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Crise au sein du pouvoir d’Ali Bongo

Ndong Sima et Ali Bongo
Le retour annoncé d’André Mba Obame est sans doute passé par là, et la rencontre Hollande-Ali Bongo commence à produire des effets dans le camp du pouvoir usurpé. Raymond Ndong Sima, premier ministre et chef du gouvernement, dont la démission est attendue, vient d’en faire les frais, le poste servant de fusible pour protéger le chef.

Le retrait de l’appel à une large concertation nationale publié hier en constitue le point de départ d’autant plus que Raymond voulait tout simplement mettre en œuvre l’idée qu’il avait lancée lors de son discours de politique général du 12 avril 2012, acceptée et autorisée et par le conseil des ministres présidé par Ali Bongo himself le 14 juin 2012.

Mais c’était sans compter sur la réaction des durs du régime, piqués au vif par l’humiliation subie par Ali Bongo à Paris et les nouvelles conditionnalités imposées par la France au dictateur de Libreville pour la poursuite de la coopération avec lui.

Si on peut reprocher à Ndong Sima d’avoir antidaté son communiqué et de l’avoir diffusé trois jours seulement après le retour du raïs à Libreville, nulle ne peut lui reprocher la méthode participative qui est la sienne et le choix de la plupart des thèmes inscrits à l’ordre du jour de sa concertation avortée.

Cependant, en invitant les gabonais à procéder au diagnostic du pays, Ndong Sima accréditait l’idée que le Gabon est malade, donc celle de la crise politique, et reconnaissait par ailleurs que l’émergence n’avait pas eu d’effet escompté à savoir guérir le malade, d’où le retrait de cette thérapie qui n’était finalement qu’un simple placébo, et la signature de l’acte de décès de l’émergence.

C’est cette assertion que les durs du régime ont exploité pour nier à Ndong Sima la qualité que lui confère la Constitution en son article 28 à savoir que « Le Gouvernement conduit la politique de la Nation, sous l’autorité du Président de la République et en concertation avec lui ».

Il est d’ailleurs étonnant de croire que Raymond Ndong Sima aurait décidé tout seul de consulter les institutions telles que le parlement, la cour constitutionnelle… sans l’aval d’Ali Bongo. Le procès qui lui est fait est donc un faux procès, un procès en sorcellerie, et les arguments évoqués dans son communiqué de retrait ne sont donc pas convaincants.

De là à conclure qu’avec ce retrait la page est tournée comme le pensent certains compatriotes, c’est nier que les lendemains difficiles pointent à l’horizon pour Ali Bongo qui, sous une double pression dont celle de la France et celle de la rue d’un côté, et celle des faucons de son parti et de son système de l’autre, doit comprendre que le peuple sera le seul vainqueur de cette bataille dont l’enjeu est la consolidation de notre système démocratique, qu’il ne veut plus être gouverné contre sa volonté, car la crise de confiance s’est installée entre son pouvoir et le peuple, et que désormais, c’est la voix du peuple qui sera souveraine.

En écoutant les extrêmes, tel Michel Ogandaga (qui vient de signer sa mort), qui le conseille « de chicoter les opposants en direct et sans pitié », Ali Bongo ne choisit-il pas le même chemin que les dictateurs arabes qui viennent de tomber piteusement plus bas que terre, et de figurer dans la longue liste des potentats dont relateront les chroniques des rois sanguinaires ?

Si la fin de Bachar Al-Assad est proche, celle d’Ali Bongo est encore loin, mais à une seule condition : qu’il convoque la conférence nationale souveraine au plutôt.

PETIT-LAMBERT OVONO

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