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Descente du procureur de la République dans la réalité carcérale

Le procureur de la république près le tribunal de première instance de Libreville, Sidonie-Flore Ouwé, ne cesse de multiplier les visites inopinées pour s’enquérir des réalités qui résultent des pratiques relevant de ses compétences.

Dix jours après sa première décente inattendue sur les différents marchés de la capitale gabonaise dans le cadre d’un contrôle de balances truquées, le tour est revenu le 7 mars dernier pour Sidonie-Flore Ouwé de s’enquérir des conditions d’hygiène dans lesquelles sont soumis les gardés à vue dans les unités carcérales de Libreville.

La descente s’inscrit dans le cadre des missions du parquet de la République. Elle se conforme à l’article 50 du Code de procédure pénale qui stipule en son alinéa 3 que, «le représentant public peut, à tout moment, s’enquérir de l’application du respect des conditions de nutrition et d’hygiène des personnes en garde à vue (…) Pendant la durée de la garde à vue, il est fait obligation d’entretenir la personne en parfait état de nutrition et d’hygiène, article 50 et suivant du Code de procédure pénale.»

La visite intervient, par ailleurs, dans le cadre de la journée citoyenne instaurée en juillet 2010 par le gouvernement gabonais. «Étant nous-mêmes impliqués dans cette journée citoyenne et en considération de ce que, c’est une question qui touche de très près le ministère de la Justice, notamment celle du droit de l’homme, à travers les conditions dans lesquelles ces personnes sont gardées», a laissé entendre Sidonie-Flore Ouwé.

Du commissariat de Nkembo à la Préfecture de police de Libreville en passant par la Direction générale des recherches ou le Gros-Bouquet, le constat fait par l’autorité judiciaire et sa suite sur les conditions d’hygiène des gardés est répugnant : odeur nauséabonde, toilettes bouchées, absence d’eau et de lumière, une situation alarmante pour les présumés innocents.

«La justice prendra à bras le corps, ces questions, liées au respect des droits de l’homme, qui passent entre autres par le respect des conditions d’hygiène que l’on doit observer à l’endroit des personnes en difficulté avec la loi et encore couvertes par la présomption d’innocence», a rassuré le procureur.

«Ces personnes mises en garde à vue ont le droit de réclamer les conditions d’hygiène dans lesquelles elles doivent passer leur séjour en milieu carcéral. Le parquet de la République qui, effectivement, est le prolongement du ministère de la Justice, continuera à faire respecter ces lois», a avisé Sidonie-Flore Ouwé.

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