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Gabon : Plysorol veut retrouver ses droits

Le bois pèse pour 6% du PIB gabonais (hors-pétrole), et le secteur supporte environ 15 000 emplois directs et 5 000 emplois indirects. © AFP
Alors que la société française Plysorol, ex-leader européen du bois contreplaqué, doit fermer ses portes, elle se bat pour récupérer son principal actif : ses droits d’exploitation sur 600 000 hectares de forêt au Gabon.

La semaine dernière, le tribunal de commerce de Lisieux a prononcé la liquidation judiciaire du groupe français Plysorol, signant la fin des activités de cet ancien leader du contreplaqué, né en 1907. Depuis une trentaine d’années, l’entreprise a changé de mains à plusieurs reprises avant de prendre le nom de Plysorol en 2000. Les difficultés se sont accumulées si bien qu’elle a dû déposer le bilan fin 2008, date à laquelle elle a été rachetée par un groupe chinois, Honest Timber. Très mal gérée par ce dernier, elle a encore subi un redressement judiciaire avant d’être acquise en 2010 par l’homme d’affaires libanais Ghassan Bitar.

À chaque fois, c’est le trésor de guerre de la société qui était convoité par les repreneurs : 600 000 hectares de forêts gabonaises riches en Okoumé. Or le gouvernement gabonais les a retirés en décembre 2011 à Leroy Gabon, filiale de Plysorol, au motif que le cahier des charges d’exploitation n’était pas respecté, avant de les attribuer en févier 2012 au groupe John Bitar and Co, une autre société de Ghassan Bitar. Pour finir, ce dernier n’a pas apporté les 700 000 euros promis en juillet et qui étaient indispensables à un plan de continuation.

[B]Tout faire pour récupérer les forêts[/B]

La valeur des droits est à relativiser depuis que le Gabon a interdit l’exportation des grumes non transformés.

Me Philippe Brun, avocat du comité central de Plysorol, cité par l’AFP, s’étonne sur la façon dont les forêts ont été transférées au cours de chaque transaction : « Par un tour de passe-passe, elles échappent à la procédure collective. Il faut qu’elles reviennent dans le périmètre international de l’entreprise ». Pour lui, « il y a eu spoliation des forêts gabonaises » et il a décidé de saisir le procureur de la République à ce sujet.

Cependant, la valeur des droits sur la forêt gabonaise est à relativiser depuis que le Gabon a interdit en 2010 l’exportation des grumes non transformés. En effet, le projet de Plysorol était d’opérer le « déroulage » du bois sur place, mais d’effectuer le « plaquage » en France.

Ghassan Bitar aurait été reçu la semaine dernière par le ministre français du Redressement productif mais rien n’a filtré de l’entretien.

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