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Face au spectre de l’année blanche, Ali Bongo joue son va-tout

Ali Bongo, le 6 mars 2015 face aux syndicalistes. © Facebook/alibongoondimba
Ali Bongo, le 6 mars 2015 face aux syndicalistes. © Facebook/alibongoondimba
Confronté au spectre d’une non-validation de l’année scolaire et académique en cours, le président de la République a reçu, le 6 mars dernier, les syndicats qui affirment ne pas être disposés à reprendre les cours sans contreparties concrètes.

Alors que la menace d’une année blanche se précise de jour en jour, le président de la République a décidé de prendre le taureau par les cornes. Ali Bongo a, en effet, fait une sortie remarquée sur son profil Facebook, le 5 mars courant. «L’éducation est un droit. Nos enfants ne doivent pas être otages de revendications. Tout est mis en place contre l’année blanche. Pour l’avenir de nos enfants, je refuse l’année blanche. Je recevrai les syndicats demain (6 mars 2015, ndlr). Les mesures seront prises», écrit-il. Un message on ne peut plus clair qui a, bien évidemment, suscité de vives réactions. D’aucuns saluent cette initiative. D’autres s’interrogent sur le timing de cette décision, qui intervient plus de deux moins après le déclenchement de la grève dans les secteurs éducation et enseignement supérieur.

Sur les six mois déjà écoulés de l’année 2014-2015, élèves et étudiants n’auront appris que pendant deux mois. Les programmes scolaires peuvent-ils encore être convenablement bouclés ? Autant d’interrogations soulevées par une partie de l’opinion. Au-delà, peut-on croire à des solutions aux revendications syndicales portant sur la révision de la grille salariale, la mise à niveau des salaires des enseignants du pré-primaire, la révision des dossiers à la Fonction publique, la mensualisation de la Prime d’incitation à la fonction enseignante (Pife), etc. ?

N’empêche, sur le terrain, cette rencontre a suscité un regain d’engouement et une adhésion nationale des enseignants au mouvement de revendication. A Port-Gentil, par exemple, où les cours se déroulaient normalement jusqu’ici, les élèves des établissements publics ont été priés, le 6 mars courant en matinée, de rentrer chez eux. Le ton est définitivement donné : pas de reprise des cours sans mesures concrètes. D’autant plus que les syndicats s’offusquent de la légèreté avec laquelle le gouvernement traite ce dossier. Car ce n’est que le 6 mars dernier que le rapport final du dialogue social d’Agondjé, tenu en décembre dernier, a été transmis au président de la République pour validation. C’est peu dire qu’en s’engageant personnellement dans ce dossier, le président de la République joue son autorité et sa crédibilité. Pour tout dire, il jouait son va-tout.

Au terme de la rencontre, le président de la République a reconnu sur son mûr Facebook que «Nous sommes désormais sous la menace d’une année blanche. L’année scolaire de nos 400 000 enfants est menacée parce que des organisations revendiquent des primes que j’ai moi-même instituées. (…) Mais il n’est pas acceptable que les syndicats puissent prendre notre pays et nos enfants en otage pour des revendications pour lesquelles je me suis déjà engagé à apporter des solutions.» Selon la même source, Ali Bongo a donné des instructions au gouvernement concernant le paiement de la PIP du 4e trimestre 2014, l’ouverture des négociations salariales et le règlement urgent du dossier des enseignants du pré-primaire. Mais surtout, il a instruit les acteurs concernés de faire qu’au plus vite, «dès cet après-midi. Samedi et dimanche compris», un aboutissement aux négociations soit trouvé dont il livrera son arbitrage en début de semaine prochaine. «La Nation nous regarde», a conclu le chef de l’Etat.

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