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Gabon: Après le deuil, la réalité et les crimes: Quelles leçons tirer de la mort d’Edith Lucie Bongo Ondimba ?

Edith Lucie Bongo Ondimba est morte, mais elle a laissé derrière elle un Gabon malade. Elle a laissé un Gabon malade d’une maladie mortelle que, de son vivant et en compagnie de son mari, elle a contribué à empirer. Cette maladie qui ronge notre pays , je l’ai baptisée en 1998 du nom de « bongoïsme », c’est-à-dire la somme de toutes les tares mentales et culturelles qui font aujourd’hui l’état d’esprit d’une certaine classe de Gabonais, Gabonais qui, pendant 42 ans, ont été conditionnés à voir le crime et les comportements déviants introduits au sein de notre société par Omar Bongo et ses complices comme quelque chose de normal, d’acceptable et même de louable.

Et cela est d’autant plus vrai qu’au sein du régime Bongo, on a du mal à trouver, dans toute l’histoire du règne de 42 ans de notre dictateur, l’exemple d’un seul ministre ayant été forcé de démissionner ou ayant été débauché de son poste suite à un scandale ou à un constat de criminalité ou d’incompétence. Au contraire, ce sont ceux-là mêmes qui se sont distingués par les crimes, les détournements et autres comportements répréhensibles qu’Omar Bongo a promus à des postes de responsabilité encore plus importants.

Au pays de Bongo, donc, plus on vole, plus on est récompensé. Plus on viole les jeunes filles de 12 ans en leur donnant le SIDA, plus on est admiré. Plus on détourne l’argent de l’état, plus on compte dans le cercle restreint de l’entourage de Bongo qui fait la pluie et le beau temps au Gabon. Exactement comme on l’a vu récemment dans l’affaire Alaba Fall car, au pays de Bongo, quand un procureur de la République censé rendre la justice et la faire respecter se retrouve avec 300 millions de francs CFA d’origine douteuse dans son compte bancaire, cela n’émeut personne car Alaba Fall fait partie de la famille, et quand on fait partie du sérail familial bongoïste, on a le droit d’agir en toute impunité. A la fin, ceux des magistrats qui voudraient bien faire respecter la justice, mais qui ont peur de perdre leur emploi ou d’atterrir en prison, s’inclinent devant le poids des liens familiaux mafieux qui font désormais la loi du plus fort et du mieux placé au Gabon.

Le Gabon du bongoïsme mafieux, c’est exactement cela. Ce n’est ni un accident ni une surprise. Le Gabon de Bongo est ce qu’il est aujourd’hui parce qu’Omar Bongo l’a voulu ainsi. Le Gabon est mal géré parce que la bonne gouvernance du Gabon n’est pas la préoccupation de Bongo. La bonne gouvernance n’est pas de son intérêt non plus. Ce qui l’intéresse, c’est le pillage. C’est donc à ceux qui servent le mieux le pilleur en chef que reviennent les récompenses et les promotions. Dans le monde de la déchéance humaine et de la mentalité pourrie créé au Gabon par Omar Bongo, la compétence, l’honnêteté et l’amour de la patrie n’ont aucune importance ni aucune place. Ce qui compte, c’est servir Bongo et le servir bien, et uniquement dans le sens que Bongo aime. Ceux qui gravitent autour d’Omar Bongo savent ce que « Yaya » aime. Ils savent que Bongo aime les femmes, alors ils lui apportent des femmes en tous genres, des petites de 12 ans aux prostituées chinoises en passant par les épouses de ses propres ministres dont il fait les trophées de sa suprématie politique. Même quand il faut tenter de kidnapper puis séquestrer une péruvienne comme ce fut le cas pour la pauvre Miss Pérou du nom d’Ivette Santa Maria en 2004, Omar Bongo est partant et il trouve toujours dans sa bassecour quelqu’un pour arranger la combine. Ceux qui gravitent autour de Bongo savent que « papa » aime l’argent : alors, ils organisent des combines diverses pour obtenir de l’argent pour « papa » car ils savent qu’au passage, ils vont pouvoir se servir pour en garder un peu pour eux-mêmes, sans que le Grand Camarade en fasse un infarctus. Pour lui, détourner est tout à fait normal, donc tout le monde fait comme lui et lui-même encourage tout le monde à faire comme lui. C’est donc à qui impressionnera le mieux « le vieux » que reviennent les honneurs. Enfin, ceux qui gravitent autour de Bongo savent que le Grand Camarade est incompétent, alors ils s’accommodent de l’incompétence et de l’immobilisme car, au régime de Bongo, ce n’est pas la compétence ni le travail qui comptent ; ce qui compte, c’est l’engouement à servir les lubies les plus animalières d’Omar Bongo. Du coup, à la tête même de l’état, c’est la cage aux folles.

Ne croyons cependant pas un seul instant qu’Omar Bongo et son entourage ne sachent pas ce qu’ils font.

Ils savent très bien, pour ceux d’entre eux qui osent encore circuler dans notre Gabon pourri par le sous-développement, que depuis 42 ans, les routes de notre pays n’ont jamais été construites. Mais cela ne leur fait absolument rien car, eux au moins, ils ont leurs voitures 4×4 et leurs avions. Dans la tête des hommes animalisés et rongés par la vanité qu’ils sont devenus (et qu’ils ont probablement toujours été), ils tirent grand plaisir à être les seuls à rouler en 4×4 et ne peuvent en aucun cas s’accommoder, ni risquer de voir, comme aux USA, tous les Gabonais avoir accès aux voitures 4×4 s’ils le désirent. Que vaut une voiture 4×4 pour la vanité des parvenus et des voleurs qui en possèdent une au Gabon si tout le monde en a une ? Il faut bien montrer qu’on est un parvenu !

Les bongoïstes savent très bien qu’au Gabon, il n’y a aucun hôpital digne de ce nom pour soigner les Gabonais, mais là n’est pas vraiment leur souci. Ils tirent plus de plaisir à montrer à leur peuple que, eux, bons nègres qu’ils sont, peuvent aller en France, en Chine ou au Maroc se faire soigner et faire leur « check-up » annuel. Dans leur esprit, ils éprouvent une supériorité quasi coïtale sur le reste des Gabonais qui, eux, ne pouvant se rendre au Maroc pour leur check-up médical, tirent le diable par la queue et meurent chaque année par milliers comme des rats dans les hôpitaux délabrés du Gabon et sous les yeux indifférents d’Omar Bongo et de sa clique de malfrats.

Et nous, le reste du peuple, au lieu de nous révolter contre ces déviances criminelles, les avons acceptées, au point de commencer à envier les animaux et à vouloir devenir comme eux. Il n’y a qu’à voir combien de Gabonais vivent dans l’attente de se voir un jour promus ou appelés à un poste de ministre. Au Gabon, les valeurs humaines ont cédé le pas aux valeurs animalières.

Et voilà pourquoi, au Gabon, le temps d’un décès, toute une nation est capable d’oublier le mal fait par les criminels pendant 42 ans et d’offrir un deuil national à une Edith Lucie Bongo Ondimba pourtant complices des malversations qui tuent notre pays, comme si, de son vivant, elle n’avait jamais commis de crimes contre le Gabon et la dignité des Gabonais.

La réalité, pourtant, nous interpelle. Quel est véritablement le bilan que l’on peut faire du passage d’Edith Lucie Bongo au Gabon ? Sans tergiverser, il faut conclure que ce fut, exactement comme celui de son époux, un bilan criminel, donc un bilan qui ne mérite pas que le Gabon doive arrêter de respirer, encore moins de revendiquer, simplement parce qu’Edith Lucie Bongo est morte. Un crime étant un crime, il importe peu que la personne qui a commis le crime soit morte ou pas. La mort n’efface pas le crime.

Certes, l’on peut déplorer la mort quand elle frappe les bons et les généreux de ce monde, mais la mort d’Edith Lucie Bongo n’était pas une mort à déplorer ni à pleurer. Elle n’était ni bonne ni généreuse. Chez certains Gabonais, cette mort aurait même pu être vue comme souhaitable car pour beaucoup, sa disparition est apparue comme l’expression de la justice divine qui, de temps en temps, frappe aussi les riches et les puissants pour redonner l’espoir aux peuples opprimés.

En transmettant ses vœux de deuil aux « familles » éprouvées par la mort d’Edith Lucie Bongo, le BDP-Gabon Nouveau avait voulu, non pas exprimer une quelconque sympathie vis-à-vis d’Omar Bongo ou d’Edith Lucie Bongo, bien au contraire. Le BDP-Gabon Nouveau voulait, par son message de vœux, rappeler aux Gabonais les graves manquements à la dignité humaine dont se sont rendus coupables Omar Bongo et son régime, Edith Lucie Bongo compris. Ce n’était ni des vœux de bienveillance à Omar Bongo, encore moins un oubli des crimes commis contre le Gabon par Omar Bongo set son épouse.

Après le deuil, donc, la réalité des crimes et des bilans.

Il faut par conséquent le dire sans ambages : Edith Lucie Bongo est morte en terre étrangère dans un hôpital étranger. Cruel aveu, donc, qui dit clairement que le Gabon, sous Omar Bongo, n’a jamais pu, en 42 ans de règne dans un pays pourtant riche, se doter d’un hôpital qui soit, au minimum, capable d’assurer le suivi médical d’Edith Lucie Bongo dès lors qu’on la savait en phase terminale irréversible d’une maladie fatale. Cet aveu implicite d’incompétence et de sous-développement en dit pourtant long sur les anachronismes gabonais sous le règne d’Omar Bongo.

Qui était donc, en réalité, Edith Lucie Bongo Ondimba ? Edith Lucie Bongo, de son vivant, n’a pas hésité un seul instant à piller le Gabon en compagnie de, et en complicité avec, son époux Omar Bongo. Les Gabonais ne doivent donc jamais oublier que cette femme qu’ils « pleurent » aujourd’hui est exactement la même qui, en seulement 19 ans de mariage avec Omar Bongo, a accumulé, sur le dos non seulement des Gabonais, mais aussi des Congolais, une fortune personnelle tellement colossale qu’on a du mal à imaginer en quoi une telle accumulation criminelle de biens mal acquis était bonne pour le Gabon ou pour le Congo. J’en veux pour preuve non seulement les propriétés immobilières en son nom propre révélées dans l’affaire des biens mal acquis en France, mais également les comptes bancaires faramineux qu’elle détenait à Monaco pour le compte de son époux et de son père.

Edith Lucie Bongo, il ne faut surtout jamais l’oublier, était avant tout une femme d’affaires qui, en compagnie de son époux, a fait des affaires de l’état une affaire personnelle, et des affaires personnelles une affaire d’état. Et c’est ce mélange criminel des genres qui fait depuis 42 ans le malheur du Gabon. Ainsi :

– Que vaut aux Gabonais qu’Edith Lucie Bongo ait construit la clinique privée El Rapha si, au final, El Rapha n’était pour elle qu’un business personnel de plus construit, non pas avec de l’argent personnel sorti de l’effort personnel, mais avec de l’argent détourné des caisses de l’état ? Que vaut, au final, une telle structure si ses services sont inaccessibles au commun des Gabonais qui, dans la très large majorité, sont sans moyens financiers suffisants pour s’y faire soigner ? Et quelle est la valeur pour les Gabonais de cette clinique sinon une simple miette dans l’océan d’argent qu’Edith Bongo a détourné du Gabon et investi en France et dans d’autres pays receleurs ? Que vaut, à la fin, une telle structure si Edith Lucie Bongo elle-même, constatant la légèreté de son investissement, se trouva obligée d’aller se faire soigner en France et au Maroc ? Comme contribution au devenir du Gabon c’est plutôt mince, surtout au vu de la fortune personnelle accumulée !

Le plus honteux dans tout ceci c’est que quand l’ancien Premier ministre israélien Ariel Sharon tomba gravement malade en 2006 pour ensuite finir dans un coma profond, les Israéliens n’eurent point besoin de le transférer aux Etats-Unis pour l’y faire soigner. Ils ont tout fait sur place car ils avaient non seulement l’expertise locale qu’il fallait, mais également les structures hospitalières qu’il fallait. Pareillement, quand Michel Rocard, ancien Premier ministre français, souffrit d’une hémorragie cérébrale lors d’une visite privée en Inde en 2007, il fut opéré sur place à Calcutta par les médecins indiens sans que la France n’ait eu besoin de le faire rapatrier de toute urgence. Les Indiens, dont le revenu par habitant est de loin inférieur à celui du Gabon, avaient tout sur place pour réussir ce genre d’opérations pourtant extrêmement risquées. Au Gabon, Bongo et ses acolytes semblent tirer un orgueil incompréhensible à aller se faire faire des visites médicales annuelles de plusieurs millions de francs CFA à l’étranger, alors même que la dignité leur aurait recommandé de doter le Gabon de structures sanitaires modernes capables de faire économiser de l’argent à l’état sur cette multitude de « check-ups » coûteux que Bongo et sa cour font payer annuellement au trésor public national !

– Que vaut aux Gabonais qu’Edith Lucie Bongo se soit livrée ici et là à quelques opérations caritatives tape-à-l’œil si, en contrepartie, elle vidait, en complicité avec son époux, les caisses de l’état pour en faire un usage personnel qui, justement, privait le pays de l’argent qui aurait permis au Gabon de se doter de structures permanentes d’aide aux pauvres et aux malades ? Ce dont les Gabonais avaient besoin, ce n’était pas de l’aumône d’Edith Lucie Bongo sur de l’argent qui appartenait déjà aux Gabonais. Ce dont ils avaient besoin, c’était de développement durable. Or, Edith Lucie Bongo, par les villas de luxe accumulées en Europe, les comptes bancaires exilés en terres étrangères et les biens mal acquis sur le dos des Gabonais, a grandement contribué à la mort du Gabon. Ne pas le dire, c’est faire de la langue de bois et c’est inacceptable.

Le Gabon doit-il donc, en plus de l’infamie de détenir le palmarès du président autoproclamé qui est resté le plus longtemps au pouvoir (42 ans), se distinguer comme le seul pays au monde où l’on offre des deuils nationaux aux criminels qui ont tué le peuple ?

La mort d’Edith Lucie Bongo, tout comme celle d’Omar Bongo prochainement, vaut-elle vraiment que le Gabon perde encore des milliards à leur offrir, à elle et à son infâme époux, un deuil national ? Ces individus qui se sont distingués par leur indifférence face aux misères quadragénaires de nos familles, de nos bébés, de nos mères et de nos amis souvent morts comme des rats sous leurs yeux, méritent-ils vraiment que le peuple se jette par terre pour les pleurer ou que le pays s’arrête de respirer parce qu’ils sont morts? Partout ailleurs, des dictateurs ont péri comme des chiens et leurs morts ont donné lieu à des fêtes nationales pour le bon débarras. En Allemagne nazie, c’est avec soulagement que les Allemands ont accueilli la mort d’Hitler. On ne lui offrit jamais de deuil national même si, de son vivant, il n’avait cessé de clamer que ses actes avaient été posés pour la grandeur de l’Allemagne. En Roumanie, Nicolae Ceausescu avait été assassiné par son peuple. Celui-ci se mit dans les rues pour fêter sa mort et non le pleurer. Plus près de chez nous, quand les Libériens traînèrent le cadavre de Samuel Doe dans les rues de Monrovia, ce n’était certainement pas en signe de reconnaissance.

En quoi donc, sur la base d’une prétendue culture africaine, devons-nous, au Gabon, récompenser et respecter les cadavres de ceux qui ont tant volé, tant tué, tant violé ? Est-ce parce qu’Omar Bongo se dit « président » du Gabon que nous devons, comme par enchantement, oublier les crimes qu’il a commis contre la nation ? Faut-il que là où, ailleurs, les états de droit mettent leurs présidents en prison pour des crimes superficiels, nous au Gabon, encensions et pleurions les criminels qui, eux, n’ont fait que tout détruire chez nous pendant 42 ans ? Au moment où les Américains, pourtant démocrates, parlent d’instruire George Bush en justice pour possibles crimes contre la société, et où l’Espagne vient de lancer un mandat d’arrêt contre le Dick Cheney, le Vice Président Américain sortant, pour crimes de torture, les Gabonais doivent-ils absoudre Omar Bongo et Edith Lucie Bongo des crimes inacceptables commis contre notre peuple, tout simplement parce que « Mama Edith » est morte ?

Est-ce vraiment cela, la culture gabonaise que nous voulons, c’est-à-dire celle qui excuse le crime parce que quelqu’un est mort, celle qui oublie le génocide parce que la femme de quelqu’un est morte, celle qui accepte le crime et même le pardonne parce que, en Afrique (foutaises !), il y a le respect des morts ? De quelle Afrique parle-t-on ? L’Afrique villageoise dans laquelle j’ai grandi ou l’Afrique farfelue fabriquée dans la tête des Gabonais par Omar Bongo ?

Par ce genre d’acceptations de l’inacceptable, nous, Gabonais, nous condamnons nous-mêmes aux misères continuelles sous le bongoïsme. La réalité que nous devons intégrer à notre mental est pourtant criarde. Elle nous interpelle pour dire que:

– pendant que nous, nous pleurons nos criminels la faim au ventre, eux, ils mangent copieusement dans les palais qu’ils se sont construits avec l’argent de nos misères. Est-ce acceptable ?

– pendant que nous, nous pleurons la mort de nos criminels, les criminels, eux, vont faire leurs « check-ups » annuels à Paris, à Tokyo et même au Maroc, enrichissant ainsi d’autre pays avec le même argent qui aurait pu servir à doter le Gabon de structures hospitalières dignes de ce nom. Est-ce acceptable ?

– pendant que nous, nous pleurons béatement nos criminels par respect pour la mort, eux, continuent, sans remords, à piller le pays et donc, à fouler aux pieds cette même mort qu’ils nous demandent de respecter. Si Omar Bongo avait encore été humain, il aurait pu profiter de la mort d’Edith Lucie Bongo pour annoncer, comme Kérékou l’avait fait, que Dieu lui avait parlé dans la nuit pour lui dire, « Mon enfant, tu as assez fait de mal comme cela. Repends-toi, quitte le pouvoir et va consacrer ta vie à Jésus-Christ ». Mais non, Bongo n’en a que foutre. Il faut donc supposer que Dieu lui-même ne veut plus de la repentance d’Omar Bongo tellement l’homme est incorrigible. Est-ce acceptable ?

C’est ainsi qu’Omar Bongo, profitant de notre naïveté bien gabonaise, vient de demander aux Gabonais une autre trêve sociale de 30 mois. Dit son entourage : le « vieux » a été tellement « fatigué » et « meurtri » par la mort de sa complice en crimes que le Gabon a besoin de le remercier par l’observation d’une autre trêve sociale de 30 mois qui permettra à Bongo de récupérer de ses émotions ! Autrement dit, ce que Bongo demande, c’est 30 mois de pillage de plus et en toute impunité, au nom d’Edith Lucie Bongo.

Mais, entre nous, qu’ont les Gabonais à foutre de la mort d’Edith Lucie Bongo ? Edith Lucie Bongo est une affaire privée entre Omar Bongo et sa famille. La gestion du Gabon, c’est une affaire d’état. Si, donc, la mort d’Edith Lucie Bongo a affecté et incapacité Omar Bongo au point qu’il ait besoin d’une accalmie de 30 mois, c’est-à-dire de deux ans et demie de retrait, ne convient-il pas à Omar Bongo, surtout au regard de son âge, de tout simplement démissionner du pouvoir pour aller pleurer tranquillement sa femme loin des yeux des Gabonais ?

Omar Bongo veut une autre trêve sociale. Et pourtant, le bilan est là : qu’ont donné, comme résultat positif pour le pays, les trêves sociales précédentes ? Rien.

Rien car les Gabonais qui ont naïvement oublié de faire de la Conférence Nationale de 1990 une conférence nationale souveraine, ces Gabonais qui ont recommandé de laisser Bongo au pouvoir pour « préserver la paix », se sont retrouvés face à un homme incapable de changer, un homme incapable de comprendre le sens de l’intérêt national. A quoi cela a-t-il servi ?

A rien car les Gabonais qui, quelques années plus tard, ont naïvement signé avec Omar Bongo les Accords de Paris se sont, encore une fois, retrouvés devant un homme incapable de comprendre l’importance de la démocratie dans une nation qui se voulait progressiste et digne. A quoi cela a-t-il servi ?

A rien car les Gabonais de la société civile qui, à leur tour, ont signé avec Bongo la première trêve sociale se sont retrouvés devant un homme qui ne tient jamais ses promesses et qui n’a pas le sens de la parole donnée. Bref, un homme qui, lui, n’a jamais observé de trêve dans le dépeçage et le viol du Gabon.

Il faut donc, dès maintenant, aux Gabonais, avoir le courage de REFUSER ces trêves qui ne mettent jamais un terme aux détournements et aux crimes dont Omar Bongo et son entourage sont responsables depuis 42 ans.

Une trêve sociale ne peut et ne devrait pas avoir pour seul objet de permettre, pendant une durée de 30 mois (2 ans et demi), au dictateur de se remettre de la mort de sa femme. Elle ne peut non plus simplement se résumer à la phrase coutumière qui dit qu’il faut la trêve sociale parce qu’il y a une « crise économique » que le gouvernement n’a jamais pu définir en termes économiques. C’est insensé et animalier de voir Bongo demander des trêves sociales au moment même où le train de vie de l’état augmente sans que le dictateur et ses acolytes n’aient montré la moindre retenue dans leur détournement des biens publics.

Et c’est inacceptable. D’abord parce qu’il n’y a pas de crise économique au Gabon en dehors du fait que c’est Bongo qui, par les vols et la corruption, est la cause de la paupérisation nationale inexplicable qui tue notre pays à petit feu. Ensuite parce qu’une trêve sociale, pour qu’elle soit valable, doit avoir des considérations nationales au-delà de la vie d’un seul homme. Par exemple : au lieu de nous parler d’Edith Lucie Bongo, Omar Bongo doit expliciter quel plan de développement national il propose à la société civile et politique gabonaise qui puisse justifier que les syndicats arrêtent de revendiquer et les politiciens de critiquer pendant 30 mois ? Quels mécanismes d’évaluation et de contrôle sont mis en place pour que, 30 mois plus tard, l’on soit sûr des résultats d’un tel plan en matière de développement et de progrès national? Ce plan est-il conçu en collaboration avec tous les partenaires sociaux dans le cadre d’une concertation nationale ou n’est-il, encore une fois, qu’un simple subterfuge du régime pour « dribbler » une fois de plus le peuple et se donner trois ans de plus d’une tranquillité achetée par la dictature et la corruption ?

Or, au vu de toutes les trêves sociales, politiques et économiques prononcées et observées au Gabon, au vu de toutes les rénovations ratées et de toutes refondations avortées, au vu de tous les Accords de Paris foulés aux pieds et de tous les gouvernements de combat nommés puis dénommés avant d’être renommés, au vu des multiples sacrifices consentis par le peuple pour donner le bénéfice du doute à Bongo, jusqu’à quand les Gabonais vont-ils se laisser duper par les manies du Grand Camarade « Yaya » Albert Bernard Omar Bongo Ondimba ? Ne convient-il pas désormais à la société civile et politique de dire « NON, nous avons assez trinqué comme ça ? »

Il se peut que personne n’ait encore eu le courage de dire à Omar Bongo que son règne a été, pour le Gabon, la malédiction la plus néfaste dont puisse hériter un pays. Aussi faudra-t-il que quelqu’un ait un jour le courage de lui dire, bien en face, que, pour le peuple gabonais tout entier, la mort d’Edith Lucie Bongo Ondimba ne saurait faire oublier à ce peuple si meurtri les sauvages réalités du bongoïsme au Gabon.

Après le deuil, donc, la réalité des crimes commis.

Non, Monsieur Bongo, nous n’oublierons pas.

Dr. Daniel Mengara
Président,
BDP-Gabon Nouveau

Exprimez-vous!

  1. Cher Arsène Assam,

    Vous me faites vraiment penser à ces diplômés qui, lorsqu’un vieux sage du village pointe son index vers une direction précise pour leur montrer où aller, s’attardent sur l’ongle cassé de cet index plutôt que sur la direction qui leur est suggérée par cet homme expérimenté.

    Je vous suggèrerai de prendre un mirroir, de le placer devant vous, de le fixer du regard et de vous mettre à proférer des injures…Quelle image voyez vous dans le mirroir ?

    Ceci dit A bientôt chers tous. Le devoir m’appelle et je quitte ce forum pour un long moment.

    Longue vie au Président et que Dieu bénisse le Gabon.

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