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Qu’est-il réellement arrivé à André Mba Obame ?

L'opposant gabonais André Mba Obame, le 4 mai 2011 à Libreville (AFP/Archives, Wils Yanick Maniengui)
L’opposant gabonais André Mba Obame, le 4 mai 2011 à Libreville (AFP/Archives, Wils Yanick Maniengui)
«Et si André Mba Obame avait été empoisonné ?». Telle est la question que se posent bien de Gabonais s’intéressant à la vie politique nationale. Une interrogation revenue, le 5 juin 2013, dans l’hebdomadaire«La Une», ressuscitant par le même biais de nombreuses suspicions à l’endroit de certaines personnalités du monde médiatique et politique du pays. Des suspicions nourries par André Mba Obame lui-même, via un bref entretien exclusif accordé au journal le 1er juin dernier. L’économie de celui-ci.

«C’était une journée bizarre. Avec les candidats qui avaient décidé de me soutenir, notamment Jean Eyeghé Ndong, Paul Mba Abessolo, Claudine Ayo, Mehdi Teale, Jean Ntoutoume Ngoua, Eric Mauro Nguema, nous avions programmé trois meetings : Port-Gentil, Medouneu et Libreville. Un peu avant 8 heures, au moment d’embarquer pour Port-Gentil, un jeune homme vient nous trouver. En pleurs, il me supplie de ne pas monter dans mon avion parce que, disait-il, celui-ci avait été saboté. Je vous passe les détails […]. Finalement, c’est en délégation réduite que nous nous sommes rendus à Port-Gentil à bord d’un module de 8 places». Une journée pourtant plus chargée que «bizarre», ainsi que l’a qualifié Mba Obame qui s’exprime ainsi, rappelant au passage que le vol vers sa ville d’origine, Medouneu lui a été refusé par un agent de l’ASECNA de permanence à Port-Gentil.

En route pour Libreville, confie Mba Obame, «Dans la cabine c’était l’angoisse. Dieu merci, le vol s’est déroulé sans incident. Mais je dois au passage signaler un détail : Francis Salla Ngoua Beaud qui, jusque-là était de tous les meetings et déplacements, s’était curieusement absenté du voyage de Port-Gentil». Qu’à cela ne tienne, ce dernier, se rappelle l’interviewé, «on le retrouvera quelques heures plus tard au meeting de clôture à l’avenue Jean-Paul II». De ce détail fusent un certain nombre de doutes. Essentiellement : la personnalité sus citée, du monde médiatique, serait-elle l’auteur du prétendu empoisonnement ? Nul ne saurait l’affirmer.

Ainsi, se confiant à La Une, le secrétaire exécutif de la clandestine Union nationale (UN) a tenté de donner quelques explications à cette curieuse journée du 29 août 2009 pendant laquelle, tous ceux qui avaient fait le déplacement de l’avenue Jean-Paul II s’en souviendront : l’intéressé avait quitté le podium sur lequel il donnait son ultime meeting électoral, vraisemblablement été victime d’un malaise. L’incident, de la mémoire des Gabonais, avait déjà suscité vives rumeurs et bien d’allégations, plus invraisemblables les unes que les autres. A en croire André Mba Obame, c’est aux environs de 20 heures que ses ennuis de santé auraient commencé jusqu’à son état plus ou moins stable à ce jour. Mais l’homme politique, certain de sa popularité, prétend que seul un individu issu de son entourage aurait été capable de l’atteindre. A lire l’hebdomadaire La Une, le regard de l’homme pointe sur le célèbre journaliste sus cité.

Selon André Mba Obame, « Quand je monte sur le podium pour prendre la parole, c’est lui qui m’introduit et me tend le micro. Mes lèvres ont à peine effleuré le micro que j’ai reçu comme une décharge. Mes agents de sécurité ont vu que je n’étais pas bien. Des médecins sont venus me prendre en charge, ensuite ils m’ont jeté dans ma voiture et ramener, à demi inconscient, chez moi. Ils m’ont trempé tout habillé dans un bain chaud, et c’est après de longue minute que j’ai recouvré mes esprits […] la suite vous la connaissez », a conclu l’interviewé sans apporter de véritables preuves pour justifier ses propos.

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