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France: Quand la campagne des régionales s’invite au Gabon

Par Thomas Hofnung.

Au Gabon, Nicolas Sarkozy a surtout eu la tête au Mali, ou plus exactement en France. Arrivé mercredi matin à Franceville, le fief de la famille régnante Bongo, il a rallié Libreville à la mi-journée, après avoir déposé une gerbe sur la sépulture du «doyen», Omar Bongo (décédé en juin dernier) et après avoir visité au pas de charge un centre médical de recherche spécialisé dans l’étude des maladies virales, type fièvre hémorragique Ebola.

Dès le matin, la machine à rumeur s’est mise en marche. Interrogé à la volée, lors de la visite du labo de Franceville, sur la libération de l’otage français au Mali, Pierre Camatte, le chef de l’Etat se tourne vers son conseiller pour la communication, Franck Louvrier: «A quelle heure on en parle?» «Vers 17 heures», répond celui-ci. «Ça fait tard, dit Sarkozy. Bon, on va voir…»

Parmi les journalistes présents, les spéculations vont bon train: «Sarko va faire un coup», susurrent certains. Un coup? «Il va foncer à Bamako pour s’afficher aux côtés de notre otage libéré… » L’opération paraît risquée d’un point de vue diplomatique: la Mauritanie, et surtout l’Algérie, sont furieuses. Sous la pression de Paris, le Mali a libéré quatre activistes islamistes d’Al Qaeda au Maghreb islamique, le groupe qui détenait Pierre Camatte et qui est très actif dans toute la région. La France est accusé de jouer solo, et de se ficher comme d’une guigne de la sécurité dans la région.

A Libreville, dans l’après-midi, la rumeur enfle. Le dîner avec Ali Bongo est avancé, le président français n’aura sans doute pas le temps de voir les journalistes en «off» pour parler de l’actualité africaine, plutôt dense en ce moment. Il paraît décidé à y aller. A quelques semaines des élections régionales, s’afficher aux côtés d’un compatriote libéré grâce à la mobilisation du gouvernement ne peut pas être négatif.

A 17 heures, après les discours des deux chefs d’Etat prononcés à la cité de la démocratie de Libreville, Nicolas Sarkozy s’adresse à la communauté française du Gabon, rassemblée dans un grand hôtel de la capitale. Il annonce qu’il va se rendre dans la soirée à Bamako pour remercier son homologue malien, Amadou Toumani Touré pour son aide et son «courage».

Et martèle: «Nous ne laisserons tomber aucun de nos compatriotes.» Et il a cette formule ambigüe: «Quelle que soit l’erreur qu’il ait pu commettre, nous le ramènerons à la maison.»

Après le dîner, expédié en un peu plus d’une heure, Sarkozy, flanqué de ses ministres des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, et de la Coopération, Alain Joyandet, s’envole pour le Mali, avant –dans la nuit– de repartir en direction du Rwanda.

Ce mercredi, la campagne pour les régionales passait par le Gabon.

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