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Après plusieurs mois d’hésitations Jacques Adiahénot tourne le dos au PDG

L’ancien ministre et secrétaire général du Parti démocratique gabonais, actuel député du 4ème arrondissement de Libreville, qui a longtemps nourri l’envie de quitter ses anciens camarades du parti démocratique gabonais (PDG, parti au pouvoir) pour aller grossir les rangs de l’Union nationale (UN) : le « Club des anciens », a finalement vidé le plancher. A la grande satisfaction des ‘’pédégistes’’ et cadres de l’Estuaire qui se sentent du coup libérés

Jacques Adiahénot, ancien ministre et secrétaire général du PDG et actuel député du 4ème arrondissement de Libreville, a finalement décidé le tourner le dos au PDG, pour l’Union nationale (UN), un parti de l’opposition

Le départ de cet apparatchik du PDG, s’il n’avait pas déjà été annoncé officiellement, ne surprend guère les dirigeants du parti majoritaire. Car Jacques ou Adia, comme on l’appelle dans les milieux de sa communauté et même au-delà, ne semblait plus être à l’aise au sein de cette formation et au milieu de siens où il avait depuis la nouvelle donne politique sérieusement perdu de son influence.
Depuis le décès du président Omar Bongo Ondimba, président – fondateur du PDG, auquel Jacques Adiahénot doit sa carrière entamée à la presse présidentielle et sa fulgurante montée en politique (il fut secrétaire d’Etat aux TP, ministre de la communication, puis de l’Habitait, et de la Marine Marchande), l’homme était quasiment rentré en rébellion contre le nouvel establishment politique ‘’pédégiste’’.

Pendant la campagne pour l’élection présidentielle à la suite du choix porté par le Comité permanent du Bureau politique et l’investiture du candidat Ali Bongo Ondimba par le parti au pouvoir, il avait régulièrement affiché son hostilité. De même qu’il n’avait rien fait pour soutenir l’actuel chef de l’Etat, puisqu’il ne donna aucune consigne ni n’appela les militants de son arrondissement à voter pour le candidat PDG. Lequel réussit, malgré tout, à faire le plus grand nombre de suffrages des électeurs de cette circonscription politique.
Mais manquant de courage, il apparaît depuis lors que M. Adiahenot avait tenté de jouer les funambules jusqu’à ce que tout récemment au sortir du congrès extraordinaire du Parti démocratique gabonais (PDG), des 13 et 14 mars dernier, il a décidé de franchir le rubicon au sortir d’une rencontre avec les dirigeants de l’Union nationale, faute de n’avoir pas eu, dit-on, à jouer de rôle majeur lors de ces assises.
Pour cet homme que l’on disait peu politique, mais davantage très belliqueux, de nature colérique, et surtout prompt à la bagarre chaque fois qu’il manquait d’arguments convaincants, son attitude n’est pas surprenante. Se présentant en outre comme « le paria », pour ne pas dire, le chef de la communauté Mpongwé, du temps d’Omar Bongo Ondimba, il ne pouvait admettre, qu’étant bien présent lors de cette grand-messe politique, que nul autre que lui ne puisse réellement jouer les premiers rôles parmi les cadres de sa communauté. Ceci a, semble-t-il, été un crime de lèse majesté, pour ne pas dire, de lèse « Adia ».

Au PDG, personne n’était dupe. Bien contraire. On ne se dit donc pas surpris de ce rapprochement opéré avec les membres du « Club des anciens », où l’on sait qu’il ne compte pas forcément que des amis, même si les circonstances les amènent à faire des alliances contre-nature aujourd’hui. En tout cas, pour de nombreux ‘’pédégistes’’ au fait du jeu politique national, Jacques Adiahénot a toujours eu la tête de l’emploi, pour ne pas dire, celle du bon « lâcheur », en dépit de ses faits d’armes de 1990 lorsqu’il fut désigné à la surprise générale pour succéder à Léon Augé à la tête du Parti démocratique gabonais.
Pour mémoire, on se souvient qu’au plus fort de la campagne électorale de l’élection présidentielle de 1993 remportée par Omar Bongo Ondimba face à 13 candidats de l’opposition, il n’avait pas hésité à la surprise générale à annoncer son départ du parti.

Ce qui lui avait tout naturellement valu la fronde de beaucoup de ‘’pédégistes’’ qui ne lui avaient pas pardonné cette attitude qui s’apparentait ni plus ni moins à de la trahison à la veille d’un scrutin capital pour l’avenir du pays et également pour la formation politique qu’il était censé conduire à la victoire. Pour beaucoup, “qui a trahi, trahira”. Les faits le confirment.
Pour autant que cet acte fut considéré déjà à l’époque comme une faiblesse, voire l’expression d’un personnage prompt à se débiner devant ses responsabilités dès que l’adversité se présente à lui, on ne saurait en dire autrement. Car cet homme, toujours prêt à défendre ses propres intérêts, a réussi en usant de l’influence de sa communauté à se maintenir aux premières loges dans l’arène politique nationale et ‘’pédégiste’’. Cela, en bénéficiant de la sagesse et des largesses du président Omar Bongo Ondimba, qui entretenait un lien quasi paternel avec lui.

Le défunt chef de l’Etat ne lui tiendra guère rigueur, puisqu’il le maintiendra dans les différents gouvernements jusqu’à son décès le 9 avril 2009, usant régulièrement du chantage et autres manœuvres auxquelles le défunt chef de l’Etat succombait.
Dans sa communauté estuairienne, ils sont nombreux à se souvenir aussi des manœuvres régulièrement orchestrées par l’ancien ministre pour avoir la main mise sur les membres de celle-ci. On lui reproche plusieurs choses, dont l’échec du projet initié par le défunt notable Ambayé, de création sous la supervision de défunt président du Sénat Georges Rawiri, d’un rassemblement plus large…

D’autres encore, plus critiques, lui font grief d’avoir toujours voulu régenter tout ce qui touche à l’ascension à des postes de responsabilités au sein de l’appareil étatique des cadres Mpongwé. Au point que lorsque l’un d’eux n’était dans ses bonnes grâces, il ne pouvait prétendre obtenir une quelconque promotion. D’où le grand nombre de personnes qui ont trimé ou encore qui ont vécu des moments difficiles alors qu’ils disposaient comme d’autres de cursus pourtant crédibles.

Ce qui amène beaucoup d’entre eux aujourd’hui à pousser un ouf de soulager et à se réjouir de ne plus subir le diktat d’un homme politique dont la présence au 4ème arrondissement de la capitale ne signifie pas forcément qu’il jouit d’une popularité indémontable.

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