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François Hollande élu avec 51,67% des voix : «Je serai le président de tous»

François Hollande s'est exprimé place de la Bastille devant une foule en liesse, où il a remercié les Français. | AFP/FRANCK FIFE
François Hollande est devenu ce dimanche 6 mai le septième président de la Ve République. «Beaucoup attendaient ce moment depuis de longues années.

Je suis fier d’avoir été capable de redonner espoir», a lancé le candidat socialiste qui offre à la gauche sa première victoire à une présidentielle depuis 1988, trente et un ans après la victoire de François Mitterrand.

Selon les chiffres du ministère de l’Intérieur, hors Français de l’étranger; il obtient 51,67% des voix face à Nicolas Sarkozy, (48,33%). Le taux d’abstention est de 18,96%. Quelque 17,8 millions de suffrages se sont portés sur le président élu, 16,7 millions sur son prédécesseur et 2,1 millions d’électeurs ont voté blanc ou nul, selon cette totalisation portant sur plus de 45 millions d’inscrits et 36,6 millions de votants. Le taux d’absention est de 18,97% (contre 20,7% au premier tour cette année et 16,03% au second tour de 2007), soit 8,6 millions de personnes.

Le candidat socialiste comptait une «victoire ample», soit 52% des voix au moins. «Si les Français doivent faire un choix, qu’ils le fassent clairement, massivement, qu’ils donnent à celui qui sera investi toutes les capacités et les moyens d’agir», avait déclaré vendredi le député de Corrèze. Il s’en approche.

Les résultats des Français de l’étranger devraient être connus lundi matin, tandis que la proclamation officielle des résultats par le Conseil constitutionnel doit intervenir d’ici à jeudi.

Depuis Tulle, François Hollande a adressé un «salut républicain à Nicolas Sarkozy». Avant de promettre : «Je serai le président de tous.» «Ce soir, il n’y a pas deux France, il n’y a qu’une seule nation réunie dans le même destin. Chacun sera traité avec les mêmes droits et de devoirs. Trop de fractures, trop de ruptures ont pu séparer nos concitoyens. C’en est fini !». Le nouveau président a promis de faire avancer «la cause de l’égalité» dans les cinq ans à venir et de ne pas être le président de l’austérité, sur fond de crise. A 57 ans, celui que personne n’attendait, qui n’a jamais exercé de responsabilité ministérielle et était donné battu à la primaire PS jusqu’à la mise hors course de Dominique Strauss-Kahn il y a un an à New York, accède à l’Elysée. «Qui avait imaginé qu’un jour…? Oui, je l’avais imaginé !» a clamé le président élu depuis son fief de Tulle.

La passation de pouvoirs entre les deux hommes devrait avoir lieu aux alentours du 14 mai.

Jusqu’au dernier jour, les partisans de Nicolas Sarkozy ont voulu croire à un miracle. En vain. Au terme de cinq ans d’une «hyperprésidence» énergique mais souvent décriée, le candidat UMP a été battu, victime de son impopularité et de la crise.«Je porte toute la responsabilité de cette défaite», a déclaré le président sortant à la Mutualité, devant ses partisans. «C’est un choix démocratique, républicain, François Hollande est le président de la France et doit être respecté. Ne donnons pas le mauvais exemple», a-t-il souligné, avant d’ajouter qu’il ne conduirait pas les législatives pour l’UMP. «Je m’apprête à redevenir un Français parmi les Français.»

La défaite de Nicolas Sarkozy dimanche ouvre une période de fortes turbulences à l’UMP, sur la ligne politique comme sur le leadership, même si les ténors du parti espèrent préserver une certaine unité au moins jusqu’au «troisième tour» des législatives, en juin. Malgré la déception, tous les responsables de la majorité se sont relayés, avec pour mots d’ordre : «l’unité» et «il faut gagner les législatives». Ou du moins éviter qu’elles ne soient catastrophiques pour les 305 députés UMP sortants.

Le président battu avait donné le ton en recevant à l’Elysée sa garde rapprochée, dont le Premier ministre François Fillon, Alain Juppé, Jean-François Copé, Xavier Bertrand et Rachida Dati. «Ne vous divisez pas, restez unis. Il faut gagner la bataille des législatives. Elle est gagnable. Le score (de dimanche) est honorable», leur a-t-il lancé.

Un bon scénario pour Le Pen

Sur les huit candidats éliminés au premier tour, cinq avaient choisi le candidat socialiste, alors qu’aucun ne s’était prononcé pour le président-candidat de l’UMP. Plombé par une impopularité chronique, Nicolas Sarkozy, 57 ans, comptait notamment sur un excellent report des 6,4 millions d’électeurs de Marine Le Pen (FN). Or seulement 51 à 58% des électeurs FN l’ont choisi, selon trois instituts de sondages Après ceux d’Irlande, du Portugal ou d’Espagne, il devient le dernier dirigeant en date désavoué par les électeurs dans un contexte de crise économique et de la dette en Europe.

Avec ses 17,90% au 1er tour et la défaite au second tour de Nicolas Sarkozy, sur laquelle elle comptait, Marine Le Pen sort renforcée du scrutin présidentiel. Mais la présidente du parti d’extrême droite doit maintenant transformer l’essai aux législatives, où son succès dépendra en partie du degré de turbulences à l’UMP. Le Front national peut provoquer des dégâts au sein de la sroite lors des prochaines législatives. Il est crédité dimanche soir de 15 à 18% des intentions de vote au premier tour , en 3e position.

Les centristes devraient, eux, profiter du contre-coup à droite de la défaite de Nicolas Sarkozy pour tenter de recomposer leur famille politique divisée, avec ou sans François Bayrou qui, pour certains, a franchi la ligne jaune en se prononçant pour François Hollande.

Le Parisien avec AFP
Publié le 06.05.2012, 18h34 | Mise à jour : 07.05.2012, 07h53

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