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Cameroun-Gabon : Création d’une commission mixte permanente de sécurité transfrontalière

Les autorités camerounaises et gabonaises ont convenu de mettre sur pied mercredi à Yaoundé, au terme de trois jours de travaux d’experts suivis d’une réunion ministérielle, une commission mixte permanente de sécurité transfrontalière ayant pour but de faciliter la gestion des flux migratoires entre les deux pays voisins, selon des sources officielles. Membres de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC, qui comprend par ailleurs le Congo, la Guinée équatoriale, la République centrafricaine et le Tchad), le Cameroun et le Gabon se caractérisent par des relations souvent émaillées par « des petites difficultés (..) au plan à la fois consulaire et également au niveau de la sécurité transfrontalière », reconnaît le ministre camerounais des Relations extérieures, Pierre Moukoko Mbonjo.

« Vous imaginez que ceux qui habitent à côté des frontières n’ ont pas de document de voyage. Le document de voyage internationalement reconnu, c’est le passeport. Comment demander à quelqu’un qui est dans un village de venir vers Yaoundé pour se faire établir un passeport pour se rendre à 15 km de la frontière, voir un parent au Gabon, ou vice versa ? », note en outre le ministre gabonais de l’Intérieur, Jean-François Ndongou.

Selon celui-ci, la mise en place de la commission mixte permanente de sécurité transfrontalière va « permettre d’avoir des documents qui vont permettre à nos citoyens de circuler entre les deux pays, sans pour autant qu’ils aient un passeport ».

Avec la Guinée équatoriale, le Gabon rechigne, sous prétexte d’éviter d’être envahi par les ressortissants de ses voisins, à appliquer la libre circulation des personnes et des biens au sein de la CEMAC à travers un passeport communautaire émis depuis 2006 par les quatre pays de cette région dont le Cameroun.

Cette situation représente un sérieux handicap dans la promotion de l’intégration économique régionale prônée par l’Union africaine (UA), regrettent les analystes économiques.

Pour Ndongou encore, la commission de sécurité transfrontalière représente aussi une réponse au problème de braconnage qui préoccupe au Gabon à l’égard des espèces animales protégées, y compris au Cameroun.

« Nous avons les questions de braconnage : lorsque nous, nous poursuivons des braconniers au Gabon, ils viennent se réfugier au Cameroun. Comment poursuivre ces gens-là lorsqu’ils se trouvent maintenant au Cameroun ? Il nous faut un instrument de coopération », a-t-il dit à la presse.

Le qualifiant de « pas très important dans la facilitation de la circulation des flux humains, économiques et commerciaux » entre les deux pays, Moukoko Mbonjo précise aussi que cet organe consiste à « mutualiser nos efforts dans la lutte contre toute forme de criminalité frontalière ».

« Je voudrais situer, a-t-il indiqué, la signature de cet accord dans un cadre global. Le chef de l’Etat, Paul Biya, nous a instruit de négocier avec les six pays frontaliers ce type d’accord. Le 28 février dernier, un accord de sécurité transfrontalière a été signé à Abuja avec la République fédérale du Nigeria. Le 30 août, nous avons signé le même accord ici même dans cette salle avec la République de Guinée équatoriale ».

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