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Le stade de l’Amitié transformé en lycée

Faute de structures pour accueillir le trop plein d’élèves qui arrivent en 6e, le ministère l’Éducation Nationale, chargé de la Jeunesse et des Sports a choisi de transformer une partie du stade d’Angondjé où s’est jouée la dernière Coupe d’Afrique des nations de football, en collège. 40 salles de classes y sont aménagées d’urgence pour près de 2000 élèves en provenance du primaire.

Retombée inattendue de la Coupe d’Afrique des nations 2012, le stade d’Angondjé, nommé stade de l’Amitié lors de la dernière grande fête africaine de football, a été transformé en collège avec la rentrée des classes du 1er octobre dernier. Les pièces qui y avaient été aménagées pour les réunions techniques avant-match ou pour accueillir la presse et les VIP vont être réaménagées et affectées à quarante salles de classe. Près de 2 000 élèves, exclusivement en provenance du primaire vont y étudier durant l’année scolaire 2012-2013. Les sources du ministère de l’Éducation nationale n’indiquent pas s’il s’agit d’une solution pour la seule année académique qui démarre.

Le nouveau lycée public d’Angondjé, créé par décision du chef de l’État, n’est finalement pas sorti de terre. Il devait répondre à l’explosion de la population scolaire en provenance des écoles primaires, après la décision du ministère de l’Éducation nationale d’annuler le concours d’entrée en 6e et de recevoir au secondaire tous ceux qui ont eu une moyenne annuelle égale ou supérieure à 10/20. Le Premier ministre, Raymond Ndong Sima, a d’ailleurs indiqué, le 27 septembre 2012 lors d’une conférence de presse, qu’environ 7 000 nouveaux élèves étaient attendus en 6e cette année. Ce qui, par voie de conséquence, induit un déficit des structures d’accueil, en attendant l’effort du gouvernement pour l’augmentation du nombre de salles de classes.

Parents d’élèves désabusés

Le 1er octobre, jour de la rentrée des classes, rien à cet effet n’était pourtant prêt au stade d’Angondjé. Les enseignants manquaient à l’appel et les salles de classe n’étaient pas aménagées. Alors qu’il est prévu d’y créer 40 classes, 6 d’entre elles seulement étaient en cours de livraison tandis que le matériel didactique et de bureau était encore invisible.

Ce collège placé dans l’enceinte d’un complexe sportif a provoqué la désolation, l’inquiétude, la tristesse et même la colère de certains parents mis sur le fait accompli. Nombreux d’entre eux estiment que l’environnement n’est pas du tout adapté à la scolarisation des enfants. «Ce sont des décisions qu’on prend à deux jours de la rentrée des classes. Nous sommes inquiets. S’ils avaient envoyé ici des élèves des classes de terminales, on comprendrait parce que ce sont des élèves majeurs. Mais avec des mineurs comme ça qui arrivent en 6e et découvrent l’école secondaire, nous ne pouvons qu’avoir des inquiétudes», a vociféré un parent d’élève sur la chaine de télévision RTN. «Nos enfants sont très petits. Ils ont entre 9 et 13 ans et vont être placés dans un milieu jamais vu, dans un univers créé pour des matchs de football. On n’a même pas préparé les parents et au bout de quelques heures, je dis bien quelques heures, on a érigé cet endroit en lycée. Regardez l’étendue, regardez tout ce qu’il y a autour. Vous connaissez les petits enfants, qu’est-ce qui va se passer avec tous ces objets autour ?», a interrogé un autre parent d’élève.

Avantages de consolation

Après une première journée tendue entre encadreurs, décideurs du ministère de l’Éducation nationale et parents d’élèves, une autre réunion a été tenue, le 2 octobre, qui a permis de calmer l’ire de nombreux parents. Pamphile Toung Ndong, le proviseur de ce collège d’un autre genre, a décliné les avantages de son établissement : aucune classe n’aura plus de 50 élèves, les salles de classe seront climatisées et équipées d’ordinateurs connectés à l’Internet, les uniformes ainsi que le transport seront assurés durant toute l’année scolaire par l’État. La Société générale de transport public (SGTP) a en effet retenue pour desservir l’établissement.

La plupart des enfants affectés dans ce stade provenant de quartiers lointains, notamment de la Cité Mébiame, Diba-Diba, Ozangué ou Alénakiri, les parents ne se montrent pas rassurés. «Nous avons déjà vu à Diba-Diba ou à Montalier, pour ce qui est du transport promis. On commence quelque chose et il n’y a jamais de suivi. C’est ce qui nous inquiète, parce que la société de transport désignée n’est qu’un prestataire. Si le gouvernement n’honore pas sa promesse, la société va résilier son contrat. Nous craignons que, comme d’habitude, on crée quelque chose et il n’y a jamais de suivi», s’est inquiété un parent d’élève.

Certains parents indiquent que s’ils avaient été prévenus plus tôt, ils auraient pris d’autres dispositions. Ils déclarent donc avoir été placés dos au mur par le ministère de l’Éducation nationale et se demandent si «la mesure été murement réfléchie». Pourtant, en prévision de cette explosion de la population scolaire à cette rentrée des classes, un budget de 36 milliards de francs CFA avait été déterminé dont on a plus eu de nouvelles. On pense donc que des solutions autres que ce stade mondialement connu pour avoir abrité une compétition continentale de renom auraient pu être trouvées. Quid des édifices préfabriqués qui avaient été envisagés par certains techniciens du ministère concerné ? Quid des locaux actuellement vides de l’École secondaire des cadets de la Police (Escap) à Owendo, de la base de l’ancienne Sécurité mobile (SM) à la Zone industrielle où des concours de police ont souvent eu lieu, de l’immeuble de l’ancienne RTG inoccupé, bref. Ultime question : faute du stade omnisport président Bongo de Likouala, en cas de tournoi de football devant durer une semaine, les élèves seront-ils mis en congé obligatoire ?

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