera revenir tous ceux qui sont morts ou qui vont mourir.

                         source: lutte ouvriere

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