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Gabon : Les journaux suspendus dénoncent un «véritable muselage»

Quelques jours après la suspension provisoire de 6 organes de presse par le Conseil national de la communication (CNC) le 10 novembre dernier, le collectif des éditeurs et des responsables des Association de presse du Gabon est monté au créneau pour dénoncer ces mesures. Au cours d’un point presse tenu à Libreville ce 13 novembre, le collectif a également déclaré qu’il introduirait une plainte au Conseil d’État contre le CNC, dont les décisions de suspension sont qualifiées d’«arbitraires»

Suite à la décision du Conseil national de la communication (CNC) du 10 novembre dernier, de suspendre provisoirement six organes de presse locaux pour «désinformation» et «intoxication», le collectif des éditeurs et des responsables des Association de presse du Gabon, a tenu une conférence de presse ce 13 novembre à Libreville pour dénoncer ces sanctions jugées «arbitraires».

Le collectif a affirmé que «depuis le décès du président Omar Bongo Ondimba à Barcelone le 8 juin 2009, il devient périlleux d’exercer dans le secteur de la presse au Gabon».

«Tout y passe : interdiction faite à plusieurs journalistes étrangers de couvrir des évènements politiques au Gabon, expulsion d’autres journalistes du territoire national sous prétexte d’exercice de la souveraineté, sabotage des installations de certaines chaînes et radio de télévision, intimidation et menaces physiques à l’endroit des journalistes locaux…», énumèrent les éditeurs de la presse locale.

Le collectif a également rappelé à cet effet l’«injonction faite au distributeur de la presse nationale (Sogapresse), par le Secrétaire général du ministère de la Communication, de ne pas distribuer le journal Tango, en violation des textes en vigueur en République gabonaise, en est une autre illustration». Par ailleurs «son gérant fait actuellement l’objet d’une procédure en correctionnelle à l’initiative du président de l’Assemblée nationale, Guy Nzouba Ndama».

Sans compter que «le 30 août 2009, le jour du scrutin présidentiel, le gouvernement de la République par la voix du ministère de la Communication, a fait arrêter le signal et les émissions de la chaîne privé TV+», a-t-il poursuivi.

«Journalistes menacés et interpellés, journaux interdits et fermés, chaînes de télévision sabotées, tel est l’état actuel de la liberté de la presse au Gabon. Un vrai muselage !», fustigent les éditeurs.

Le collectif qui s’est engagé à «user de tous les moyens légaux pour préserver ce droit à la liberté d’expression chèrement acquise lors de la conférence nationale de 1990», indiquant qu’il traduirait le CNC devant le Conseil d’Etat.

Le 10 novembre dernier, suite à une séance plénière du CNC, Nku’u Le Messager a écopé d’une interdiction provisoire de paraître d’un mois ; le Scribouillard ne pourra plus paraître pendant deux mois ; Échos du Nord a été frappé d’une interdiction de paraître de trois mois ; le Crocodile ne paraîtra plus pendant un mois ; l’Ombre non plus pendant deux mois alors que La Nation a écopé de deux mois d’interdiction provisoire de paraître.

Lors de l’élection présidentielle d’août dernier, les médias et la société civile nationale et internationale, notamment Reporters sans frontières (RSF), dénonçaient déjà l’installation d’une «chape de plomb» sur la liberté d’expression.

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