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Gabon : Le «moustique tigre» vecteur de la Dengue et du Chikungunya

Les chercheurs du Centre international de recherches médicales de Franceville (CIRMF), en collaboration avec l’Institut de recherche et de développement français (IRD), viennent de découvrir le réservoir commun du Chikungunya et de la Dengue. Ces recherches ont été menées sur la base des prélèvements réalisés au Gabon en 2007 lors de la double épidémie de ces deux virus, premier phénomène de ce type survenu en Afrique. Ils ont permis de découvrir que le «moustique tigre» était capable de transmettre les deux virus à une même personne en une seule piqûre.

Une seule piqûre de l’Aedes albopictus, appelé aussi «moustique tigre», peut transmettre les virus du Chikungunya et de la Dengue. Les chercheurs du Centre internationale de recherches médicales de Franceville (CIRMF), dans le Sud-Est du Gabon, en collaboration avec l’Institut de recherche et de développement français (IRD) viennent de découvrir le réservoir commun de ces deux virus, qui constituent l’un des problèmes de santé publique majeur des pays du Sud.

Dans l’étude qu’ils viennent de publier, les chercheurs de l’IRD et leurs collègues gabonais apportent la première démonstration moléculaire que le moustique Aedes albopictus peut transmettre les deux virus lors de la même piqûre sanguine.

Ces travaux ont notamment été menés à partir d’observations entomologiques et de prélèvements biologiques effectués entre mars et août 2007, lors d’une double épidémie de Chikungunya et de Dengue survenue au Gabon, premier phénomène de ce type observé en Afrique.

Provoquée par Aedes albopictus, qui est parvenu dans ce pays à supplanter le moustique traditionnellement tenu responsable de la transmission de ces virus, Aedes aegypti, cette épidémie avait touché près de 20 000 personnes.

Les chercheurs ont par ailleurs isolé la souche des deux virus et caractérisé entièrement leur génome. Il apparaît ainsi que le virus du Chikungunya retrouvé au Gabon présente une mutation génétique caractéristique que l’on retrouve depuis peu sur les souches virales des îles de l’océan Indien (Réunion, Maurice et Madagascar).

On l’avait également retrouvée lors d’une petite bouffée épidémique observée en 2007 en Italie. Pour les chercheurs de l’IRD, l’apparition d’une même mutation dans différentes régions du monde suggère que le virus est parvenu à s’adapter au «moustique tigre» devenu, ainsi, son principal vecteur.

Cette information apporte un nouvel éclairage sur les mécanismes et la dynamique de la transmission à l’homme de ces deux agents pathogènes. Elle apporte aussi de nouveaux arguments quant à la nécessité d’intensifier la destruction des populations de moustiques, unique moyen de prévention dans les pays concernés.

Au cours des vingt dernières années, le Chikungunya et la Dengue ont causé de graves épidémies dans plusieurs pays tropicaux. En 2006, le Chikungunya a touché près d’un tiers de la population de l’île de la Réunion, l’épidémie frappant d’autre part des milliers de personnes en Inde et dans l’ensemble de l’océan Indien.

La Dengue, quant à elle, touche chaque année environ cent millions de personnes à travers le monde. Ces deux maladies sont rarement mortelles, mais le nombre élevé de cas, les symptômes (fièvre, douleurs articulaires, maux de tête, signes cutanés) et les possibles séquelles font qu’elles sont considérées aujourd’hui comme des problèmes majeurs de santé publique dans de nombreux pays d’Afrique, d’Amérique du Sud et d’Asie.

Les deux virus ont été pour la première fois isolés dans les années 1950, en Afrique de l’Est pour le Chikungunya et en Asie du Sud-Est pour la Dengue. Un demi-siècle plus tard, aucun vaccin préventif n’a encore été mis au point.

Publié le 30-03-2009 Source : lemonde.fr

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