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Le président Ali Bongo Ondimba appelle à pénaliser le tribalisme au Gabon

Le président Ali Bongo Ondimba a demandé au parlement d’étudier le cadre législatif nécessaire pour pénaliser le tribalisme dans son pays où cohabitent quarante à cinquante ethnies, dans un discours prononcé, mercredi à Libreville, devant les deux chambres du Parlement (Assemblée nationale et Sénat) réunis en congrès.

‘’Je demande au parlement d’étudier le cadre législatif nécessaire pour pénaliser le tribalisme au même titre que le racisme’’, a déclaré le chef de l’Etat gabonais, qualifiant le tribalisme de ’’poison que certains sont en train d’inoculer dans notre corps social, en prônant la supériorité de soi et le rejet de l’autre’’.

’’L’autre c’est le Punu. L’autre c’est le Fang. L’autre c’est le Kota, le Myéné, le Téké, le pygmée (…). L’autre c’est le Mpongwe de Glass lorsqu’on est Mpongwe de Louis. L’autre c’est le Camerounais, le Congolais, l’Ivoirien, le Béninois, le Sénégalais, le Malien…

‘’L’autre c’est le Blanc, le Rouge, le Jaune. L’autre c’est l’Arabe. L’autre c’est le chrétien. L’autre c’est le musulman, le bouddhiste, le bwitiste. L’autre c’est l’étranger’’, a expliqué Ali Bongo Ondimba, ajoutant que ’’le tribalisme est une forme de racisme. C’est une bête immonde qu’il convient de combattre avec la dernière énergie’’.

‘’Toute entité, privée ou étatique, politique ou religieuse qui prône et développe des thèses tribalistes, devrait être poursuivie et condamnée par la justice’’, a-t-il averti.

Selon le chef de l’Etat gabonais, ‘’notre acceptation de l’autre dans sa différence, caractérisée par notre hospitalité légendaire, ajoutée à notre volonté de relever ensemble les défis qui se posent à nous, sont les fondements de notre « vivre ensemble ».

‘’Je me dois de préciser que cette acceptation de l’autre est une attitude d’écoute, d’observation et d’objectivation permanentes. C’est pour cela que nous devons lire notre relation avec l’autre dans un paradigme d’ethnosociabilité’’, a-t-il précisé.

‘’Ce paradigme se traduit par le souci, pour chacun de nous, de manifester son besoin profond d’entretenir avec autrui des relations humaines, des relations saines, des relations construites sur le respect, la considération de l’autre, l’envie et le besoin de se connaître pour repousser « le cancer social » qu’est le tribalisme’’, a expliqué le président Ali Bongo Ondimba.

‘’Le temps est venu pour nous de tourner la page. La page de la contestation honteuse, fondée sur le tribalisme’’, a-t-il dit, invitant ses compatriotes à capitaliser leurs différences et à s’enrichir au contact des nombreux étrangers qui arrivent au Gabon.

‘’Toutes ces énergies, toutes ces intelligences et ces talents constituent des richesses qu’il faut savoir préserver, valoriser en autant d’acquis pour notre nation’’, a-t-il affirmé, appelant à la rupture avec l’ordre et les comportements anciens.

‘’Aujourd’hui, nous devons opérer une rupture. Rupture avec ce qui n’a pas bien fonctionné, rupture avec ces vingt dernières années de marche à reculons’’, a déclaré le président Ali Bongo Ondimba.

Il a ajouté que ‘’le temps est révolu de la recherche d’une promotion non pas sur la base du mérite, mais sur la seule appartenance ethnique ou tribale’’.

Le chef de l’Etat a également demandé de ‘’tourner la page de la géopolitique’’ grâce à laquelle les promotions se faisaient non pas tant sur la base de la compétence mais de l’appartenance régionale ou ethnique, afin qu’aucune communauté ne soit lésée.

‘’La géopolitique a surement été nécessaire pour que la nation se reconnaisse dans ses dirigeants. Elle a sûrement été nécessaire pour bâtir et consolider notre lien social. Mais aujourd’hui, nous devons tourner la page’’, a déclaré Ali Bongo Ondimba.

Selon lui, la géopolitique, sortie de son contexte, a favorisé la constitution de baronnies, la mise en place d’une gestion féodale des élites qui a eu pour conséquence de fragiliser l’Etat et de paralyser, par endroit, l’action publique. Celle-ci se confondant avec la volonté de tel ou tel roitelet.

‘’Nous ne pouvons pas renier notre héritage. Nous devons entièrement l’assumer, chacun pour sa part, mais nous savons aussi que dans tout héritage, il y a un actif et un passif’’, a-t-il dit.

‘’Nous devons nous défaire des pesanteurs du passé et nous orienter résolument vers notre destin commun qui nous impose de réussir’’, a déclaré le chef de l’Etat.

’’Notre nation n’a besoin ni de régionalisme, ni de tribalisme. Notre nation a besoin de cohésion et de sérénité. Notre nation a besoin de paix et de développement’’, a-t-il conclu.

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