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Des indépendances des Etats-d’Afrique francophone: Indépendances dites-vous?

Nous Diaspora Gabonaise Unie DIAGAU, nous portons en nous  l’Histoire de ces peuples d’Afrique qui luttent depuis cinquante ans pour disposer du droit à notre souveraineté.

de ce général Charles  de Gaulle résistant français, qui appela à  l’aide les peuples d’Afrique afin de sortir son pays de la tragédie orchestrée par Adolphe Hitler. Cette tragédie écorcha la question de la dignité, de la liberté et de l’intégrité spatiale du peuple français.

Malgré tout, la conférence de Brazzaville du  30 janvier au 8 février 1944, convoquée et inaugurée par Le général de Gaulle avait pour objectif principal la conservation de l’Empire colonial français pour faire face à la domination « très feutrée » des Etats Unis et de l’URSS.

Le discours du général de Gaulle à cette dite conférence ne changea pas l’idéologie coloniale française : les colonisés africains n’obtinrent pas la liberté tant désirée.

Le texte final, rédigé conformément aux souhaits du général de Gaulle, écarte l’idée d’émancipation des colonies en précisant que  « l’autonomie des colonies ne pouvait être envisagée que pour un avenir lointain : si l’y avait self-governments, ce ne pourrait être qu’à la suite d’une évolution assez longue et sévèrement contrôlée»[1]. Et le 13 octobre 1946  la Constitution de la IVe République intègre les colonies dans l’Union française, qui perpétue une tradition impériale oscillant entre assimilation et intégration. Il faudra attendre l’An 1960 pour que le général Charles de Gaulle dans le cadre de la reconstruction de la France d’après-guerre du plan Marshall et sous la pression de plusieurs mouvements africains encouragés par les deux grandes puissances (Etats-Unis et URSS), ainsi que l’Organisation des Nations Unies (ONU) veuille bien « octroyer » l’indépendance à ses « anciennes » colonies.

Mais de quelle Indépendance s’agit-il ?

Selon le Dictionnaire de l’Académie Française, le terme Indépendance désigne une «Situation, caractère d’un corps politique, d’un pouvoir, d’un organisme qui n’est pas dépendant d’un autre. État d’un peuple, d’un pays, qui n’est soumis à aucun pouvoir extérieur, qui se gouverne souverainement. » . Cette définition est-elle valable dans les Etats de l’Afrique francophone ? Comment concevoir une Indépendance quand la monnaie de nos pays est la chasse gardée de la Banque de France ? Comment parvenir à intégrer cette notion d’Indépendance si la présence militaire de la France en Afrique francophone et particulièrement au Gabon à pour but de protéger les potentats qui dirigent nos Etats ? Qu’y a-t-il de plus ridicule qu’une société dépourvue de tous les moyens nécessaires à son émancipation se considère comme étant indépendante ?

Des réalités troublantes nous emmènent à douter de cet état d’indépendance. Il s’agit des comportements des hommes politiques français, des réseaux diplomatiques d’influence français, des Français installés à Afrique et embourgeoisés (forestiers, mafieux corses qui tiennent toute l’industrie des jeux, compagnies aériennes, réseaux maçonniques…), mais aussi des sociétés et des multinationales qui gèrent le destin des pays de l’Afrique francophone.

Citons à titre d’exemples :

– Robert Bourgi , héritier des stratégies mafieuses de Jacques Foccart. Il appelait Joseph-Désiré Mobutu et Omar Bongo-Ondimba « papa ». Il a déclaré sans aucune ambiguïté qu’il ferait élire les fils de présidents africains à la succession de leurs pères. Son soutien sans faille à l’élection de Bongo-Ondimba Ali à la présidence de l’Etat gabonais en est une illustration. Les peuples africains ont beau crié au scandale ou au coup d’Etat électoral, au désir d’impartialité de la France en Afrique, il n’empêche que tous les chefs d’Etat de la Ve République n’en font qu’à leur tête. Tout récemment, Nicolas Sarkozy s’est illustré dans cette démarche négative en félicitant et en confirmant Bongo Ondimba Ali qui a succédé son père Omar Bongo Ondimba de manière frauduleuse en utilisant des fusils, des chars, des hélicoptères de guerre, aux fonctions de président de la République. Ce même Nicolas Sarkozy condamnait depuis Libreville la réélection de Mahmoud Ahmadinejad. La question de savoir pourquoi les politiciens (« pourriticiens » ?) courent faire allégeance et demander la bénédiction de l’Elysée à la veille de chaque élection présidentielle ne se pose finalement plus. Saviez-vous que lors de son passage à Paris, Paul Mba Abessole a déclaré que sa présence à la mairie de Libreville avait été effective grâce à Jacques Chirac, à l’époque roi de l’Empire français, qui avait demandé que notre  (ex ?)prêtre (mal) aimé fusse désigné maire? Elle est belle notre indépendance !

– Le groupe Total (autrefois Elf-Aquitaine) en sa qualité de multinationale fait la pluie et le beau temps dans les pays africains nantis de ressources pétrolières. C’est le mercenaire au service de la politique française en Afrique francophone qui a fait et défait les chefs d’Etat. (Eh oui, le temps de Bob Denard, illustre mercenaire français est révolu). François-Xavier Verschave[2] souligne clairement l’implication du groupe dans le coup d’Etat qui a évincé le Professeur Pascal Lissouba du pouvoir au Congo Brazzaville le 15 octobre 1997 et qui se solda par plus de 500.000 morts. Au Gabon, 75% du pétrole reviennent naturellement au groupe Total qui fixe depuis toujours les règles d’exploitation et de commercialisation de cette ressource dans les marchés internationaux.

Et comment les peuples d’Afrique endurent-ils cette Indépendance ? La réponse est sans ambiguïté :

–          dans le regard d’une mère qui voit son fils mourir de paludisme,

–           dans les yeux d’une fillette qui regarde le cadavre de son père assassiné par la milice, tatouée dans les larmes d’un universitaire accablé par la censure,

–          dans la voix du peuple réduit au silence à coup de fusils et de couvre-feux.

–          Aux éclats, elle ricane dans le soutien sans faille de l’Elysée aux dictateurs de la nouvelle génération et dignes fils de leurs pères. Honteuse, elle s’éclabousse également dans l’indécente et macabre misère dans laquelle végète un peuple endolori par des systèmes dépendants. De Gaulle déclara « L’indépendance c’est la clochardisation »[3]. Et voici des peuples clochardisés depuis 50 ans !

Alors pensez-vous que nous DIAGAU, devons rire de ce chao ? Devons-nous ressentir une fierté de voir des présidents (valets ?) africains arriver en France pour participer à la célébration de la révolution française, un événement chargé de symboles de liberté, d’égalité et fraternité pour le peuple français ?

NON ! Nous nous battons pour que se lève ce jour d’émancipation et d’indépendance véritable tant chanté avant nous par les « Griots », conté par les « Mbonvett », déclaré par les « Moulombis »…le peuple continu de se battre pour ce jour à venir de véritables Indépendances. 




DIAGAU | DIASPORA GABONAISE UNIE
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[1] AGERON (R.-C), «  la Deuxième Guerre mondiale et ses conséquences pour l’Empire », in Histoire de La France coloniale : III-Le déclin, 1931 à nos jours, paris,  Armand Colins, 1991,  p199

[2] François-Xavier Verschave, De la Françafrique à la Mafiafrique, Tribord, 2004.

[3] Général de Gaule,  « Anthologie des discours, 1940-1960 ».

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